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Tome dix-neuvième.
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étant monté sur le trône en 1461 , n’hésitapas de défendre l’entree des draps étran-gers dans son royaume. Richard 111 prohibafes apprêts & mauvaises façons qui pou-voient faire tomber le débit des draps an-glois , en altérant leur qualité. L’espritdecommerce vint à se développer encore da-vantage sous Henri VII ; & l'on fils HenriVIII, continua de protéger , de toute fapuissance, les manufactures de son royaume,qui lui doivent infiniment.

C’est lui qui pour procurer a les lujetsles laines précieuses de Castille , dont ilsétoient fi curieux pour leurs fabriques , ob-tint de Charles-Quint ^exportation de troismille bêtes blanches. Ces animaux réussi-rent parfaitement bien en Angleterre , &s’y multiplièrent en peu de temps , par lesfoins qu’on mit en œuvre pour élever ik con-server cette race précieuse. 11 n’est pas inu-tile de savoir comment on s’y prit.

On établit une commiílìon pour présiderà l’entretien & à la propagation de cette ef-pece. La commiílìon fut composée de per-sonnes intelligentes & d’une exacte probité.La répartition des bêtes nouvellement arri-vées de Castille , leur fut assignée ; & l’éve-netnent justifia l’attente du souverain , quiavoir mjs en eux sa confiance.

D’abord ils envoyerent deux de ces bre-bis castillanes, avec un bélier de même race,dans chacune des paroisses dont la tempéra-ture & les pâturages parurent favorables àces bêtes. On fit en même temps les plussérieuses défenses de tuer ni de mutiler au-cun de ces animaux pendant l’efpace desept années. La garde de ces trois bêtes futconfiée à peu-près comme celle de nos che-vaux-étalons, à un gentleman ou au plus no-table fermier du lieu , attachant à ce soindes exemptions de subsides , quelque droithonorifique 6u utile.

Mais afin de tirer des conjonctures toutf avantage possible, on fit faillir des béliersespagnols fur des brebis communes. Lesagneaux qui provinrent de cet accouple-ment , tenoient de la force & de la secou-es té du pere a un tiers prés. Cette pratiqueingénieuse, dont on trouve des exemplesdans Coiumelle , fot habilement renouvel-le. Elle fit en Angleterre quantité de bâ-tards espagnols , dont les nia’es conmiMU'.

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querent leur fécondité aux brebis commuénés. C’est par cette raison qu’il y a actuelle-ment dans la Grande-Bretagne trois fortesprécieuses de bêtes à laines.

Voilà comme Henri VIII a contribué âpréparer la gloire dont Elisabeth s’est cou-ronnée , en frayant à la nation angloise lechemin qui l’a conduite à la richeíïe dontelle jouit aujourd’hui. Cette reine considé-rant l’importance d’assiureràson pays la pos-session exclusive de fes laines , imposa lespeines les plus rigoureuses à Importationde tout bélier , brebis ou agneau vivant. IIs’agit dans ses statuts de la confiscation desbiens , de la prison d’un an , & de la maincoupée pour la premiere contravention ;en cas de récidive , le coupable est puni demort.

Ainsi le temps ouvrit les yeux des Angloisfur toutes les utilités qu’ils pouvoient retirerde leurs toisons. Les arts produisirent In-dustrie : on défricha les terres communes.On se mit à enclorre plusieurs endroits pouren tirer un plus grand profit. On les échauf-fa & on les engraissa , en tenant deffiis desbêtes à laine. Ainsi le pâturage fut porté àun point d’amélioration inconnu jusqu’alors ;l’efpece même des moutons se perfectionnapar l’étude de la nourriture qui leur étoitla plus propre , & par le mélange des races.Enfin la laine devint la toison d’or des habi-tans de la Grande-Bretagne.

Les successeurs d’Elifabeth ont continuéde faire des reglemens très-détaillés fur, lapolice des manufactures de laines, soit pouren prévenir la dégradation , soit pour enavancer les progrès ; mais on dit qu’on neconserve aujourd’hui ces reglemens que parforme d'instruction , & que les Anglois qui

I se regardent comme les plus habiles fabri-cans du monde, & les plus soutenus par lafeule émulation, laissent beaucoup de liber-té à leurs manufactures, fans avoir lieu des appercevoir encore que leur commerce ensoit diminué.

Le feu! point fur lequel ils soient un peuféveres, c’est fur le mélange des laines d’u-ne mauvaise qualité dans la tissure des drapslarges. Du reste , le gouvernement, pourencourager les manufactures, a affranchi de$droits de sortie les draps & les étoffes delainage. Tout ce qui est destiné pour l’ap-

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