Band 
Tome dix-neuvième.
Seite
462
JPEG-Download
 

461 LAI

tierdu tisserand qui frappe les fils de îa tramepour les serrer chaque fois qu’on passe la na-vette entre les fils de la chaîne, & à ceux desmarches , ou triangles de bois que l'ouvriera fous ses pieds , & qui font suspendues parun bout auxficelles des listes, ils se rompent,forment un vuide dans le corps du drap, quifait que la piece rentre plus vite fur fa lar-geur quand on la foule. Pour éviter qu’ellemanque de force, on la foule fur fa longueur;on perd alors fur saunage ce qu’on auroitperdu fur !e lé si , on l’eût foulé fur fa largeur.

La chaîne étant montée fur le métier, lestijserands ou tisseurs , qui font deux fur unmême métier, l’un à droite & i’autre à gau-che , marchent en même temps & alterna-tivement fur un même pas ; c’est-à-dire ,tantôt fur le pas droit & tantôt fur le pasgauche ; ce qui fait hausser & baisser avecégalité les fils de la chaîne , entre lesquelsils lancent transversalement la navette deJ’un à l’autre ; & chaque fois que la navetteest lancée, & que le fil de la trame est placédans la chaîne, ils le frappent conjointementavec la chajje où est attaché le rot ou peigne,entre les broches ou dents duquel les fils dela chaîne font passés ; ce qu’ils font autantde fois qu’il est nécestàíre.

Les tisseurs ayant continué de travaillerjufqu’à ce que îa chaîne soit entièrementremplie de trame, le drap se trouve achevé,& en cet état il est nommé drap en toile ,ou simplement toile. En général le défautdes tijjages est que les chaînes des draps Stautres étoffes ne font pas assez tissues , qu’ìln’a pas été mis suffisamment de trame , euégard à la qualité ou espece d’étoffe qu’onveut fabriquer. On connoît aisément ce dé-faut en voyant les draps en toile , clairs Stminces ; ce défaut conduit presque toujoursà rendre les étoffes étroites , c’est-à-dire,au dessous des largeurs qui ont été détermi-nées par les fabricans , & ordonnées par lesréglemens. II arrive presque toujours que lesdraps mal tissus restent creux & lâches. Danscet état ils ne peuvent supporter les opéra-tions du garniment au chardon & de la ton-ture qui font nécessaires pour les rendrebeaux ; ainsi ils pèchent par la beauté & labonté qui forment les deux principaux objetsde la perfection.

Un três-grand définit, c’est lorsque l’étoffe

LAI

est tiíïùe inégalement , c’est-à-dire , qu’lí7 a moins de trame dans certaines partiesdespieces qu’en d’autres; c’est de ces défautsque viennent les trous & les déchirures quel’on voir aux draps.

II est estentiel que les toiles soient autantferrées & battues fur le métier, que l’efpecedu drap ou étoffe que l’on a en vue de fabri-quer P exige,- & enfin que la con texture soitrégulière d’un bout à Pautre des pieces.

Le drap ayant été levé de dessus le métier,& déroulé de dessus P ensoupleau , espece derouleau sur lequel il a été roulé à mesurequ’il a été tissu, il est donné aux enoueuses ,que , suivant les divers lieux de fabrique, onappelle aussi nopeufes , espincheuj'es , épin-sensés , esbonqueufes ou ej'poncieuses.

Ces ouvrières font des femmes employéesà ôter des draps , avec une petite pince defer , les nœuds de fils, pailles & ordures ciuipeuvent s’y rencontrer. Cette façon s’appelleenoue r , ou e’pinser , ou noper les draps engras , parce qu’ils font encore tout gras dePhuiîe dont on s’étoit servi pour préparer lalaine avant que d’être files. Cet ouvrage sefait d’une maniéré plus avantageuse & plussûre , loifque les tables fur lesquelles on metles draps pour les épínfer, font disposées enpupitre , parcs qu’alors le drap est mieuxéclairé , & que ses défauts échappent beau-coup moins à P œil.

Le drap ainsi énoué & nettoyé de ses plusgrostes imperfections, est porté à la soûlerie ,pour le dégraisser avec l’urine ou avec uneespece de terre glaise bien épurée & détrem-pée dans Peau , que l’on met avec le drapdans la pilée , où il est foulé jufqu’à ce qu’ilparoisse suffisamment débarrassé de sa graisse»

De toutes les opérations de la draperie ,le foulage est celle qui exige le plus d’acten-tion, de raisonnement & de bon sens; quandon l’a manquée , on rend inutiles tous lesfoins qu’on s’est donné précédemment, &i! n’est plus possible de réparer les défautsqu a causé Pinattention du foulon ; commeÍorfqu’íl n’a pas bien tordu les endroits lar-ges , & fait fouler à plat les autres ; qu’il n’apas enlevé les taches que le savon laistè furles draps ; qu’il y a des accrocs, des échauf.

I sures qui viennent de ce qu’on les a laisséstrop long-temps dans la pile, ce qui les rendcreux , lâches Sc de mauvaiíb qualité j des