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Tome dix-neuvième.
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tilleux , &c. II faut excepter Gilles , mille,ville, & tous les mots commençans par ill ,comme illégitime , illuminé, illujion , z/-lufire , &c.

3°. Nous représentons la méme articula-tion par ill , de maniéré que 17' est réputémuet lorsque la voyelle prononcée avant l'ar-ticulation , est autre que i ou iz; commedans paillajse, oreille, aille, feuille, rouille,&c.

4°. Enfin nous employons quelquefois Ihpour la même fin, comme dans Milhaut ,ville du Rouergue.

Qu’il me soit permis de dire ce que jepense de notre prétendue l mouillée ; carenfin , il faut bien oser quelque chose con-tre les préjugés. II semble que 17 prépositifde nos diphtongues doive par - tout nousfaire illusion,; c’est cet i qui a trompé lesgrammairiens qui ont cru démêler dans no-tre langue une consonne qu’ils ont appeUéeP i mouillé fbible; & c’est, je crois, le mêmei qui les trompe fur notre Z mouillée qu’ilsappellent le mouillé fort.

Dans les mots feuillages , gentillesse sé-millant , carillon , merveilleux , ceux quiparlent le mieux ne font entendre à monoreille que l’articulation ordinaire Z, suiviedes diphtongues iage, iefse, iant, ion, teux,■dans lesquelles le son prépositif i est pronon-cé sourdement &d’une maniéré tres-rapide.Voyez écrire nos dames les plus spirituelles& qui ont l’oreille la plus sensible & la plusdélicate ; si elles n’ont appris d’ailleurs lesprincipes quelquefois capricieux de notreorthographe usuelle,persuadéesque récrituredoit peindre la parole , elles écriront lesmots dont il s’agit de la maniéré qui leurparoîtrá la plus propre pour caractériser lasensation que je viens d’analyser; par exem-ple ,feuiliage, gentillesse ; semiliant , cari-llon , merveilleux , ou en doublant la con-sonne , feudliage , gentilliejfe , femilliant,carillion , merveillieux. Si quelques - unesont remarqué par hasard que les deux ll sontprécédées d’un i , elles le mettront ; maiselles ne se dispenseront pas d’en mettre unsecond après c’est le cri d,e la nature quine cede,dans Ie's personnes instruites,qu’â laconnoiífance certaine d’un usage contraire,& dont l’empreinte est encore visible dansIV qui précede les //.,

L

Dans les mets paille , abeille , vanille ,rouille & autres terminés par Ile, quoique talettre Z ne soit suivie d’aucune diphtongueécrite , on y entend aisément une diphton-gue prononcée ie , la même qui termine lesmots Blaie ( ville de Guienne ), paye, fou-droyé , truye. Ces mots ne se prononcentpas tout-à-fait comme s’il y avoit palieu ,abélieu, vanilieu , roulieu, parce que dansla diphtongue ieu , le son post-positif eu estplus long &. moins sourd que le son muet e ,•mais il n’y a point d’autre différence, pour-vu qu’on mette dans la prononciation la ra-pidité qu’une diphtongue exige.

Dans les mots bail , vermeil, péril, seuil,fenouil , & autres terminés par une feule lmouillée, c’est encore la même chose pourl’oreille que les précédens ; la diphtongue iey est sensible après l’articulation Z; mais dansl’orthographe elle est supprimée comme Yemuet est supprimé à lafin des mots bal, car-tel , civil , seul , Saint-Papoul, quoiqu’ilsoit avoué par les meilleurs grammairiens quetoute consonne finale suppose l’e muet. V •Remarques fur la prononciation par M. Har-douin, secretaire perpétuel de la société lit-téraire d’Arras , pag. 4 z. ,, L’articulation „» frappe toujours le commencement & ja-», mais la fin du son ; car il n’est pas p-oíli-» ble de prononcer al on il fans faire en-», tendre un e féminin après Z ; & c’est fur», cet e féminin & non fur Y a ou fur 17', que», tombe l’articulatíon désignée par / ; d’oit», il s’ensuit que ce mot tel, quoique censé», monosyllabe , est réellement dissyllabe», dans la prononciation. II se prononce en», effet comme telle, avec cette seule diffé-» rence qu’on appuie un peu moins furYefé-„ mininqui fans. être écrit, termine le pre-„ míer de ces mots »,. Je l’ai dit moi-mê-me ailleurs ( aru H) » gu’ií est de l’essenee», de toute articulation de précéder le fort», qu’elle modifie, parce que le son une fois», échappé n’est plus en la disposition de ce-», lui qui parle , pour en recevoir quelque», modification »,.

11 me paroît donc assez vraisemblableque ce qui a trompé nos grammairiens furle point dont il s’agit, c’est l’inexactitudade notre orthographe usuelle, & que cetteinexactitude est née de la difficulté que l’ontrouva dans les çommencçtnens à éviter

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