I 9 S J U I
tourée d’écueils. Diodore de Sicile & Pom-ponius Mêla en ont beaucoup parlé. Plinenous dit que les figues y étoient excellentes,qu’on les faisoit bouillir & sécher, & qu’on1 es envoyoit à Rome ainsi préparées dansdes caisses. Le milieu de l’île est a 39 degrésde latitude. La longitude de la capitale est àrL. 2.0 ; lut. 3$. {D. J.)
JUIF , s- m. ( Hijl. anc. & mod. ) secta-teur de la religion judaïque.
Cette religion dit sauteur de lettres per-sannes , est un vieux tronc qui a produitdeux branches, le christianisme & le maho-métisme, qui ont couvert toute la terre ; ouplutôt , ajoute-t-il, c’est une mere de deuxfilles qui font accablée de mille plaies. Mais.quelques mauvais traitemens qu’elle en aitreçus , elle ne laisse pas de se glorifier deleur avoir donné la naissance. Elle se sert del’uhe & de s autre pour embrasser le monde,tandis que fa vieillesse vénérable embrassetous les temps.
Josephe , Basnage & Prideaux ont épuiséî’histoire du peuple qui se rient fi constam-ment dévoué à cette vieille religion, & quimarque fi clairement le berceau , sage &les progrès de la nôtre.
Pour ne point ennuyer le lecteur de dé-tails qu’il trouve dans tant de livres concer-nant le peuple dont il s'agit ici, nous nousbornerons à quelques remarques moinscommunes fur son nombre , sa dispersionpar tout sunivers , & soir attachement in-violable a la loi mosaïque au milieu de s op-probre & des vexations.
Quand son pense aux horreurs que lesjuifs ont éprouvé depuis J. C. , au carnagequi s’en fit fous quelques empereurs romains,& à ceux qui ont été répétés tant de fois danstous les. états chrétiens, on conçoit avecétonnement que ce peuple subsiste encore ;cependant, non-seulement il subsiste , maisselon les apparences, il n’est pas moins nom-breux aujourd’hui qu'ill’étoit autrefois dansle pays de Chanaan. On n’en doutera pointíì après avoir calculé le nombre de juifs quisont répandus dans soccident,. on y jointles prodigieux essains de-ceux qui pullulenten orient, à la Chine , entre la plupart desnations de l’Europe & f Afrique, dans lesIndes orientales & occidentales, & mámedans les parties intérieures de l’Amérique.
J U I
Leur ferme attachement à la Toi de Moïsen’est pas moins remarquable, sur-tout si sonconsidéré leurs fréquentes apostasies , lors-qu’ils vi voient sous le gouvernement de leurs,rois , de leurs juges & à f aspect de leurstemples. Le judaïsme est maintenant , detoutes les religions du monde , celle qui estle plus rarement abjurée ; & c’est en partiele fruit des persécutions qu’elle a souffertcs..Ses sectateurs , martyrs perpétuels de leurcroyance , se sont regardés de plus en pluscomme la source de toute sainteté , & nenous ont envisagés que comme des juifs re-belles qui ont changé la loi de dieu en sup-pliciant ceux qui la tenoient de sa propremain.
Leur nombre doit être naturellement at-tribué à leur exemption de porter les armes,a leur ardeur pour le mariage , à leur cou-tume de le contracter de bonne heure dansleurs familles , à leur loi de divorce , àleur genre de vie sobre & réglée , àleurs abstinences, à leur travail, & à leurexercice.
Leur dispersion ne se comprend pas.moins aisément. Si , pendant que Jérusalemsubsistoit avec ion temple , les juifs ont été.quelquefois chassés de leur patrie par les vi-cissitudes des empires , ils l’on t encore é téplus souvent par un zeîe aveugle de tous lespays où ils se font habitués depuis les progrès:du christianisme & du mahométisme.. Ré-duits à courir de terres en terres , de mersen mers, pour gagner leur vie, par-tout dé-clarés. incapables de posséder aucuns biens-fonds , & d’avoir aucun emploi, ils se fontvus obligés de se disperser de lieux en lieux,& de ne pouvoir s’établir fixement dans au-cune contrée , faute d’appui , de puissancepour s’y maintenir^ & de lumières dans Tari.militaire.
Cette dispersion n’auroit pas manqué deruiner le culte religieux de toute autre na-tion ; mais celui des juifs s’est soutenu parla nature & la force de ses lois.. Elles leurprescrivent de vivre ensemble autant qu’iíest possible , dans un même corps , ou dumoins dans. une même enceinte; de ne points’allier aux étrangers, de se marier encr’cux,de ne manger de la chair que des bêtes dontils ont répandu le sang , ou préparés à leurmaniçre. Ces ordorvnaaces^ & autres feus-