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Tome dix-neuvième.
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Camufat dit qu’il avoit vu neuf volumes in-folio manuscrits des collections de M. deSâllo , t;u les matières font rangées selonl'ordre alphabétique. " Chaque volume» contient, dit-il , au moins deux mille

" P a ges cle grand papier , & l’on y voirr> avec étonnement des extraits de toutesr> fortes de livres grecs , latins , italiens ,

»> françois , espagnols à allemands. On y,1 trouve , dit-ii encore , fut chaque matie-», re des mémoires presque rédigés qu il fe-„ roi t facile de mettre en ordre Onegrande douceur , une profonde conr.oiílan-ce des loix , une probité à toute épreuvefaifoient le caractère de M. de Sallo : onpeut voir un trait singulier de fa générosité& de sa bienfaisance , dans une lettre deBoucfault à M., l’évêque de Langres.

M. de Sallo ayant entrepris ie journaldes favans ; & sentant tous le poids d’un fipesant fardeau,crut devoir s’associer dans cepénible travail quelques favans de îes amis,gens de goût & de mérite , dont il fut fairechoix. MM. l’abbé de Bourzeys , de Gom-berville , Chapelain & l’abbé Gallois , fu-rent de nombre. Les lumières de ces habi-les gens n’auroient pas peu servi à M.. deSallo pour le projet de réforme qu’il médi-tât , & pour donner à ses journaux le nonveau dégré de perfection qu il avoir en vue ,lorsque des ordres supérieurs arrêtèrent lecours d’un ouvrage qui ne voyoitle jour quec epuis quelque mois , & rompirent les me-ures que prenoìt l’auteur pour le perfec-tionner ( Camufat p. zo. ). 1« u^ig,

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fur nos loix &c. Ainsi , il r.e faut pas’êtresurpris que M. de Colbert , convaincu defutilité du journal littéraire , dont le projetavoir été proposé & agréé fans doute dansson petit conseil , 1 ait favorisé & protégé.Pour en assurer le succès & la durée , il !e fitmunir du sceau de l’autorité royale, avanta-ge dont le journal des favans jouit seul enFrance j à l’exclusionde tous les autres jour-naux littéraires , fous quelques titres ou dé-nominations qu’iîs puissent paroitre & quiiont encore dépendans pour la plupart cilprivilège du journal des favans.

M. Colbert comprenoit trop’combien lejournal étoi t utile aux progrès des lettresqu’il protégeoit, pour souffrir qu’il fût in-terrompu & discontinué bien long-temps.Mais il s’agissoit de trouver un homme qui,assez docile pour fe soumettre aux condi-tions qu’on exigeroitde lui, n’eût pas moinsde talens que M. de Sallo pour pouvoir leremplacer. M. l’abbé Gallois qui avoirdéjà travaillé aux premiers journaux , fut ce-lui fur qui on jetta les yeux : il ctoit gram-mairien, philosophe , mathématicien j théo-logien : il avoir acquis des lumières en toutgenre. L’étude des langues orientales ne luiavoir pas fait négliger celle de l’italìen , del’c-fpagnol , de l’anglois & de l’allemand.

Les belîes-îettres , de la physique , la théo-logie «Sc Phistoire faifoient ses délices & rou-te son occupation ; i’étendue de son érudi-tion ne nuisait point à la justesse de son es-prit , ni à la pureté de son style. Avec tantde qualités , M. Gallois n’htsita point à re-prendre le journal , quoiqu’il connût la dif-ficulté de remplir la place d’un homme teîque M. de Sallo. Celui-ci avoir discontinuéson ouvrage depuis le 30 mars i66j , qui estl’époque du troisième & dernier journalqu’il ait donné au public ;• cependant M.Gallois n’a commencé de publier la conti-nuation que le H Janvier 1 666. II s’engageaà parler de la plupart des ouvrages quiétoient sortis de dessous la presse depuis lemois d’Avril de l’année précédente : il pro-mit auffi de fe conduire avec ranr de modé-ration , qu’on n’auroit pas lieu de fe plain-dre , & il ajouta qu’il s’attacheroit à bien

-— 5 mais lire les livres qui paroîtroient, pour en pou-

hì marine , fur les droits de la ~ ncore ^ ur 1 voir rendre un compte plus exact qu’on n’a-

°nronne , [ voit fait jusques alors , fans s’attribuer L,

:r ( Camufat p. 2.0. ). Les intriguesdes auteurs qui étoient mécontens de ses ju-gernens , la maniéré dont ilavok parié d’undécret de l'inquiíition contre Baba ze St M.

de Launoy , furent les causes de cette sup-pression.

„ Charles Perrault parie dans fes mémoireso un pectt conseil de favans que le grandColbert ce ministre immortalisé dans nosanna.es littératures St politiques, avoir tou- ìjours auprès de ìui pour le consulter dans \les choses qui regardaient les lettres. Per-rault dit qu il y etoit admis avec Chapelain,Charpentier , les abbés de Bourzeys & dela Casagne o autres mémoires y ajoutentM. de Sallo , qui n etoit pas consulté sur lesseuls objets de littérature , mais pnw- r —