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seulement lés draps superflus , qu’elle nepeut fabriquer fans le secours des toisonsd’Efpagne. Ses ouvriers savent faire en lainedepuis le drap le'plus fort ou le plus chaud,jusqu’à T étoffe la plus mince & la plus lé-gere. Us en fabriquent à raies & à fleurs ,qui peuvent tenir lieu d’étoffes de foie , parleur légérete & la vivacité de leurs couleurs.Ils font auílì des dentelles de Laines fortjolies , des rubans, des chemises de flanelle,des fichus & des coeffes de crêpes blancs.Enfin, ils vendent de leur lainerie à l’étran-ger , selon lés uns , pour deux ou trois mil-lions , & selon d’autres pour cinq millionssterlings.
Mais fans m’arrêter davantage à ces idéesaccessoires , qui ne nous intéressent qu’in-directement , & fans m’é tendre plus aulong fur î’objet principal , je crois qu’ilrésulte avec évidence de la discuíìîon danslaquelle je fuis entré au sujet des laines d’El-pagne & d’Angleterre , que trois chosesconcourent à leur procurer des qualités su-périeures qu’on ne peut' obtenir ailleurs ;la race , les pâturages & le climat. J’ajoutemême pour fuccroìt de preuves , que lesmoutons de Castille & d’Andalousie , trans-portés dans les belles plaines de Salisbury-,n’y donnent pas des laines auíli précieuses,quas bœticns adjuvat a'ér.
Je conclus donc avec les personnes lesplus éclairées de ce royaume , qu’il est tout-•à-fait impossible à la France de se passer deslaines étrangères, & que fans le secours desriches toisons qui lui viennent des îles Bri-tanniques & d’Espagne, les manufacturesdes Gobehns , d’Abbeville & de Sedan ,tomberoient bientôt dans le discrédit, &ne pourroient pas même subsister.
Je fiais cependant éloigné de peníer qu’onne soit maître en France de perfectionnerla qualité , & d’augmenter la quantité deslames qu’on y recueille ; mais ce tempsheureux n’est pas près de nous , & tropd'obstacles s opposent à nous flatter de l’es-pérance de le voir encore arriver. ( D. J ). La : NKS, apprêt de s { Économie rusti-que Ù ManufaBures. ) ce fou t les différen-tes laçons qu’on donne aux laines.
Les laines avant que d’être employéesreçoivent bien des façons , & passent parbien des mains. Après que la laine a été ton-
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due, on la lave , on la trie , on i’épluche ;on la drosse , on la carde , ou on la peignesuivant sa qualité ; ensuite on la mêle , &on la file. Expliquons toutes ces façons jj’ai lu d’excellens mémoires qui m’en ontinstruit.
i°. Tonte. l es anciens arrachoient leurslaines , ils r.e la tondoient pas ; vellus àvellenào. Ils prenoient pour cette opération!c temps où la laine se sépare du corps deFanimal; à comme toute la foisonne quittepas à la fois , ils couvroient de peaux pen-dant quelques semaines chaque bête à laine ,jufqu’à ce que toute la toison fût parvenueau degré de maturité qu’il falìoit, pour nepas causer à ces bêtes des douleurs trop cui-santes. Cette coutume prévaloir encore fousVespafien dans plusieurs provinces de l’em-pire ; aujourd’hui elleestayec raison totale-ment abandonnée.
Quand le temps est venu de déchargerles moutons du poids incommode de leurlaine , on prend les mesures suivantes. Leslaboureurs intelligens préviennent cetteopération, en faisant laver plusieurs fois furpié la laine avant que de l’abattre.
Cette maniéré étoit pratiquée chez lesanciens ; elle est passée en méthode parmiles Anglois , qui doivent principalement àce foin T'éclat & la blancheur de leurs lai-nes. Débarrassée du fuin & des matièresgraisseuses qui enveloppoient ses filets ,elle recouvre le ressort & la flexibilité, quilui est propre. Les poils détenus jufques-làdans la prison de leur furge , s’élancentavec facilité , fe fortifient en peu de joursprennent du corps, & fe rétablissent dansleur état naturel ; au lieu que le lavage quisuccédé à la coupe , dégage seulement lalaine de ses saletés , fans lui rendre fa pre-mière qualité & son ancienne consistance.
Pour empêcher que le tempérament deranimai ne s’altéré par le dépouillement deson vêtement, on a soin d’augmenter sanourriture, à mesure qu’on approche d.uterme de fa tonte.
Quand Tannée a été pluvieuse , fl suffitque chaque mouton ait été lavé quelquesjours consécutifs , avant celui où on le dé-charge de fa laine ; mais fl Tannée a étéfeche, il faut disposer chaque bete à cetteopération t en la lavant quinze jours, un