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Tome dix-neuvième.
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uns après les autres pour achever de îescharger ; ce qui fe fait en remettant par-dessus le vieux cuivre déja fort échauffé,beaucoup de calamine de composition quel’on entasse avec le fourgon ; à quoi l’onajoute le cuivre rouge que l’on enfoncedans la calamine en frappant fortement avecla palette. Pour cet effet on assujettit &l’on tient droit le creuset avec la pince cou-dée & le bouriquet

Chaque creuset chargé , on le replace aufourneau , on l’y arrange , on repart lesonze trous du fond du fourneau qui ferventde soufflet : on débouche ceux qui peuventse trouver bouchés , ou l’on remet de l’ar-. gille à ceux qui font trop agrandis; en unmot , on acheve comme pour la premierefonte. On fait d’abord peu de feu , dumoins pendant les deux premieres heures,après lesquelles le fondeur prend de la cala-mine de composition dans un panier / &fans déplacer ces creusets , il en jette furchacun une ou deux poignées ; cela remplitl’efpace causé par l'affaiffement des matiè-res. D’ailleurs il y a une dose de matièrepour chaque creuset, & il faut qu’elle y en-tre ou tout de suite , ou à des intervallesde temps différens.

Si un creuset vient alors à casier, on leretire & on le remplace par celui qui aservi à couler les tables , parce qu’il est en-core rouge & disposé à servir ; mais lorsqueles huit creusets font placés & attachés, s’ilen casse un , on ne dérange plus rien : latable fe trouve alors d’un moindre poids &.plus courte.

On attise en premier lieu en mettant aufourneau une manne de charbon qui con-tient 2co livres pesant. On commence parchoisir les plus gros morceaux qu’on couchefur les bords du creuset ; quand on a forméde cette maniéré une efpece de plancher ,on jette le reste du charbon fans aucune at-tention , & l’on couvre aux deux tiers labouche du fourneau ; quelques heures aprèson lui donne , comme disent les ouvriers ,à manger de la petite houille ,ou du charbonde terre menu.

C’est entre deux & trois heures de l’après-midi qu’on coule ; à cinq heures, les creu-sets font tous rangés ; fur les dix heures ondonne à manger aux fourneaux, & lafocon-

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de fonte se fait à deux heures & demie , otítrois heures après minuit ; c’est-à-dire qu’ily a toujours environ douze heures d’unejetée à une autre.

Le samedi ou la veille des grandes fêtes ^après la fonte ou jetée , on charge & l’onattife , comme si l’on devoit couler la nuitsuivante ; mais fur les quatre à cinq heuresdu soir , les fondeurs ne font que fermerexactement les bouches des fourneaux quifont bien allumés ,• ils ne laissent d’autre ou-verture que celle qui est au centre du cou-vercle. Cette ouverture est environ d’unpouce & demi de diamètre : le tout fe tienten cet état jufqu’au lundi suivant. Sur les

5 heures du matin les fondeurs arrivent, &raniment le feu par de nouveau charbon ;son action a été si foible pendant tout l’inter-valle qui s’est écoulé , que le travail est quel-quefois très-peu avancé, & qu’il faut forcerpour rattraper le cours de fontes accoutu-mées.

Le travail de la fonderie demande uneattention presque continuelle, soit pourattifer & conduire le feu , en ouvrant &fermant les registres , soit pour aiguiser lespierres , y appliquer un nouvel enduit, cou-per & débiter les tables du poids requis.C'est au maître fondeur à regler toutes ceschoses : il a pour aide deux autres ouvriers ;

6 quoiqu’il n’y ait que trois hommes parfonderie , chaque manufacture a du moinsdeux fonderies , dont les ouvriers vont dei’une à l'autre , lorsque la manœuvre lerequiert, comme lorsqu’il s’agi t d’aiguiserles pierres ou de couper les tables.

Les autres ouvriers font employés ou aumoulin ou au blutoir , & l’on emprunte leursecours dans l’occasion.

La paie du maître fondeur est plus forteque celle de ses aides.

On fournit à tous la biere, le chauffage,la houille pour leur ménage qu’ils n’habi-t l ue ' e samedi jusqu’au lundi. Ils nes’eloignent jamais de léur attelier. Tandisqu’un d’entr’eux fe repose fur les lits del’usine , les autres veillent.

Trois fourneaux consomment ordinaire-ment icoo livres pesant de charbon parchaque fonte de douze heures, &■ 2COOlivres pour vingt-quatre heures, le temps-de deux fontes.