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Tome dix-neuvième.
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LAC

& c’efl ainsi qu’Athénée & Démosthene'Pont entendu.

En un mot, on regardoit P éducation deSparte comme si pure & si parfaite , quec’étoit une grâce de permettre aux enfansde quelques grands hommes étrangers,d’êtremis fous la discipline lacédémonienne.Deuxcélébrés Athéniens, Xénophon & Phocion,profitèrent de cette faveur.

De plus, chaque vieillard , chaque peiede famille avoir droit de châtier les enlansd’autrui comme les siens propres ; & s il lenégligeoit, on lui imputait la faute com-mise par Pensant. Cette loi de Lycurguetenoit les peres dans une vigilance conti-nuelle , & rappelioit fans cesse aux enfansqu’ils appartenoient à la république. Auffife foumettoîent-ils de leur propre mouve-ment à la censure de tous les vieillards ;jamais ils ne rencontraient un homme d’âgequ’ils ne s’arrêtassent par respect jufqu’à cequ’il fût passé ; & quand ils étoient affis , ilsfe levoient fur le champ à son abord. C’estce qui faifoit dire aux autres peuples de laGrece, que si la derniere faifonde la vieavoir quelque chose de flatteur , ce n’étoitqu’à Lacédémone.

Dans certe république, Poifíveté des jeu-nes gens étoit mise an rang des fautes capi-tales , tandis qu’on la regardoit comme unemarque d’honneur dans les hommes faits :car elle fervoit à discerner les maîtres desesclaves : mais avant que de goûter les dou-ceurs du repos , il falloir s’être continuelle- 'ment exercé,dans la jeunesse, à la luttera lacourse, ausaut, aux combats, aux évolutionsmilitaires, à la chaste, à la danse, & même auxpetits brigandages. On imposoit quelquefoisa un enfant un châtiment bien singulier : onmordoit le doigt à celui qui avoit failli : Hé-fychius vous dira les noms dissérens qu’ondonnoit aux jeunes gens,selon l’ordre de Pa-ge & des exercices ; je n’ofe entrer dans cegenre de détails.

Les peres, en certains jours de fêtes,faifoient enivrer leurs esclaves, & les pro-duisoient dans cet état méprisable devantla jeunesse de Lacedemone , asin de la pré-server de la débauché du vin, & lui enseignerla vertu par les défauts qui lui font opposés ;gomme qui voudroit faire admirer les beau-

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tés de la stature, en montrant les horreursde la nuit.

Le larcin étoit permis aux enfans de La-cédémone, pour leur donner de Padreíî’e , dela ruse & de Pactivité,& c’étoit le même usagechez les Cretois. Lycurgue, dit Montagne ,considéra au larcin,la vivacité,diligence,har-diesse , ensemble futilité qui revient au pu-blic que chacun regarde plus curieusementa la conservation de ce qui eft sien , & le lé-gislateur estima que de cette double institu-tion a assaillir & à défendre , il S ’en tireraitdu fruit, pour la science militaire, de plusgrande considération que n’étoit le désordre& l’injufìice de semblables vols, quid’ail-leurs ne pouvoient consister qu’en quelquesvolailles ou légumes ; cependant ceux quiétoient pris fur le fait étoient châtiés pourleur mal-adreste.

Us craignoient tellement la honte d’êtredécouverts, qu’un d’eux ayant volé un petitrenard, le cacha fous fa robe & souffrit, sansjeter un seul cri , qu’il lui déchirât le ven-tre avec les dents, jufqu’à ce qu’il tombamort fur la place. Ce fait ne doit pas paraî-tre incroyable, dit Plutarque,à ceux qui sa-vent ce que les enfans de la méme ville fontencore. Nous en avons vu, continue cet his-torien , expirer fous les verges , fur l’autelde Diane Orthia, fans dire une feule pa-role.

Cicéron avoit auffi été témoin du specta-cle de ces enfans qui, pour prouver leur pa-tience dans la douleur , souffraient, à Pagede sept ans , d’être fouettés jufqu’au sangfans altérer leur visage. La coutume ne Pâti-rait pas chez nous emporté fur la nature ; carnotre jugement empoisonné par les délices ,la mollesse , loisiveté, la lâcheté , la parc-ste,nous Pavons perverti par d’honttufes habi-tudes. Ce n’estpas moi qui parle ainsi de manation , on pourrait s’y tromper à cettepeinture ; c’est Cicéron íui-même qui portece témoignage des Romains de son siecle ;& pour que personne n’en doute, voicises propres termes : Nos umbris delitiis ,odo , languore, déjìdiâ , animum inj'eci -mns,maloque more delinitum,mollivimus.Tuse. quasi. liv. V. cap. xxvij.

Telle étoit encore Péducation des enfansde Sparte, qu’elle les rendoit propres auxtravaux les plus rudes. Ou formoit leur