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Tome dix-neuvième.
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bíe prouver que dans des temps do ! antiqui-té la plus reculée,l’Apennin a été une chaînede volcans dont les éruptions ont cesté. Sui-vant ce savant voyageur , la pierre qu’ontire des carrières du voisinage de Rome estune véritable lave que l’on prend communé-ment pour une pierre ordinaire. La fameusevoie apienne , à en iuger par ce qui enreste , paroît avoir été faite de lave. La pri-son tullienne , que l’on regarde comme leplus ancien édifice de Rome, est bâtie d’unepierre qui, ainsi que le tevertino ou la pierrede Tivoli, semble être une vraie lave oupierre formée par les volcans. De toutesces observations, M. de la Condamine con-clut que „ ces plaines, aujourd’hui riantes &„ fertiles, couvertes d’oliviers , de mûriers,, & de vignobles , ont été, comme les có-„ teaux du Vésuve, inondées de flots brû-„ lans,& portent,comme eux,dans leur sein,» non-seulement les traces de ces torrensde» feu, mais leurs flots mêmes refroidis &,, condensés, témoins irrécusables de vastes>3 embrasemems antérieurs à tous les monu-r> mens historiques ».

Ce n’est point seulement pour l’Italie queces réflexions doivent avoir lieu , plusieursautres pays font dans le même cas, & l'on ybâtit avec de la lave , fans se douter de lacause qui a produit les pierres que l’on em-ploie à cet usage , & sans savoir qu’il y aiteu anciennement des volcans dans le paysoù ces pierres se trouvent. En effet, il y abien des pierres à qni la lave reíîèmble ; &il est aisé, suivant ce qu’on a dit, de la pren-dre quelquefois pour du marbre, ou pour dela serpentine , ou pour quelques pierres po-reuses assez communes. M. Guettard,de l’a-cadémie des sciences, a reconnu que despierres trouvées en Auvergne, fur le Puitsde Dôme & fur le mont-d’Or, étoient de lavraie lave , semblable à celle du Vésuve &de l’Ecna. M. de la Condamine présume quela pierre dont on bâtit à Clermont Sn Au-vergne , est de la même nature que celle deTivoli dont on a parlé. Voye\ le Mercureáumois de Septembre ij£j , & les mé-moires de Vacadémie royale des Sciences ,ann. i JAZ& *757-.( )

Ces découvertes doivent exciter l'atten-tion des naturalistes , & les engager a consi-dérer plus soigneusement certaines pierres

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qu’ils n S soupçonnent point d’être de la laveou des produits des volcans, parce que l’his-toire ne nous a quelquefois point apprisqu’ií y ait eu jamais de volcans dans les can-tons ou on les trouve. Voyez Vol-cans.

LAVE, f.s. ( Minéral. Art méchan.C ouvreur. ) sorte de pierre plate oui sedétaché a,semeur, & qm c c t ; re à décou-vert des carrières dont elle forme la su-perficie; souvent la lave recouvre une pierreépaisse , quelquefois un roc vif, & d’autresfois encore un gros fi-ble appîani. On trouvedes carrières de lave dans des lieux élevés ,à mi-côte , quelquefois même jusqu’au piédes montagnes & dans des plaines : presquetoute la partie de la Bourgogne, qui est con-nue fous le nom de bailliage de la Monta-gne ou de Chatillon , a des carrières delave dans les lieux les plus élevés ; la plainede Chanceru en est toute couverte. II y ena auílì en Franche-Comté , en Champagne& en Lorraine. Dans toutes ces provinces,on s’en sert pour couvrir les maisons avecd’autant plus de profit, que cette espeee decouverture, qui coûte peu , est très—solide-

A la suite de l’^rr du Couvreur , décritpar M. Duhamel du Monceau , on trouveun Traité de la couverture en lave , pat M.le marquis de Courtivron.

Après avoir donné la construction descouvertures en chaume, en tuile, en ardoise& en bardeau, au mot COUVERTURE ,il est à propos de traiter ici de la couver-ture en lave, pour ne rien omettre de cequi concerne les différentes especes de cou-vertures , & compléter fart du couvreur.Nous suivrons le Traité de M. de Courti-vron, en {'abrégeant.

La lave se tire des carrières en tablesplus ou moins grandes, avec une épaisseurdifférente ; mais le tireur les réduit à un piédix huit pouces, ou deux pies de longueurtout au plus, fur autant dé largeur, & ne luilaiste jamais plus d’un pouce d’épaisseur :elle peut s’employer avec quatre à cinq li-gnes d'épaisseur & toutes les autres dimen-sions intermédiaires. ■ Au sortir de la' car-rière , on la dispose par petits tas arrondis ,rangeant les laves irrégulièrement les unessor les'autres, <Sc laissant un vuide au milieu