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susceptibled’une preuve positive, (c) Trenteannées d’observations, dont aucune jusqu’àprésent ne l’invalide, doivent nous tran-quilliser ; où est d’ailleurs le médecin sagequi n’exige qu’on soit attentif sur le choixdu pus dont on se sert pour inoculer ? Siaprès tout ce qui a été dit & écrit fur cettematière, il étoit besoin d’encouragemens,ia petite vérole naturelle nous les donne-roit en foule. .C’est aux vrais médecins,& le nombre en est bien petit, à appré-cier les complimens que les adversaires deVinoculation leur prodiguent ; ils avoueronttout d’une voix , que dans les grandes épi-démies les ressources de sart font très-petites, & les billets mortuaires n’en fontque trop foi. Que seroit-ce fi on ajoutoit,que. peut être sart même rend la mortalitéplus grande, & que la petite vérole est detontes les maladies celle qu’on traite le plusmal ? Epargnons au lecteur des réflexionsauíïï tristes, & aux médecins un compteaufli mortifiant; chacun peut aisément jugerde ce qui se passe sous ses yeux ; car quel estle pays, la ville, le bourg ou le village dontcette cruelle maladie ne décime les habi-tans ? Montpellier qui passe en France pourêtre un des sanctuaires de Part, en a faitde nos jours la triste expérience ; mais toutle monde ne fait pas qu’au Bréfil la petitevérole est mortelle pour le plus grand nom-bre d’habitans , que dans P Amérique méri-dionale , elle fait autant de ravage que lapeste ; qu’en Barbarie & au Levant, de centil en meurt plus de trente. Passons foussilence les victimes qu’elle laisse languissan-tes & privées de !a vue & de l’ouie, muti-lées & couvertes de cicatrices. Article deM. Tronchin.
INOCULATION, { Méd. légale )
Depuis le temps qu’on dispute sur l 'inocula-tion , il est arrivé ce qu’on a toujours vudans les découvertes utiles ; les docteurs sedisputaient, les intrigues , les cabales , lamauvaise foi étoient tour à tour employées :les observateurs sages évaluoient les faitsdans le silence , ils n’interrogeoient que lanature , & en ajoutant à ce cjue îa tradition
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leur avoir appris, ce que leur propre expé-rience leur enscignoit, ils marchoient àgrands pas dans la carrière , lorsqu’à peineles autres se doutoient qu’elle fût ouverte.La vérité qui ne va que lentement, gagnetoujours à être examinée fans passion , elleest rarement le résultat des disputes polé-miques.
On ne peut douter que l'enthousiasme ,peut-être même l’intérêt, n’aient séduit depart & d’autre ; on n’a vu que fort tard levéritable état de la question , & ce n'est pasmême aux gens de fart qu’on en doit laconnoissance. Un homme de génie. ( M.d’Alembert ) a substitué aux déclamationspeu raisonnées , la rigoureuse analyse desfaits ; & l’on a vu Yinoculation dépouillée detout oe qui lui est étranger, se présentercomme un moyen utile à sétat & consolantpour le particulier qui l’adopte.
On a multiplié les calculs &les tables pour
indiquer le rapport qu’il y a entreles victimes
de la petite vérole naturelle & de l’artifi-cieîle ces premieres conséquences tiréesdes faits qu’on avoir fous les yeux , fontdevenues presque nulles par les connois-sances acquises ; on a ajouté aux choix & àla préparation du sujet, le choix de la matièrequi doit servir à Xinoculation , la méthodede s’en servir ou d’inoculer, l’eípece detraitement requis durant la maladie, & pard’heureuses vues, secondées de l’expérienceon est parvenu à moins redouter les incon-veniens que 1 inoculation présentoir au pre-mier abord.
. Plusieurs accidens ont été l’esset de la pré-cipitation avec laquelle onsedécidoit: à peuprès comme on a vu i’antimoine produire defunestes effets dans des mains imprudentes ;mais c’est la marche des hommes dans lacarrière des connoistànces - ; peut-on citerun grand remede en médecine dont lespremieres épreuves n’aient pas été funestes?Sans parler de l’antimoine , il est naturelde supposer que tout remede efficace enpetite quantité, a dû souvent être funesteà plusieurs hommes avant qu’on fût par-venu à en déterminer la dose & à con-
(a) La preuve positive n’existoit pus ou n’étoit pas encore devenue publique, quand cemémdre a été écrit,
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