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Tome dix-neuvième.
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dans soft original des parties,un ordre & uneproportion entre ces parties : ainfi il n’y aque l’analyse de la pensée qui puiííè êtrel’objet naturel & immédiat de l’image sen-sible que la parole doit produire dans toutesJe s langues ; St il n’y a que l’ordre analyti-que qui puine- régler Perdre & la propor-tion de cette Image successive & fugitive.Cette réglé eíî sure, parce qu’elîe est immua-ble , comme la nature même de l’esprithumain , qui en est la source & le principe.Son influence sur toutes les langues est aussinécessaire qu’universelle : sans ce prototypeoriginal & invariable, il ne pourroit y avoiraucune communication entre les hommesdes différens âges du monde-, entre les peu-ples des diverses régions de la terre , pasmême entre deux individus quelconques,parce qu’iîsn’auroientpas un terme immua-ble de comparaison pour y rapporter leursprocédés respectifs.

Mais au moyen de ce terme commun decomparaison , la communication est établiegénéralement par-tout, avec les feules dif-ficultés qui naissent des différentes maniérésde peindre le même objet. Les hommes quiparlent une même langue s’entendent en-tr’eux , parce qu’ils peignent le même ori-ginal , fous le même aspect j, avec les mêmescouleurs. Deux peuples voisins , comme lesFrançois & les Italiens , qui, avec des motsdifférens, suivent à peu-présune même cons-truction , parviennent aisément à entendrela langue les n n s'des autres , parce que lesuns & les autres peignent encore le mêmecriginal & à peu-prês dans la même atti-tude , quoiqu’avec des couleurs différentes.Deux peuples plus éloignés , dont les mots& la construction diffèrent entièrement ,comme les François , par exemple , & lesLatins, peuvent encore s’entendre récipro-quement , quoique peut-être avec un peuplus de difficulté ; c’est toujours la mêmeraison ; les uns & les autres peignent lemême objet original, mais dessiné & coloriédiversement.

L’ordre analytique est donc le lien uni-versel de la communicabilité de toutes leslangues & du commerce de pensées , quiest Pâme de la société : c’est donc le termedù il faut réduire toutes les phrases d’unelangue étrangère dans l’intçlligence de 1«-

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! quelle on veut'faire quelques progrès sûrs Jraisonnés & approfondis ; parce que tout lereste n’est , pour ainsi dire , qu’une affairede mémoire , où il n’est plus question quede s’astìirer des décisions arbitraires du bonusage. Cette conséquence, que les réflexion rsuivantes ne feront que confirmer & déve-lopper davantage , est le vrai fondement dela méthode-pratique que je propose ailleurs,

( article Méthode ) pour la langue latine,qui est le premier objet des études publiques& ordinaires del’Europe;& cette méthode,k cause de l’universalité du principe , peutêtre appliquée avec un pareil succès à toutesles langues étrangères,mortes ou vivantes,que l’on se propose d’étudier ou d’enseigner.:

Voilà donc ce qui se trouve universelle-ment dans l’esprit de toutes les langues ; lasuccession analytique des idées partielles quiconstituent une même pensée, & les mêmesespeces de mots pour représenter les idéespartielles envisagées fous les mêmes aspects.Mais elles admettent toutes , fur ces deuxobjets généraux, des différences qui tiennentau génie des peuples qui les parlent, & quifont elles-mêmes tout à la fois les principauxcaractères du génie de ces langues , &. lesprincipales sources des difficultés qu’il ya à traduire exactement de Pu ne en Pautre.

i°. Par rapport à l’ordre analytique , il ya deux moyens par lesquels il peut êtrerendu sensible dans I’énonciation vocale dela pensée. Le premier , c’est de ranger lesmots dans I’élocutíon,selon le même ordrequi résulte de- la succession analytique desidées partielles : le second , c’est de donneraux mots déclinables des inflexions ou des.terminaisons relatives à l’ordre analytique ,& d’en régler ensuite l’arrangement dansPélocution , par d’autres principes capablesd’ajouter quelque perfection à Part de laparole. De-Já la division la plus universelledes langues en deux especes générales , queM. P abbé Girard ( Princ. dise. I. tom. spag. 2-j. ) appelle analogues & transpos-âmes , Sc auxquelles je conserverai les mernesnoms , parce qu’ils me paroissiens en carac-tériser très-bien le génie distinctifLes langues analogues font celles dontla syntaxe est soumise à Perdre analytique ,parce que la succession des mots,dans le dis-cours , y fuit la gradation analytique des