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cette objection. Lorsqu il ne succédé qu'unseul bouton ou une pustule à Vinoculation ,â l’endroit même de la piqûre, n’eft-ilpas clair que fi la piqûre n’eût pas suffitpour communiquer le virus, la matière quise ramasse ensuite sous la peau pour formerce bouton suffiroit certainement pour faireune seconde inoculation plus efficace?Cettematière est puisée dans le corps même dusujet, elle est placée le plus avantageuse-ment possible , pour communiquer la con-tagion & lorsqu’elle ne s’étend pas au delà,c’est fans doute parce que le virus estépuisé.
Le nombre considérable de récidives dela petite vérole tant naturelle qu’artificielle,rapporté par les auteurs qui ont écritcontre Vinoculation , est capable de répan-dre le doute le plus accablant fur la plupartdes questions de médecine ; cette contro-verse fi long-temps agitée , & fi peu prêteà finir, est, comme le dit M. d’Alembert,îe scandale de la médecine ; elle supposeque cette maladie, malheureusement ficommune, n’a pas encore été assez bienobservée pour que les médecins convien-nent unanimement de ce qui en fait le vé-ritable caractère. Ce reproche qui n’est quetrop vrai, à beaucoup d’égards, retombemoins fur la médecine que fur les médecinseux-mêmes. Rien de fi commun que devoir de prétendus observateurs décider dog-matiquement dès leurpremiere visite qu’unenfant a la petite vérole lorsqu’il n’a quequelqu’une des maladies cutanées ou érup-tives qui lui ressemblent. Leur décisionprécipitée qui les annonce comme deshommes supérieurs en discernement, lesengage à soutenir leur opinion malgré sé-vidence qui lui est contraire : ils se fontune espece de point d’honneur de ne passe rétracter ; & comme ils n’ont d’autresjuges que destémoinsignorans ou inexperts,ils font crus fur leur parole. Delà résul-tent les contradictions multipliées dont lamédecine fourmille, & c’est aussi par-là qu’ilfaut expliquer pourquoi dans le déluge d’ou-vrages dont nous sommes inondés, il en estíî peu qui portent certe empreinte de vériténaïve , qui doit être le seul mérite de labonne médecine d’observation. sseme cro/bperdu , me disoit un des grands hommes de
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ce fiecle, lorsque le médecin qui me soigne ,baptise ma maladie dessapremìere visite.
Nous n’avons pas assez vu, & nous nesommes pas assez sûrs de notre jugement ,pour oser nous croire infaillibles ; so mé-decin qui prononce fur le fort de son ma-lade à la premiere inspection & dès le com-mencement de la maladie, est semblable àun juge qui condamneroit à mort sur de*indices saisis au premier interrogatoire.Peut-être feroit-il utile qu’on introduisîten médecine des formes aussi détaillées quedans l’exercice de la justice criminelle ; ellesautoriseroient le médecin à paraître igno-rant sans exposer sa réputation , elles luisourniroient le temps nécessaire pour réflé-chir comparer les symptômes , elles ga-rantiraient enfin Feípece humaine des im-prudences meurtrières des charlatans , &mettraient dans tout son jour le médecinphilosophe dont le scepticisme est toujoursmalignement interprété. L’utilité de l’ex-pectation en médecine est trop avérée pourqu’on eût à craindre que le délai dans lesremedes fut généralement pernicieux.
Si les particuliers pris séparément peuventretirer quelque fruit de l 'inoculation , à plusforte raison l’état doit-il y trouver son avan-tage, & protéger cette pratique par tous lesmoyens possibles. On a quelque peine àsaisir le vrai motif de l'arrêt du parlement,qui défend à la partie la plus précieuse de lanation d’user dune méthode reconnue pourbonne : en effet les particuliers font dans> 1 impossibilité de fe déplacer, soit parlanature de leurs occupations, soit par lepeu d’étendue de leurs facultés : on ne voird’autre bien dans cette prohibition , quecelui de calmer la fermentation qu’avoientexcité les clameurs des anti-inoculistes , &de rassurer les crédules citoyens qui s’étoientlaissés effrayer. Ces raisons ne subsistentplus , le public est accoutume aux opposi-tions des uns Sc aux succès des autres ; il estpresque devenu juge par la quantité de faits, arrivés sous ses yeux , & cette révolutionque les vérités long-temps combattues amè-nent enfin , est fur le point de fe ter-miner.
Les principales raisons qui troublèrent lapaix publique , & porterent l’autorité àregarder 1 inoculation comme pernicieuse «
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