Band 
Tome dix-neuvième.
Seite
577
JPEG-Download
 

LAN

cffvoyé des colonies aííez considérablespour dépeupler leur patrie.

Mais la translation du siégé de l’empireromain à Bysance,attira dans cette nouvellecapitale un grand nombre de familles ambi-tieuses , & insensiblement les principalesforces de l’Italie. Les irruptions fréquentesdes barbares de toute espece qui l'inonde-rent successivement & y établirent leur do-mination, diminuèrent sans cesse le nombredes naturels ; & le despotisme de la plupartde ces conqnérans acheva d’impofer a la po-pulace , que leur fureur n'avoir pas daigneperdre , la nécessité de parler Je langage desvictorieux. La plupart de ces barbares par-loient quelque dialecte du celtique , quiétoit le langage le plus étendu de l’Europe ;& c’est d’ailleurs un fait connu que les Gau-lois eux-mêmes ont conquis & habité unegrande partie de Tltalie , qui en a reçu lenom de Gaule cis-alpine. Ainsi la langueitalienne moderne est encore entée fur lemême fonds que la nôtre ; mais aveccette différence, que ce fonds nous est natu-rel , & qu’iî n’a subi entre nos mains que leschangeraens nécessairement amenés par lasuc tesson ordinaire des temps St des con-jectures ; au lieu que c’est en Italie un fondsetranger , & qui n’y fut introduit dans son° n gine que par des causes extraordinaires

^dolentes. La chose est si possible autre-rnenc î qu e 5 f U pp 0 s(í la construction analo-gue usitée dans la Lingue primitive , il n’estplus possible d’expliquer l’origine des lan-§ Líe f. s^ffposirives , fans remonter juiqu’àla divin on miraculeuse arrivée à Babel : &cette remarque , développée autant qu’elíepaut l'etre , peut être mise parmi les motifsde crédibilité qui établissent la certitude dece miracle.

2-0. Pour ce qui concerne les différentesespeces de mots, une même idée spécifiqueles caractérisé dans toutes les langues , parce 1que certe idée est le résultat; nécessaire deí’analyfe de fa pensée , qui est nécessaire- |ment la même par-tout : mais, dans le détail Ides individus, on rencontre des différencesqui font les fuites néceslaires des circons-tances cù fe sont trouvés les peuples quiparlent ces langues -, & ces différences cons-tituent un second caractère distmctif du£enìe des langues.

sso.vicàs

-

T 77

LAN ?/j

Un premier point, en quoi elles diffé-rent à cet égard , c’est que certaines idéesne font exprimées par aucun terme dans unelangue , quoiqu’elles aient dans une autredes signes propres & trcs-énergiques. C’estque la nation qui parle une de ces langues ,ne s’est point trouvée dans les conjecturespropres à y faire naître ces idées, dont l’au-tre nation au contraire a eu occasion d’ac-querir la connaissance. Combien de termespar exemple , de la tactique des anciens ,soit grecs , soit romains , que nous ne pou-vons rendre dans la nôtre , parce q« e nousignorons leurs usages ì Nous y suppléons denotre mieux par des descriptions toujoursimparfaites ; ou , si nous voulons énoncerces idées par un terme ? nous le prenonsmatériellement dans la langue ancienne dontil s’agit , en y attachant les notions incom-plettes que nous en avons. Combien au con*traire n’avons-nous pas do termes aujour-d’hui dans notre langue , qu’il ne feroít paspossible de rendre ni en grec , ni en latin ,parce que nos idées modernes n’y étoientpoint connues ? Nos progrès prodigieuxdans les sciences de raisonnemen.s . cal-cul , géométrie , méchanique, astronomie,métaphysique , physique expérimentale ,histoire naturelle , €’c. ont mis dai-is nosidiomes modernes une richesse d’expr< fi-stons,dont les anciens idiomes ne pouvoitntpas même avoir sombre. Ajoutez-y nos ter-mes de verrerie , de vénerie , de manne ,de commerce , de guerre , de modes , dsreligion , ct c. & voilà une source prodi-gieuse de différences entre les langues mo-dernes & les anciennes.

Une seconde différence des langues , parrapport aux diverses especes de mots, vientde la tournure propre de 1 esprit nationalì de chacune d’elles, qui fait envisager di-? versement les mêmes idées. Ceci demanded’êcre développé. Il faut remarquer dans lasignification ces mors deux sortes d’idéesconstitutives ; l’idée spécifique & Pidée in-dividuelle. Par Pidte spécifique de la signi-fication des mots, j’entends le point de vuegénéral qui caractérise chaque espece demots, qui fait qu’un mot est de telle especeplutôt que de telle autre , qui par confé-ïfiient convient à chacun des mots cie la mô-me espece , & ne convient qu’aux mots dr

D ddd