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Tome XVIII.
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de celle qui suppose qu’une mere alarmée ,ou un affilant touché de pitié, souffle dansla bouche d’un enfant qui vient de naître& qui ne donne point de signe de vie. Quoi-qu’ilnesoitpas démontré que le souffle intro-duit par la bouche , pénétré aisément dansla trachée-artere d’un enfant mort à causedes viscosités qui se trouvent aux envi-rons de la glotte, je fais pourtant qu’enforçant un peu ce souffle, ou en fe ser-vant de tuyaux recourbés , l’air peuty parvenir , & d’ailleurs ces viscositésqui s’opposent à son passage ne sont pastoujours accumulées en égale quantité ,& la glotte n’a pas toujours le mêmediamètre.

Cette incertitude me fait admirer l’ex-trême confiance de tant de faiseurs de rap-ports qui, fur de simples apparences ,ne balancent pas d'asseoir le jugement leplus décisif. Les siécles passés nous enprésentent mille exemples , & je frémisen disant que celui-ci m’en a fait voir untrès-grand nombre.

La différence de couleur des poumonsn’est pas un signe fur lequel on puissecompter , quoiqu’en général les poumonsdes fœtus qui n’ont pas respiré soient très-colorés , tandis qu’ils font pâles après larespiration. II est plusieurs causes acciden-telles qui peuvent produire des variétés ;le travail de l’accouchement , les pres-sions que l'enfant éprouve , peuvent dé-terminer une plus grande quantité de sangdans la substance des poumons, & leurimprimer une couleur bien plus foncéelors même que l’air les a pénétrés.

La situation des poumons dans la poitri-ne de Pensant paroît fournir une preuveassez concluante pour décider s’il a respiréou non. La connoistànce de leur positiondans les fœtus qui n’ont pas respiré , estalors nécessaire pour juger des changemensqu ils ont éprouvés. On peut voir ce que1 ai dit ci-dessus de cette position. Dureste , quoiqu'on puisse parvenir à prou-ver que le fœtus n’a pas respiré > on n estpas en droit d’en conclure qssil est nemort ; ces deux conséquences ne découlentpas l’une de I’autre.

La sortie du méconium dans les enfans

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nouveaux nés n’est pas une preuve de leurvie après la naissance ; il est vrai que c’estune force vitale qui fait descendre les ma-tières jusqu’à l’anus , mais la feule pres-sion du ventre peut opérer cette sortiedans (es cadavres, & d’ailleurs un com-mencement de putréfaction peut imiterquelquefois à cet égard faction vitale desintestins. Si l’on remue un animal quelcon-que qui commence à se pourrir , on senttrès-souvent l’air s’échapper par les orifices& porter au loin son infection ; cet air nes’échappe pas seul, il entraîne assez sou-vent des matières dans son passage , &sort quelquefois avec explosion. Cetteobservation est très-commune.

Le changement de position dans les vis-cères du bas-ventre est f un des signes lesplus clairs pour décider si l’enfant a vécuhors du sein de sa mere , & s’il a respiré.La dépression du foie , de f estomac , lasaillie ou le boursouflement des intestins,fabaiíîèment des côtes, l’applatissementdu diaphragme suivent de nécessité la di-latation des poumons lorsque l’air lespénétré.

Lorsqu’il est démontré que l’enfant estné vivant, & qu’il a vécu après l’accouche-ment , il faut encore décider quelles fontles causes de fa mort , si elles dépendentd’un cas fortuit, ou bien de la malice oude la négligence de la mere. ( L’oblitéra-tion précoce du trou de botal par f appli-cation de fa valvule est une cause de mortassez singulière ; cette observation qui m’aété communiquée par M. Laborieme pa-roît mème fournir l’explication de plusieursmorts fans cause évidente , & je croiroiscette oblitération bien plus commune queplusieurs autres causes auxquelles on a re-cours).

Ces causes font exactement les memesque celles qui portent atteinte a la vie desadultes ; il n’y en a qu’une feule qui estparticulière au fœtus ou à l’enfant quivient de naître ; c’est l’hémorrhagie par lecordon ombilical , lorsqu’il n’est pas lié.On fait que les deux artères qui suivent lêtrajet de ce cordon , portent le sang dufœtus au placenta , tandis que la veine leporte du placenta au fœtus ; fi , après la'Pppp