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Le drap étant teint comme il faut, &bier.lavé dans I’eau claire, le tondeur le reprend;& pendant qu’il est encore tout mouillé , ilen couche le poil avec la brosse fur la tableà tondre ; il le met ensuite sur la rame , oùH est étendu, & tiré sur le long & sur le largeseulement autant qu’il est nécessaire pour lebien unir , le dresser quarrément, & le met-tre juste à sa longueur & largeur.
La rame est un long châssis , ou un très-grand assemblage de bois aussi large & aussilong que les plus grandes pieces de drap. Ontient ce châssis posé debout pour y attacherl’étoffe , qu’on y tire ensuite en tous sensfur de longues enfilades de crochets. Ce tra-vail tend à effacer les plis que l’étoffe a con-tractés dans les pots du foulon ; il sert à latenir d’équerre, & à l’amener sans violenceà fa juste largeur ; il la dispose enfin à pou-voir être bien brossée & lustrée , & à pou-voir se plier quarrément. Tel est le vrai butdu ramage.
L’intention de certains fabricans dans letiraillement du drap fur la rame , est un peudifférente ; c’est de gagner avec la bonnelargeur un allongement de plusieurs aunesfur la piece ; mais cet effort relâche Pétoffe,î’amollit, & y détruit d’un bout â l’autre leplus grand bien que la soûlerie y aîtprpduit.Inutilement a-t-011 pris la précaution derendre, par la carde , le fil de la chaîne &celui de la trame fort velus , de les filer derebours, & de fouler le drap en forts pourîe liaisonner comme un feutre , n on étonnela piece entiere à force de la tirer, & si onen dissout tout P assemblage en la contrai-gnant, par une extension violente, â donnervingt-quatre aunes au lieu de dix-huit ouvingt qu’elle fournirait par une extensionmodérée : c’est là ce qui rend le drap effon-dré , mollasse & fans consistance. On a tou-jours porté des plaintes au conseil contre larame , & elle a toujours trouvé des défen-seurs. Les derniers réglemens en ont arrêteles principaux abus, en déclarant confisca-cable toute étoffe qui, à la rame, s’estallon-gée de plus de demi-aune fur vingt aunes ,ou qui s’est prêtée de plus d’un seizième furfa largeur. La mouillure , en ramenant toutd’un coup le drap à fa mesure naturelle ,éclaircit la tromperie , s’il y en a.
Après que le drap est entièrement sec, on
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le leve de dessus la rame pour le broster en-core & le triler fur la table â tondre , asind’achever de lui coucher le poil. Cette opé-ration se fait en appliquant sur le drap uneplanche de sapin qu’on nomme la tuile.Cette planche , du côté qui touche sétoffe ,est enduite d’un mastic de résine, de grèspilé , & de limaille passée au sas, asin que lesparcelles & les résidus des tontures qui altè-rent la couleur par leur déplacement, Rat-tachent à ce mastic , & déchargent d’autantla couleur , dont l’œil, par ce moyen , de-vient plus beau. On plie ensuite le drap , &on le met à froid sous une presse pour lerendre parfaitement uni, & lui donner uneespece de cati qui n’est proprement qu’unpetit lustre qui donne un bel œil à l’étoffe.
Ce cati , qu’on nomme cati à froid , pourle distinguer du cati à chaud, se donne enmettant dans chaque pli de la piece du drapun carton, & par dessus le tout une planche-de bois quarrée , fur laquelle on fait descen-dre , par le moyen d’un levier, la vis de lapresse avec autant de force qu’on le juge àpropos, par rapport à l’espece & à la qualitédu drap.
Ce n’est pas astèz, pour catir&c lustrer uneétoffe , que tous les poils en soient couchésd’un même côté , ce qui produit nécessaire-ment dans la totalité la même réflexion delumière ; il faut encore que tous ces poilsaient perdu leur ressert dans le point où ilsse plient , autrement ils fe relèveront iné-galement. La premiere goutte de pluie quitombera fur l’étoffe venant à sécher , lespoils qu’elle a touchés reprendront, par cedessèchement, un peu d’élasticité, & ferontparaître une tache où il n’y a réellementqu’une réflexion de lumière différente decelle des poils voisins. Onestàiede prévenirce mal par la preste à chaud : on substitueaux premiers cartons d’autres plus fins , 011des vélins ; puis en y joignant de loin à loindes plaques de cuivre bien chaudes , onacheve, avec la presse, de plier tous lespoils , & d’en déterminer le pli d’un seulcôté. C’est cette opération qui se nomme lecati à chaud. _
II faut que les draps soient mis au moinstrois fois en preste : on doit les y laisser fé-j ourner au moins trois jours, la première fois,
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