Band 
Tome XVIII.
Seite
845
JPEG-Download
 

î N $

^tre longue , & que ses forces ménagées leserviront plus long-temps. II a remarquéque la poursuite des chiens est plus ardente,& moins interrompue dans les bois fourésoù le contact de tout son corps leur donnenn sentiment plus vif de son paíîàge , quefur la terre où ses piés ne font queposer ; ainii il évite les bois , & fuit présque toujours les chemins; ( ce même lievrelorfqu’i! est poursuivi à vue par un lévrier,s’y dérobe en cherchant les bois ). Iî liepeut pas douter qu’il ne soit suivi parSes chiens courans fans être vu : il entend-distinctement que la poursuites’attacheavecscrupule à toutes les traces de ses pas ? Quefait-il ? après avoir parcouru un long espaceen ligne droite , il revient exactement surses mêmes voies. Après cette ruse , il fejette de côté , fait plusieurs sauts consécu-tifs, & par là dérobe, au moins pour untemps, aux chiens le sentiment de la routeqisiî a prise. Souvent il ya faire partir -dugîte un autre lievre dont il prend la place.II déroute ainsi les chasseurs & les chienspar mille moyens qu’il seroit trop longde détailler. Ces moyens lui font com-muns avec d’autres animaux , qui, pl ushabiles que lui d’ailleurs , n’onc pas plus‘d’expérience á cct égard. Les jeunes ani-maux ont beaucoup moins de ces ruses.C’est à la science des faits que les vieuxdoivent les inductions justes & promptesqui amenent ces actes multipliés.

Les rus. s, l’inventíon , ['industrie , étantmne fuite de!a connoissance des faits gravéspar le besoin dans la mémoire , les ani-maux doués de vigueur , ou pourvu-s dedéfenses, doivent être moins industrieux■que les antres. Aussi voyons-nous que leloup qui est un des plus robustes animaux-de nos climats, est un des moins rusésiorsqu’il est chassé. Son nez qui le guidetoujours , ne le rend précautionné que'contre les surprises. Mais d’ailleurs il nelonge qu’à s’éloigner , & à se dérober au-péri! par ['avantage de sa force & de sonhaleine. Sa fuite n’est point compliquéecomme celle des animaux timides. II n’apoint recours à ces feintes & à ces retoursqui font une ressource nécessaire pour laíbiblesse & la lassitude.-Le sanglier qui est-«inné de défenses , n’a joint non plus

I N S 84 s

recours à l’industrie. S’il fe sent prestedans fa fuite , il s’arrête pour combattre.II s’índigne, & se fait redouter des chas-seurs & des chiens qu’il menace & chargeavec fureur. Pour fe procurer une défenseplus facile , & une vengeance plus assurée,il cherche les buissons épais & les halliers!li s’y place de maniéré à ne pouvoir êtreabordé qu’en face. Alors l’cciî farouche &les foies hérissées , il intimide les hommes& le s chiens , les blefïe & s’ouvré un pas-sage pour une retraite nouvelle.

La vivacité des besoins donne , commeon v'oit, plus ou moins d’étendue auxjcon-noissances que les bêtes acquièrent. Leurslumières s’augmentent en raison des obs-tacles qu’elles ont à surmonter. Cette fa-culté qui rendles bétes capables d’être per-fectionnées , rejette bien loin l’idée d'au-tomatisme qui ne peut être née que dei’ignorance des faits. Qu’un chasseur arriveavec des piégés dans un pays où ils ne fontpas encore connus des animaux, il lesprendra avec une extrême facilité , & lesrenards même lui paraîtront imbéciles.Mais lorsque l’expérienceles aura instruits,il sentira par les progrès de leurs connoií-fances le besoin qu’il a d’en acquérir denouvelles. II fera contraint de multiplierles ressources & de donner le change a cosanimaux , en leur présentant ces appâtsfous mille formes. L’on fe dévoyera desrefaites ordinaires à ceux de son espece,& fera voir an chasseur des marches quilui font inconnues. Un autre aura I’art delui dérober légèrement son appât, en évi-tant le piège. Si l’un est assiégé dans unterrier , il y souffrira la faim plutôt quede franchir le pas dangereux ; il s’occuperaà s'ouvrir une route nouvelle ; si le terrainrroo ferme s’y oppose , sa patience laiieracelle du chasseur qui croira s etre mépris.Ce n’est point une írayeur ^automate qui

I V> c, 11 Cil J'-'-*- - -- / -- V

retient alors cet anima! daruí le terrierc’est une crainte savante & raisonné.

■>

> car

__— --— -- ) Ld

s'il arrive par hasard qu’un lapin enfermédans le même trou forte & détende lepiege, le renard vigilant prendra sûre-ment ce moment pour s’échapper , & pas-sera sans hésiter à côté du lapin pris & dupiege détendu.

Parmi les différentes idées que îanéces-