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Tome dix-neuvième.
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i’esprit & beaucoup d’inconséquence ; ilsfont conduits par le moment ; ils oublientJe temps, & sacrifient la vie à un seul jour.

Le caraïbe pleure !e soir du regret d’avoîr-vendu le matin son lit pour s’emvrer d’eau-

de-vie. , . ,,

On doit dans le nord, pour pourvoir a desbesoins qui demandent plus de combinaisonsd’idée, de persévérance & d’industrie, avoirdans l’eípnt plus de fuite, de réglé , de rai-íonnemens & de raison ; on doit avoir danslemidi des enthousiasmes subits, des ernpor-temens fougueux, des terreurs paniques ,des craintes & des eíperances fans fonde-ment.

Il faut chercher ces influences du climatchez des peuples encore sauvages , & dontles uns soient situés vers l’équateur & lesautres vers le cercle polaire. Dans les cli-mats tempérés, & parmi des peuples qui nefont dístans que de quelques degrés , les in-fluences du climat font moins sensibles.

Le législateur d’un peuple sauvage doitavoir beaucoup d’égard au climat , & recti-fier ses essets par la législation , tant parrapport aux subsistances, aux commodités ,que par rapport aux mœurs. II n’y a pointde climat, dit M. Hume , où le légiflateurne puiíîè établir des mœurs fortes , pures ,sublimes, foibles & barbares. Dans nos paysdepuis long-remps policés , le légiflateur ,fans perdre le climat de vue , aura plusd’-égard aux préjugés , aux opinions , auxmœurs établies ; & selon que ces mœurs ,ces opinions, ces préjugés répondent à sesdesseins ou leur font opposés , il doit lescombattre ou les fortifier par ses lois. 11 fautchez les peuples d’Europe chercher les cau-ses des préjugés , des usages, des mœurs &de leurs contrariétés , non-seulement dansle gouvernement fous lequel ils vivent, maisausti dans la diversité des gouvernemensfous lelquels ils ont vécu , & dont chacun alaissé fa trace. On trouve parmi nous desvestiges ^. es aRCieR s Celtes ; on y voit desusages qui nous viennent des Romains ;d’autres nous ont ete apportés par les Ger-mains, par les Anglois, par les Arabes, &c.

Pour que les hommes sentent le moinsqu’il est possible qa’ils ont perdu des deuxavantages de l’état de nature, Légalité .

^indépendance, le , âans tous les

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climats, dans toutes les circonstances, danstous les goiiverfiemens, doit se proposer dechanger l’esprit de propriété en esprit decommunauté : les législations font plus oumoins parfaites , selon qu’elles tendent plusou moins à ce but ; & c’est à mesure qu’ellesy parviennent le pl us , qu’elles procurentle plus de sécurité & de bonheur possibles.Chez un peuple ou régné l'efprit de com-munauté , 1 ordre du prince ou du magistratneparoît pas l’ordre de Ja patrieTchaquehomme y devient , comme dit Metastaze :compagno delle legge e nonseguace : Fanii& non Vesclave des lois. L’amour de la pa- *trie est le seul objet de passion qui unisse lesrivaux ; il éteint les divisions ; chaquecitoyen ne voit dans un citoyen qu’unmembre utile à l’état ; tous marchent en-semble & contens vers le bien commun ;l’amour de la patrie donne le plus noble detous les courages : on fe sacrifie à ce qu’onaime. L’amour de la patrie étend les vues, ,parce qu’il les porte vers mille objets quiintéressent les autres : il e'ieve lame au-des-sus des petits intérêts , il l'épure, parcequ’il lui rend moins nécessaire ce qu’elle nepourroit obtenir fans injustice ; il lui donnel’enthousiasine de la vertu : un état animéde cet esprit ne menace pas les voisins d’in-vasion, fiì ils n’en ont rien à craindre. Nousvenons de voir qu’un état ne peut s’etendrefans perdre de fa liberté , & qu’â mesurequhl recule ses bornes , il faut qu’il cedeune plus grande autorité à un plus petitnombre d’hommes, ou à un feu!, jusqu’à cequ'enfin devenu un grand empire , les lois,la gloire & le bonheur cîes peuples aillent feperdre dans le despotisme. Un état où régnél’amour de la patrie craint ce malheur leplus grand de tous, reste en paix & y laisseles autres. Voyez les Suisses , ce peuplecitoyen : respectés de ì’Europe entiereentourés de nations plus puissantes qu’eux 'ils doivent leur tranquillité à l’eftirqe & à lâconfiance de leurs voisins , qui connoiílèncleur amour pour la paix, pour la liberté &pour la patrie. Si le peuple où régné cetesprit de communauté ne regrette pointd’avoir soumis la volonté générale, voyezDroit naturel s’ii ne sent point lepoids de !a loi , il sent encore moins celuides impôts ; il paie peu , il paie avec joje«E e e e e z