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Tome dix-neuvième.
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n’avoít pas assez examiné , attribue à Chau-cer la gloire d’avoir trouvé le premier lerithme anglais , ou la prosodie de sa lan-gue • d’avoir le premier fait usage des rimesaisées & naturelles ,• d’avoir perfectionnéY anglais en l’enrichissant à propos d’ungrand nombre de mots empruntés des lan-gues les plus polies du continent. Skinnerle blâme au contraire , de la maniéré la plusflore, d’avoir corrompu fa langue mater-nelle par l’alliage d’un grand nombre demots étrangers. Que ce foie à tort ou avecraison, il est sûr qu’encore aujourdhui tousles écrivains anglois, plus occupés des cho-ses que de la façon de les rendre , tiennentpeu de compte de la perfection du langage ,& n’envisagent les mots que relativementau besoin qu’ils en ont pour exprimer leurpensée, & non relativement à l’effet queleur arrangement & leurs rapports peuventproduire. Tout terme , soit latin, soit fran-çois , soit italien , qui paroît à l’Anglois leplus propre à rendre son idée , est acquisà fa langue qui l’admet fur le champ, fansmême se soucier de le fléchir par des termi-naisons analogues. Te! est le génie de cettelangue , elle admet aisément toutes les for-mes des autres , & se plie avec une condes-cendance excessive au caractère, aux besoins,aux caprices de chaque écrivain. Revenonsa Gower : ses œuvres offrent cette cadenceharmonieuse ; ces rimes aisées dont on at-tribue gratuitement l’invention à Chaucer :on y trouve ces mots étrangers, ces motslatins , ces mots françois , bon ou mauvais,assemblage dont on rend Chaucer responsa-ble. Celui-ci peut bien avoir introduit quel-ques innovations dans fa langue, commeon avoit fait avant lui, sur-tout dans Pen-sante de la poésie anglaise. Mais les œuvresde Gower & de Lydgade prouvent incon-testablement que la diction de Chaucer futen général semblable à celle de ses contem-porains, qu’il la perfectionna feulement parla poeíie, par !e choix & la disposition dumetre & des rimes , en quoi il semble avoirété aussi heureux que judicieux.

Fontescue , qui écrivoit sous le régné deHenri VI, &• qui^a composé la plupart deses ouvrages âpres Pan 147,1 , dans la re-traite , sert à montrer quel etoit Pétat de !aI«ngue anglaise à la fin du quinzième siecle.

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Áu temps de Thomas More , la langue étoicpresque formée. Skelton , poète lauréat deHenri VIII, florissoit dans le même temps*Mais fauteur le plus pur & le plus célébré'de ce régné , fut le comte de Surry. Ladiction de Barclay qui écrivait vers le milieudu xvi e . siecle , n’a presque plus rien d’an-tique, fí ce n’est P orthographe, reste de Pan-cienne barbarie qui f e remarque aussi dans'les écrits du docteur Wilson , en 1553 , au-teur aussi renommé par l’élégance de sonstyle , que par Pétendue de son savoir.

Nous voilà insensiblement parvenus autemps de la reine Elisabeth , époque où l’onfixe la formation entiere de la langue an-glaise. II serait peut-être à propos de mon-trer les différens changemens qu’clle a es-suyés & fa métamorphose, par des exemplestirés des ouvrages qui or,t été composésdans ses différentes révolutions; ces longuescitations anglaises n’entrent point dans no-tre plan ; & l'on peut consulter là-destus legrand dictionnaire anglois de M. Johnson,en 2 vol. in-folio. On y trouvera des échan-tillons de la langue anglaise dans les diverspériodes depuis Alfred le grand jusqir’autemps de la reine Elisabeth. Ce dictionnaireest sans contredit le plus régulier, le pluscomplet, le plus savant que nous ayions enanglois. L’auteur qui, dans plusieurs autresouvrages , s’est montré philosophe profond ,littérateur solide, écrivain poli & correct ,soutient ces trois caractères dans son dic-tionnaire. C’est le fruit d’une lecture im-mense. Les exemples y sont abondans; maisils ,n’y sont pas accumulés fans defTein : ilsprésentent des significations variées, ou dumoins des nuances du même sens. Ici le motest appliqué aux personnes, & là aux choses.Un passage le montre pris en bonne partun autre en mauvaise , un troisième en unsens indifférent. Celui-ci tiré d’un auteurancien , constate Pauthenticité du motcelm-la tire d un moderne , en prouve l’é—légance. Une autorité douteuse est confir-mée par une plus forte; une phrase ambiguëest éclaircie par un passage clair & déter-miné ; le terme paroît dans divers régimes& avec des associations différentes , & cha-que association contribue en quelque choseà fixer & á perfectionner la langue. Ce dic-tionnaire , par Pabondance & le choix dçs