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Tome XVIII.
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firent de bois dur , jusqu’à ce que Schoes-fer s’avisa de frapper des matrices , pouravoir des lettres de métal fondu.

Tritheme qui nous apprend ces parti-cularités , les écrivoit en 1514 dans fachronique de Hirshaugen , où il affûrequ’il les tenoit de SchoefFer lui-méme ;& son témoignage fur cette matière , estappuyé par Fauteur d’une chroniqueallema§de, qui écrivoit en 1499 , & quidit qu’il favoit ce fait particulier d’OlricZell hanovrien , imprimeur à Cologne.

II est certain , que de toutes les pre-mières impressions qui portent quelquedate , on n’en connoît point de plus an-ciennes , que celles de Faust & deSchoeffer. D’ailleurs, ils fe font toujoursdonnés pour les premiers Imprimeurs del’Europe, en marquant que Dieu avoirfavorisé la ville de Mayence , de l’inven-tion de ce bel art , fans qu’on voye quepersonne pendant cinquante ans les aitdémentis, ni ait attribué cette décou-verte à d’autres. Consultez l'article IM-PRIMERIE , Hìfl. des inventions modernes.

Hervagius ( Jean ) , né á Balle , con-temporain d’Erasme , qui l’estimoit beau-coup. Si Aide Manuce, dit-il , a mis iepremier au jour le prince des orateursgrecs , nous sommes redevables à Herva-gius , de Bavoir fait paroîtíe dans unétat beaucoup plus accompli, & de

n avoir épargné ni foin , ni dépense , pour

r? 1 /! °r n< s r i-^ a P er fection. L’imprimerie deBalle établie par Amerbach , soutenue parFroben , ne tomba point sous Hervagius ,qui épousa !a veuve de ce dernier.

Jenfon ( Nicolas ) , né en France, allar établir à Venise en 1486, où il surpassapar la beauté de fes caractères, les impri-meurs allemans que cette ville avoir eujuíqu’alors , & jetta les fondemens de laréputation que l’imprimerie de Venues’acquit depuis par les beaux talens desManuces.

Juntes ( les ) Junta , font à jamais célé-brés entre les imprimeurs du xv : . fiecle.Ils s’établirent à Florence , à Rome ,& à Venise , & tinrent le premier rangdans l’Italie avec les Manuces. Nous necestons d’admirer les éditions dont onJpur est redevable • A des catalogues

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qui font voir avec étonnement l’étendue& la multiplicité de leurs travaux.

Maire ( Jean ) , hollandois , prit leparti de fe fixer à Leyde , & d’y donnerde charmantes éditions de livres latins.Grotius, Vossius, & Saumaife , en fai-foient grand cas.

Manuces (les) , ces habiles & labo-rieux artistes d’Italie , ont élevé l’Impri-merie dans leur pays au plus haut déeréd’honneur.

Aide Manuce , Aldus Plus Manucìus ,le chef de cette famille, étoic natif deBastàno dans la marche Trévisane. II aillustré son nom par fes propres ouvrages.On a de lui des notes fur Homere & fur Ho-race , qui font encore estimées ; mais il est lepremier qui imprima correctement le gréefans abbréviations, & grava de même queColines , les caractères romains de sonimprimerie. H mourut à Venise en 1516,dans un âge fort avancé.

Paul Manuce son fils, né en ifi2,soutint la réputation de son pere, & futégalement versé dans Bintelligence deslangues & des humanités. On lui doit ence genre la publication d’excellens ouvra-ges de fa main, fur les antiquités greques& romaines , outre des lettres composéesavec un travail infini. On lui doit enparticulier une édition très-estimée desœuvres de Cicéron , avec des notes &des commentaires.

Pie IV. le mit à la tête de Bimprimerie■apostolique & de la bibliothèque vaticane.II mourut à 62 ans en 1574, & eutpour fils Aide Manuce le jeune , qui servitencore à rehausser fà gloire.

En effet , ce dernier passa pour l’un desplus savans hommes de son siecle. Clé-ment Vlíl. l'ui donna la direction de Bim-primerie du Vatican ; mais cette placeétant d’un fort modique revenu , il futcontraint pour subsister , d’accepter unechaire de rhétorique , & de vendre lamagnifique bibliothèque que son pere, sonayeul , fes grands oncles avoient forméeavec un foin extrême , & qui contenoit ,dit-on, quatre-vingt mille volumes. Enfin,il mourut à Rome en 1597, fans autrerécompense, _ que les éloges dus à sonmérite, mais jl laissa des ouvrages précieux