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Tome XVIII.
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paroît obscur à Isidore ; confusa suntverba ,ce sont ses termes. Que fait-il ? il rangeles mêmes mots selon Tordre que j’appelleanalytique : ordo talis est, comme s’il disoit,il y a inverjìon dans ces vers, mais voici la■construction : Juvenes , fortissimo, peclora ,frustra fuccurritìs irrbi ìncenfie, quia excejseredii , quìbus hoe imperium sciera t : und'e fivolis cupido certa eft fequi me audentern ex-trema , ruamus in média arma & mariamur.Iíid. orig. lib.fcap. xxxvj. QueTintégritédutexte ne soit pas conservée dans cetteconstruction, & que Tordre analytiquen’y soit pas suivi en toute rigueur soc’estdans ce savant évêque un défaut d’attentionou d’exactitude , qui n’insirme en rien l’ar-gument que je tire de son procédé ; il suffitqu’il paroisse chercher cet ordre analytique.■Onverra au mot MÉTHODE, quelle doitêtre exactement la construction analytiquede ce texte.

II avoir probablement un modele qu’ilsemble avoir copié en cet endroit ; je parlede Servius , dont les commentaires furVirgile sont si fort estimés, & qui vivoitdans le sixième siecle, sous Tempire deConstantin & de Constance. Voici commeil s’explique sor le même endroit de Virgile:ci do talis est : juvenes , jbrtiffima peclora ,frustra fuccurritìs urbi incenj'ae , qui excest'e-lunt ornnes dii. U ride ji vobis cupido certa ejlme fequi audentern extrema , moriamur & mmédia arma ruamus. Servius ajoute un peujmus bas, au sujet de ces derniers mots,nam ante est in. arma ruere , &fie mort ; & S. Isidore a fait usage de cetteremarque dans fa construction , ruamus inmédia arma & moriamur . L un & l’autren’ont insisté que fur ce qui manque dansle total de la phrase , parce que cela suffi-íoit aux vues de Tun &: de l’autre, commeil suffit aux miennes.

Le même Servius fait la construction dequantité d’autres endroits de Virgile , & iln’y manque pas , dès que la clarté Texige.Par exemple , sor ce vers ( J£n. I. z 14. jScxa , vacant Itali mediis quae in fluâibusaras; voici comme il s’explique : ordo est,quee f axa latentia in mediis fluchbus , Italiaras vacant ; où Ton voit encore les traces,de Tordre analytique.

Douât, ce fameux grammairien du

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sixiemë siecle , qui fut Tuy des maîtres deS. Jérôme, observe auffi la même pratiqueà l’égard des vers de Térence, quand laconstruction est un peu embarrassée , ordoest, dit-il; & il dispose les mots selonTordre analytique.

Priscien, qui vivoit au commencementdu sixième siecle, a fait sur la grammaire unouvrage bien sec à la vérité, mais d’oùTon peut tirer des lumières, & sor-toutdes preuves bien assurées de la façon depenser des Latins fur la construction deleur langue. Deux livres de l'on ouvragele XVII & le XVIII, roulent uniquementsor cet objet, & font intitulés , de conf-truâione , five de ordinatione partium oratiu-nis ; ce que nous avons vu jusqu’ici désignépar le mot ordo , il Tappelle encore struc-tura , ordìnatio , conjonclio fequentium ;deux mots d’une énergie admirable, pourexprimer tout ce que comporte Tordreanalytique , qui réglé toutes les syntaxes ;i p . la liaison immédiate des idées & desmots, telle qu’elle a été observée plushaut, conjunclio ; 2°. la succession de cesidées liées , fequentium.

Outre ces deux livres que Ton peut ap-peler dogmatiques , il a mis à la fuite unouvrage particulier, qui est comme lapratique de ce qu’il a enseigné auparavant ;c’est ce qu’on appelle encore aujourd’hui lesparties & la construction de chaque premiervers des douze livres de TEneïde, confor-mément au titre même , Prifciani gram-matici partitiones verjuum xij JEnaddos prin-cipalium. II est par demandes & par répon-ses ; on lit d’abord le premier vers dupremier livre : Arma virumque cano , &c.ensuite après quelques autres questions , ledisciple demande à son maître , en quelcas est arma ; car il peut être regardé,dit-ll, OU comme étant au nominatif plu-riel , ou comme étant à T accusatif. Lemaître répond qu’en ces occurrences, ilfaut changer le mot qui a une terminaisonéquivoque, en un autre dont la désinenceindique le cas d’une maniéré précise &déterminée ; qu’iì n’y a d’ailleurs qu’à fairela construction , & qu’elle lui fera coa-noître que arma est à l’accusatif j hoc cer-tum est , dit Priscien , a struclurâ , id est ,ordinatione & conjunclione fequentium ; Ú