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Tome XVIII.
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pression des idées acceíîoires propres à lanature d’une idée primitive. La dérivationgrammaticale sert à Pexpreffion des pointsde vue fous lesquels une idée principalepeut être envisagée dans l’ordre analytiquede l’énonciation. C’est la dérivation philo-sophique qui forme , d’après une mêmeidée primitive, des mots de différentesespeces , où l’on retrouve une même ra-cine commune, symbole de l’idée primitive,avec les additions différentes destinées àreprésenter l’idée spécifique qui la modifie ,comme A fyí.o , A Aéor , A Miciîia , AMiens , A Man ter, A M-ttorjè , A Mlcè,&c. C’est la dérivation grammaticale quifait prendre à un même mot diverses infle-xions , selon les divers aspects fous lesquelson envisage dans l’ordre analytique la mê-me idée principale dont il est le symboleinvariable , comme AMlCus , AMICi ,AMICo , AMICum , AMICorum , &c.Ce n’est que relativement à cette secondeespece que les Grammairiens emploient lestermes déclinable & indéclinable.

Un simple coup d’œil j et té fur les diffé-rentes especes de mots , & fur l’unani-mité des usages de toutes les langues à cetégard , conduit naturellement à les parta-ger en deux classes générales, caractéri-sées par des différences purement maté-rielles , mais pourtant essentielles , quifont la déclinabìlité & Y in déclinabìlité.

La premiere classe comprend toutes lesespeces de mots qui, dans la plupart deslangues reçoivent des inflexions desti-nées a designer les divers points de vuefous lesquels l’ordre analytique présenteridée principale de leur signification ; ainsiles mots déclinables sont les noms , lespronoms, les adjectifs & les verbes

La seconde classe comprend les especesde mots qui, en quelque langue que cesoit, gardent dans le discours une foi meimmuable , parce que l’idée principale deleur signification y est toujours envuageefous le même aspect ; ainsi les mots indé-clinables sont les prépositions , les adver-bes , les conjonctions & les interjections.

Les mots considérés de cette maniéréfont essentiellement déclinables , ou essen-tiellement indéclinables ; & si l’unanimitédes usages combinés des langues ne nous

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trompe pas fur ces deux propriétés oppo-sées , elles naissent effectivement de lanature des especes de mots qu’elles diffé-rencient ; & l’examen raisonné de ces deuxcaractères doit nous conduire à la connoif-sance de la nature même des mots, com-me l’examen des effets conduits á la con-noissance des causes. Voyez, Mot.

Au reste , il ne faut pas se méprendresur le véritable sens dans lequel on doitentendre la dech-nabillté & Y indéclinabilìtéessentielle. Ces deux expressions ne veu-lent dire que la possibilité ou Pimpoffibilitéabsolue de varier les inflexions des motsrelativement aux vues de Tordre analyti-que ; mais la déclinabìlité ne suppose pointdu tout que la variation actuelle des in-flexions doive être admise nécessairement ,quoique YindéclinabilitéYexc lue nécestaire-ment : c’est que la non existence est unesuite nécessaire de Timpossibilité : maisTexistence , en supposant la possibilité,n’en est pas une fuite nécessaire.

En effet, les mots essentiellement dé-clinables ne font pas déclinés dans toutesles langues ; & dans celles où ils font dé-clinés , ils ne Py sont pas aux mêmeségards. Le verbe , par exemple , déclinépresque par-tout , ne l’est point dans îalangue franque , qui ne fait usage que del’infinitif ; la place qu’il occupe & lesmots qui l’accompagnent déterminent lesdiverses applications dont il est susceptible.Les noms qui en grec, en latin , en alle-mand , reçoivent des nombres & des cas,ne reçoivent que des nombres en françois ,en italien , en espagnol & cn angîois, quoi-que maints Grammairiens croient y voirdes cas , qu moyen des prépositions qui lesremplacent effectivement , mais qui ne lesont pas pour cela. Les verbes latins n’ontque trois modes personnels , l’indicatif,Pimpératif & le subjonctif : ces trois mo-des se trouvent aussi en grec & en fran-ǰ' S >. ^ es Orées ont déplus un opta-tif cjui leur est propre , & nous avons unmode supposidf qui n’est pas dans lesdeux autres langues.

II y a dans Ls diverses langues de laterre mille variétés semblables, fuites na-turelles de la liberté de P usage , décidéquelquefois par le génie propre de chaque

idiome,