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Tome XVIII.
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aussi est-il bien difficile de donner sur cettematière rien de certain, & c’est un grandpoint d’atteindre le vraisemblable; pours’en convaincre il n’y a qu’à jeter un coupd’œil fur les différens sentimens qui ontpartagé depuis très - long-temps les mé-decins.

Les anciens pensoient que l’ inflammationse formoit par une fluxion rapide d’unehumeur chaude & agitée * dans une partie,& sur-tout dans les vaisseaux destinés à ren-fermer les esprits. C’est ainsi qu ils appe-loient les artères, qu’ils ont cru jusqu’àGalien qui combat vivement cette erreur,entièrement vuides de sang ; si c’étoit unsang pur & médiocrement épais, dit aprèsGalien, Paul d’Egine, Y inflammation étoitphlegmoneuse, le mélange du sang & dela bile seule ainsi ramassée , occalionnoitles dartres, &c.

On voir à travers les fautes qu’entraî-noit nécessairement le défaut d’anatomie ,Tignorance de la circulation duíàng, le mau-vais état de la physique, St c. que les anciensfaisoient consister Yinflammation dans l’ar-rêt & l’accumulation du sang d’un sang agitédans les extrémités des artères. Ce senti-ment a été renouvelé, après avoir étélong-temps ridiculisé & mis en oubli, dc onfa donné comme nouveau, de même quebien d’autres opinions des anciens.

Pendant que l’espace de dix-huit siéclesque les médecins ne juroient que par Ga-lien & par Hippocrate, & ne lavoieqt paspenser sans leur secours, on n’a rien in-nové dans la doctrine des anciens ; & cettethéorie, la feule qn’il y eut, étoit géné-ralement adopté de tout le monde.

Lorsqu’au commencement du xvj sieclela chimie,ausortirdu berceau , commençaà fleurir & à dominer, elle éblouit alorsloin d’éclairer; tout le monde lui renditles armes, & la face de la médecine futentièrement changée ; les écoles ne reten-tirent plus que des noms imposans &. maldéfinis de sel, de soufre, d’esprit, S/c.On métamorphosa le corps humain en alem-bic; le sang fut regardé comme un maga-sin de différens sels, de souffre, & autresprincipes chimiques ; on plaça dans toutesses parties & dans tous les couloirs, desfermens particuliers destinés á chaque se-

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crétion; en un mot, on pensa que fêleffervescences, fermentations, & autresphénomènes chimiques qu’on observe dansles laboratoires, dévoient se remarqueraussi dans le corps humain. Il fut décidéque toutes les maladies dévoient leur ori-gine à des combinaisons contre nature desdifférens principes qui composent le sang;ainsi Paracelse déduisit lafievre de Yinflam-mation d’un principe nitro-fulf’ureux qui seformoit dans le sang , lorsque des mucila-ges , des esprits salins & nitreux se mê-laient à un souffre impur & fétide, lorsquece mélange étoit considérable & répandudans tout le corps, fleurs qui réfukoientde sa progémination , acéteuses, froides& mercurielles , ensuite graslès, inflam-mables & sulfureuses, produisoient suc-cessivement le froid & le chaud fébril. Cemélange restreint & concentré dans unepartie , & toujours entretenu par un abordcontinuel des mêmes matières, formoientl 'inflammation.

Un sang abondamment chargé de partieshuileuses & sulfureuses , dit WolfangusWedelius, venant à s’arrêter dans les pores ,causera Yinflammation , fur-tout éréfípéia-teuse, parce que les parties salines sulfu-reuses venant à se dilater & à se raréfier ,causeront une irritation qui déterminerales efforts de Parchée surveillant.

Willis tour-à-tour, fameux anatomiste»grand médecin , excellent chimiste, & sur-tout si zélé fermentateur , qu’il souhai-toit, peut-être pas fans fondement, queles médecins ressemblassent à des vinai-griers , plaça dans tous les couloirs, danstous les viscères, des fermens particuliers;il composa le sang humain de ses cinq prin-cipes universels , savoir d’esprit, de phleg-mes , de sels, de soufre, & de terre, oucaput mortuum ; & comme s’il opéroit dansson laboratoire, il procède ainsi ì cettecomposition , il enchaîne les esprits dansles corpuscules, grossiers & terreux ; parcette sage précaution, il prévient’leurdissipation : d ailleurs ces esprits retenusfont de continuels efforts pour s’echapper yils mettent en mouvement, dilatent, sub-tilisent leurs bens, volatilisent les sels ,dissolvent les soufres, les rendent misciblesà Peau, brisent la terre, & enfin mêlent