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Tome dix-neuvième.
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Judas d’ÎSCARIOTH , ou le traître ,( Hifl. sac r. ) avoit été choisi par Jesus-Christ pour être mis au nombre des apô-tres , & pour être le dépositaire des aumô-nes ; mais Pavarice corrompant son cœur,il promit aux princes des prêtres de leurlivrer son maître pour trente deniers. II setrouva à la derniere cene que Jesus-Christfit avec ses apôtres , où il institua le sacre-ment de Peucharistie. 11 eut la hardieste d’yparticiper,&avant la fin du repas,il le quittapour aller consommer son crime. Peu après,ayant horreur de sa trahison , il fut touchéde repentir , alla trouver les prêtres, leurrendit P argent qu'd avoit reçu , & renditun témoignage public de Pinnocence de Je-sus-Christ : mais il n’eut pas recours à famiséricorde ; ainsi sa pénitence lui fut inu-tile , & son désespoir , plus funeste pour liuque son crime , le porta à se pendre lui-même. II creva par le milieu de son corps .& ses entrailles furent répandues par terre.Jean xi j. 3. A cl. xxr. (—(— )

JUDE , Epître de S. ( The'ol. ) nomd’un des livres canoniques du nouveau te s-tament écrit par P apôtre saint Jude , sur-nommé Thadee ou Lebbee , & le \éle , qmest appelle aussi quelquefois le frere du Sei-gneur , parce qu’il étoit, à ce qu’on croit.fils de Marie sœur de la Sainte Vierge ,& frere de Saint-Jacquesle mineur, évêquede Jérusalem.

Cette épître n’est adressée à aucuneéglise particulière , mais à tous les fidelesqui sont aimés du pere & appellés du filsnotre-Seigneur. II paroît cependant, par levers. 17 de cette épître,où il cite la secondede Saint-Pierre , & par tout le corps de lalettre où il imite les expressions de ce princedes apôtres , comme déjà connues à ceux àqui il écrit ; que son dessein a été d’écrireaux Juifs convertis qui étoient répandusdans toutes les provinces d’Orient, dansP Asie mineure & au-delà de PEuphrate.Ï1 y combat les faux docteurs qu’on croitêtre les Gnostiques , les Nicolaïtes , & lesSimoniens qui troubloient déjà p église.

On ignore en quel temps elle a été écri-te , mais elle est certainement depuis les hé-rétiques dont on vient de parler ; d’ailleursSaint Jude y parle des apôtres commemorts depuis quelques temps ; ce qui fait

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conjecturer qu’elle est d’après Pan de J. C.66 , & même selon quelques - uns , écriteaprès la ruine de Jérusalem.

Quelques anciens ont douté de la cano-ns ci té & de í’hautenticite de cette épître. Eu-sebe témoigne qu’elle a été peu citée par lesécrivains ecclésiastiques , hv. II. chap. 2 3.mais il remarque en même temps qu’on lalisoit publiquement dans plusieurs églises.Ce qui a le plus contribué à la faire rejeterpar plusieurs , c’est que l’aoôtre y cite lelivre d’Enoch ou du moins fa prophétie. 11 ysite aussi un fait de la vie de Moïse qui nefe trouve point dans les livres canoniquesde Pancien - testament , & qu’on croit•voir été pris d’un ouvrage apocryphe , in-titulé Vajjomption de Moise. Mais enfindle est reçue comme canonique depuis plu-sieurs siécles, parce que Saint jWepouvoitlavoir d’ailleurs ce qu’il cite des livres apo-criphes , ou qu’étant inspiré il pouvoir ydiscerner les vérités des erreurs avec les-quelles elles étoient mêlées.

Grotius a cru que cette épître n’étoit pasJe Saint Jude apôtre . mais de Judas, quin-zième évêque de Jérusalem , qui vivoit sousAdrien. II pense que ces mots f rate r autemJacobi , qu’on lit au commencement decette épître , ont été ajoutés par les copif-œs, & que Saint Jude n’auroir pas oublié,comme il fait , de s’y qualifier apôtre ;(u’enfin toutes les églises auroientreçu cet-te épître dès le commencement, si on eûtcru qu’elle eût été d’un apôtre : mais cet au-teur ne donne aucune preuve de cette ad-dition prétendue. Saint Pierre , Saint Paul& Saint Jean ne mettent pas toujours leurqualité d’apôtres à la tête de Jeurs^ lettres.Enfin le doute de quelques églises lur fau-ssent! ci té de cette épître , ne lui doit pasplus préjudicier que le même doute sor tantd autres livres canoniques de l’ancien & dunouveau - testament. On a aussi attribué àSaint Jude un faux évangile qui a été con-damné par le pape Gélafe. Voyei Apo-cryphes. Calmet. Diclionn. de la Bible.

JUDEE , LA ( Ge'og. ) pays d’Asie surles bords de la méditerranée , entre cettemer au couchant , la Syrie au nord , lesmontagnes qui sont au-delà du Jourdain à I’o-rient, & l'Arabie au midi.

, Sa longueur prise depuis la Syrie antio-