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Tome XVIII.
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de la petite vérole ; oti est sans méfiancesur cet article, & pourquoi voudroit-onêtre moins indulgent pour la petite véroleartificielle ? N’est-il pas démontré que c’estla méme maladie , & que s’il y a quelquedifférence , ce n’est qu’en ce que l'artificielleest presque toujours moins considérable quel’autre ? La petite vérole inoculée est con-tagieuse sans doute , & personne ne leconteste , mais elle ne Test pas plus que lapetite vérole naturelle, & une foule deraisons plausibles indiquent au contrairequ’elle est moins à craindre à cet égard.II paroît que l’ inoculation est de toutes lesbarrières la plus puifïànte que l’on puisseopposer aux progrès de la contagion natu-relle , parce qu en affranchissant à la fois ,si l’on veut, une partie des citoyens decette cruelle maladie, elle les met horsd’état de la contracter de nouveau, & con-séquemment de la communiquer.

La plupart des maladies qui emportentrapidement ceux qu’elles attaquent font ,comme l’observe M. Bordeu , la preuved’une contradiction manifeste dans les prin-cipes des médecins anti-inoculateurs. Ilsconviennent qu’une saignée faite la veilleou le jour méme , sauverait un apoplecti-que , qu’une violente pleurésie peut êtreguérie par une saignée faite à propos, qu’unconvalescent qui meurt après avoir mangé,auroit échappé , si au lieu de manger il eûtpris médecine. Ces conséquences sont son-,dées fur les principes reçus , & la théoriequ ils admettent leur en démontre la légiti-mité : il est clair que f Inoculation , préíentéeavec tous les avantages qu’on ne peut mé-connoìtre , est à la petite vérole ce que lesremedes proposés font aux maladies dontje viens de parler ; on ne peut contesteri’un, fans s’exposer à contester les autres ,ou fans tomber dans une contradiction ma-nifeste.

Par quelle injustice les médecins se refu-scront-ils à la propagation d’une méthodeadmise unanimement par nos voisins, ap-prouvée & mile en pratique par les plusgrands médecins de l’Europe , tandis qu ilsfe permettent tous les jours des estais furdes remedes , douteux , & par-là tnsmesuspects ? La ciguë , la jusquiame, la belia-dona sont employées fous différentes xor-

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mes , & dans une foule de maladies, fansqu’on s’avise de réclamer contre ces reme-des dangereux; on suppose quelques lu-mières aux médecins qui en font usage. 11n’y a point d’épidémie nouvelle durant la-quelle un praticien ne tâtonne , pour ainsidire, au commencement avant que de fedécider fur un traitement régulier & suivi ;on varie les remedes , on les combine , onprend conseil des seules circonstances, onréécoute que l’obfervation ou Pexpérience ,& l’on s’obstinera dans la petite vérole àêtre uniforme, opiniâtre & aveugle? Cetteinconséquence est digne de la barbarie dessiécles qui nous ont précédés.

Le traitement de la petite vérole eílencore un objet de difcustion parmi les mé-decins : les uns réemploient que les remedeséchauffans, les autres ne veulent que les1 rafraîchiflans. Ils s’appuient tous fur leurexpérience , ils allèguent des théories pro-bables , &: ne manquent jamais de raisons.On laisse une entiere liberté au médecinqui exerce fa profession , il lui est permisde s’en tenir à lune des deux méthodes in-différemment , quciqu’il paroisse évidentque l’une des deux est essentiellement mau-vaise ; & lorsque dans cette perplexité uninocuíateur annonce un troisième parti phisfavorable & bien moins suspect, on réveillecontre lui seul une attention que des abusfans nombre n’avoient pu exciter ; on de-vient intolérant fur un bien presque incon-testable , sans s’appercevoir qu’on tolérétous les jours des maux qu’on ne peut con-tester. ( Cet article est de M. z a Foss b ,Do3. en médecine , de la faculté de Mont-• pellier. )

Nouvelle méthode £ inoculer , pratiquée par

Aï M. Suttori , & mise au jour par AI.

Dimfdale.

Ce docteur ayant entendu parler de laméthode des nouveaux modulateurs ( lesSutton ) , ce qu’on en rap-portoit lui pa-rodiant extraordinaire , il crut deyoirprendre tous les moyens honnêtes qu'stpourroit trouver pour s’instruire de leursprocédés ; c’est le fruit de ses découvertes,confirmées par une pratique très-étenduéqu’il publia dans la brochure indiauée ci-destiis, & dans laquelle il donne un traité. con.piet de la pratique de ^inoculation*