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Tome dix-neuvième.
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dans la parefle où ils croupissent encore ,& quelquefois la superstition met la parefleen honneur. Sous le joug du despotisme lespeuples cestent d’être laborieux , parce queles propriétés font incertaines. Si 1 amourde la patrie , l’honneur , 1 amour des loisavoient été les ressorts d’un gouvernement,& que par U corruption des législateurs ,ou par la conquête de Pétranger , ces res-sorts eussent été détruits, il faudroit peut-étre bien du temps pour que la cupidité & ledefir du bien-être physique rendissent leshommes laborieux .Quand on offre del’ar-gent aux Péruviens pour les faire travailler,ils répondent, je niai pas faim. Ce peuplequi conserve encore quelque souvenir de lagloire & du bonheur de ses ancêtres , privéaujourd’hui dans fa patrie des honneurs, desemplois , des avantages de la societe , seborne aux besoins de la nature ; la paresseest la consolation des hommes à qui le tra-vail ne promet pas l’espece de biens qu’iísdésirent.

Laborieux se dit des ouvrages qui deman-dent plus de travail que de genie. On dit ,des recherches laborieuses.

LABOUR , f. m. ( Econom. rujl. ) c'estle remuement de la terre , fait avec un ins-trument quelconque. On laboure les champsavec la charrue , les jardins avec la bêche ,les vignes avec la houe , &c. les bienfaitsde la terre sont attachés à ce travaily maisfans Pinvention des instrumens , & Pemploides animaux propres à Paccélérer, un hom-me vigoureux fourniroit à peine à fa nour-riture ; la terre refuserait l’aliment à l’hom-me foible ou malade y la société ne seroitpoint composée de cette variété de con-ditions dont chacune peut concourir à larendre heureuse & stable. L’inégalité entreles forces ne seroit naître entre les hommesque différons degrés d’índigence & d’abru-tissement.

Labourer la terre , c’est la diviser , ex-poser successivement ses molécules aux in-fluences de Pair ; & de plus c’est déracinerles herbes stériles , les chardons , &c. quifans les labours couvriroient nos champs. IIfaut donc, pour que le labour remplistè sonobjet, qu’il soit fait dans une terre asseztrempée pour être meuble, mais qui ne soitpas trop humide. Si elle est trop seche, elle

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se divise mal ; si elle est trop humide on lacorroyé, le hâle la durcit ensuite , & bail-leurs les mauvaises herbes font mal déra-cinées. La profondeur du labour doit êtreproportionnée à celle de P humus ou terrevégétable , aux besoins de la graine qu’onveut semer, & aux circonstances qui déter-minent à labourer , premierement à la pro-fondeur de Vhumus. 11 y a un assez grandnombre de terres propres à rapporter dubled , quoiqu’elles n’aient que six à septpouces de profondeur. Si vous piquez plusavant, vous amenez à la superficie une sorted’argille qui , sans êíre inféconde , rendvotre terre inhabile â rapporter du bled. Jedis fans être inféconde; car l’orge, P avoine,& les autres menus grainsn’en croîtront queplus abondamment dans cette terre. Elle nele refuse à la production du bled que par unevigueur excessive de végétation. La plantey pousse beaucoup en berbe , graine peu ,& sur-tout mûrit tard y ce qui Pexpose pres-que infailliblement à la rouille. La perte desannées de bled est assez considérable pourque les cultivateurs aient à cet égard la plusgrande attention. Us ne sauroient trop seprécautionner , quant à cet objet , contreleur propre négligence , ou l’ignorance deceux qui menent la charrue.

Les terres sujettes à cet inconvénientfont ordinairement rougeâtres & argilleu-ses. Lorsqu’on y leve la jachère pendantPété , après une longue sécheresse , la pre-mière couche soulevée en grosses mottes ,entraîne avec elle une partie de la seconde,& on dit alors que la terre est dessoudée. Lesfermiers frippons qu’on force à quitter leurferme , dessoudent celles de leurs terres quipeuvent l’être pendant les deux dernieresannées de leur bail. Par ce moyen ils recueil-lent plus de menus grains , & nuisent enmême temps a celui qui doit les remplacer.

11 faut en second lieu que le labour soitproportionné aux besoins de la graine qu’onveut semer. Si vous préparez votre terrepour de menus grains, tels que l’orge & Pa-gine, un labour superficiel est suffisant. Leblé prend un peu plus de terre ; ainsi lelabour doit être plus profond. Mais si onveut semer du sainfoin ou de la luserne ,dont les racines pénètrent a une grandeprofondeur , on ne peut pas piquer trop

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