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justices particulières de gens plus aisés nemériter oient pas une grande attention. Si íau contraire on ne íaiíïe pas an peuple parla taxe , de quoi subsister honnêtement,l’jnjustice deviendra des plus criantes , &de la plus grande conséquence. Que quel-ques sujets par hasard ne payent pas assezdans la foule , le mal est tolérable ; maisque plusieurs citoyens qui n’ont que le né-ceílàire payent trop , leur ruine se tournecontre le public. Quand l’état propor-tionne sa fortune à celle du peuple , Tai-sance du peuple fait bientôt monter la for-tune de î’état.
II ne faut donc point que la portion destaxes qu’on prêt fur le fermier d’une terre,à raison de son industrie , soit forte , outellement décourageante de íà nature ,qu’il craigne de défricher un nouveauchamp , d’augmenter le nombre de sesbestiaux , ou de montrer une nouvelle in-dustrie , de peur de voir augmenter cettetaxe arbitraire qu’il ne pourroit payer.Alors il n’auroit plus d’émulation d ac-quérir , & en perdant Tefpoir de devenirriche , son intérêt seroit de se montrerplus pauvre qu’il n’est réellement. Les gensqui prétendent que le paysan ne doit pasêtre dans l’aifance , débitent une maximeaussi fausse que contraire à l’humanité.
Ce seroit encore une mauvaise admi-nistration que de taxer {'industrie des ar-tisans ; car ce seroit les faire payer à Té-tât , précisément parce qu’ils produisentdans Tétat une valeur qui n’y exístoit pas :ce seroit un moyen d’anéantir Tindustrie,ruiner Tétat, & lui couper la source dessubsides.
Les impôts modérés & proportionnelsfur les consommations de denrées , demarchandises , font les moins onéreux aupeuple, ceux qui rendent le plus au sou-verain , & les plus justes. Ils font moinsonéreux au peuple , parce qu’ils font payésimperceptiblement & journellement, fans :decouiager Tindustrie , d’autant qu’ils fontle fruit ce la volonté & de la faculté deconíommer. Ils rendent plus au souverain<çu aucune autre eípece , parce qu’iîs s’é-cendent sur toutes choses qui se consom-ment chaque jour. Enfin iis sont les plusluîtes parce qu’ils sont proportionnels ,
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parce que celui qui poslède les richessesne peut en jouir fans payer à proportion,de Tes facultés. Ces vérités , malgré leurevidence , pourroient être appuyées pacT expérience constante de T Angleterre dela Hollande , de la Prusse , & de quel-ques villes d’Italie , si tant est que lesexemples soient propres à persuader.
Mais il ne faut pas ajouter des impôts furla consommation , à des impôts personnelsdéjà considérables ; ce seroit écraser lepeuple , au lieu que substituer un. impôtsur la consommation , à un impôt person-nel , c’est tirer plus d’argent d’une maniéréplus douce & plus imperceptible.
II faut observer en employant cet im-pôt , que Tétranger paye une grande por-tion des droits ajoutés au prix des mar-chandises qu’il achete de la nation. Ains»les marchandises qui ne servent qu’au luxe»& qui viennent des pays étrangers , doi-vent souffrir de grands impôts. On enrehaussera les droits d'entrée , lorsque cesmarchandises consisteront en des chosesqui peuvent croître, ou être égalementfabriquées dans le pays , & on en encoura-gera les fabriques ou la culture. Pour lesmarchandises qu’on peut transporter che<*Tétranger, s’il est de {'avantage publicqu’elles sortent , on levers les droits desortie , ou même on en facilitera la sortiepar des gratifications.
Enfin les impôts fur les denrées & lesmarchandises qu’on consomme dans lepays, font ceux que les peuples sentent lemoins , parce qu’on ne leur fait pas unedemande formelle. Ces fortes de droitspeuvent être si sagement ménagés , quele peuple ignorera presque qu’il les paye.
Pour cet effet, il est -cî'une grande con-séquence que ce soit le vendeur e amarchandise qui paye le dtenr. al d enqu’il ne fes paye pas pour lu, , & 1 ache-teur qui donne le fonds ,1c paye , le Con-fond avec Je pnx. De plus , quand c’estîc citoyen <jui paye * ** itiulfc toutessortes de gênes , jufqu’à des recherchesqu’on permet dans fa maison. Rien n’estpins contraire à la liberté. Ceux qui établissent ces fortes impôts , n’ont pas iêhonneur d avoir rencontré la meilleursforte d administration.
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