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Tome dix-neuvième.
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ta!e,& envisagée comme tellepar l’histortensecré,,. il raconte T arrivée des descendansde î>í.oé,dans la plaine de Sennahar , le pro-jet qu ils firent d’y construire une ville &une tour pour leur servir de lignai , les ma-tériaux qusils employerent à cette construc-tion ; U insinue me me que {'ouvrage fiatpoulie jufqu’à un certain point/ puis aprèsavoir .remarqué que le Seigneur descenditpour visiter l’ouvrage, il ajoute, v. tíj , &dixit ( Dominus ) : Ecce unus ejìpopulust’ VNUM LABIUM omnibus : cccperunt-que hoc facere, me de/{fient à cogitationi-b us fuis , donec eas opéré compleant. Ve-nite igitqr , descendamus , & CONF UN-DAMUS IBS LINGUAM eorum , ut nonaudiat unusquisque vocem proximi fui.N’est-i! pas bien clair qu’il n’y avoit qu’unelangue juíqu’au moment où Dieu voulu!faire échouer Tentreprisedes hommes, un u mlabium omnibus ; qae dès qu’il l’eut résolu,sa volonté toute puistànte eut l’on effet, at-que ita divijìt eos Dominus , v. 8 que 1 cmoyen qu’il employa po^r cela fut la divi-sion de la langue commune , confundamus...ïinguam eorum , &: qup cette confusion futsubite , confundamus ibi ?

Si cette confusion du langage primitifn’eût pas été subite , comment auroit- ellefrappé los hommes au point de la constaterpar un monument durable , comme le nomqui fur donné à cette ville même, Babel(confusion) ? Etidcircv vocatitm est no me nf j us Babel , quia ibi confufum e/t .labiumunivers? terra, v. , 9 . Comment,après avoirtravaillé pendant plusieurs années en bonneintelligence , malgré les changemens insen-sibles qui s’inrroduisoient dans la langage ,les hommes ílirent-ils tout-à-coup obli-gés de íe séparer , faute de s’entendre ? Siles progrès de la division étoient encore in-sensibles la veille , ils durent l’étre égale-ment le lendemain ; ou s’xi y eut le lende-main une révolution extraordinaire qui nefînt plus a la progression des altérations pré-cédentes , cette progression doit être comp-tée pour rien dans les causes de la révolu-tion ; on doit la regarder comme subite &comme miraculeuse dans ía cause autant quedans son ester.

Mais il faut bien s’y résoudre , puifqu’ilest certain que la progreffiqn naturelle des

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changèmens qui arrivent aux langues n’opere ,& ne peut jamais opérer la confusion entreles hommes qui parlent originairement lamême. St un particulier altéré l’ufage com-mun , son expression est d’abord regardéecomme une faute , mais on l’entend ou onle fait expliquer : dans l’un ou l’autre cas ,on lui indique la loi fixée par l’ufage , ou dumoins on se la rappelle. Si certe faute parti-culière , par quelqu’une des causes acciden-,telles qui font varier les langues , vient àpasser de bouche en bouche & à se répéter,elle cesse enfin d’être faute , elle acquiert-f autorité de i’uíage , elle devient propre àla même langue qui la condamnoit autre-fois ; mais alors même on s’enrend encore ,puiíqu’on fe répete. Ainsi entendons-nousles écrivains du íiecîe dernier , fans apper-cevoìr entr’eux & nous que des différenceslégeres qui n’y causent aucune confusion /ils entendoienc pareillement ceux du siécleprécédent qui étoient dans le même cas àfégard des auteurs du siécle antérieur , &.ainh de fuite jusqu’au temps de Charlema-gne , de Clovis , si vous voulez , ou mêmejufqu’aux plus anciens Druides , que nousíi’entendons plu?. Mais si la vie des hom-mes étoit assez longue pour que quelquesDruides vécussent encore aujourd’hui , quela langue lût changée, comme elle í’est , ouqu'elle ne le fût pas, il y auroit encore in-telligence entr’eux & nous , parce qu’ils au»roien c été assujettis à céder au torrent desdécisions des usages des difterens siécles.Ainsi c’est une véritable illusion que de vou-loir expliquer , par des causes naturelles, unévénement qui ne peut être que miraculeux,D’autres auteurs , convaincus qu’il n’yavoir point de cause assignable dans Tordrenaturel, ont voulu expliquer en quoi a puconsister îa révolution étonnante qui fit aban-donner l’entreprise de Babel. „ Ma pensée,,, dit du Tremblai, Traite des langues, cb,,, t j, est que Dieu disposa alors les organes,, de ces hommes de telle maniéré ^ ‘f ue,, iorsqu’ils voulurent prononcer les mots„ dont ils avoient coutume de fe servir , ils>, en prononcèrent de tout diffçrens pour„ signifier les choses dont ils voulurent par-,, 1er. En forte que ceux dont Dieu voulut,, changer la langue, fe foimçrent des mots,, tout nouveaux , en .articulant leuç voix