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Tome dix-neuvième.
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Ces écailles colorées , nacrées , pins oumoins éclatantes, font disposées fur lesquatre ailes des lépidoptères par bandes,par raies , en zones , en rubans , en bor-dures , en ronds, en points, d’une ma-niéré uniforme , pour les individus de cha-que efpece. D’une chrysolide de telle che-nille il sortira constamment un insecte ailé ,dont les ailes seront nécessairement mar-quées de telles couleurs avec tels pointsou taches. Rien n'est ici l’efFet du hasard.En faisant éclorre les œufs de tel papillon ,on fait- déjà de quelle figure & de quellecouleur fera la chenille , de quelle formela chrysalide , de quelles couleurs le pa-pillon.

L’extrêmité de ces écailles qui est atta-chée à l’aile ou au corcelet de l’insecte , setermine en pointe qui tient au nervures dcl’aile : elles vont en s'élargissant de cettepointe , & se recouvrent îes unes les autresà peu-près comme les tuilles ou les ardoisesd’un toit ou les écailles de quelques poissons.

Tels font les caractères communs aux pa-pillons, aux phalènes,auxteignes, aux sphinx,aux ptérophores qui forment l’ordre des lé-pidoptères , & auxquels le vulgaire donneindistinctement le nom général d e papillons,méconnoissant d’ailleurs les plus petites es-pèces , qu’il confond avec les mouches : carles insectes de cet ordre ont de vol,ou à aillesétendues , depuis moins d’une ligne jusqu’áplusieurs pouces de largeur.

II. Description. La tête de ces infectesest ordinairement petite , ornée de deuxantennes, ou tentacules, différemment for-mées, selon lesgenres;pourvue de deux yeuxà facettes ou en réseaux , accompagnés detrois autres qui font lisses. En place de bou-che , ils ont pour la plupart, peut-être tous,une trompe faite pour sucer, composée dedeux lames concaves , propres à agrandireu à resserrer le canal, à la volonté de ra-nimai , & à faciliter ainsi la sucion.

Le corcelet est recouvert de plusieurspieces fortes & écailleuses , unies ou sou-dées ensemble , & cela étoit nécessaire ,parce que les ailes & les pattes dévoientêtre affermies dans cette partie du corps.

Aux côtés du corcelet se trouvent deuxstigmates pectoraux, organes de la respira-

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tion , donc l’orifice est garanti par despoils.

Par - dessous font attachées six pattes ;dans quelques efpeces on n’en apperçoit quequatre : on les nomme pour cette raisontétrapes , & à ceux-ci se voient deux autresmembres antérieurs , plus courts, couvertsd'un duvet de poils ; font-ce des bras ? onen ignore l’usage ; l'insecte les tient appli-qués contre son col, quand il marche ; ilsforment à plusieurs efpeces un sorte depalatine. Dans les autres , les six pattesordinairement écailleuses , font composéesde trois parties principales, la cuisse , lajambe, & le tarse, terminées par des griffesou crochets.

Au corcelet tiennent encore par-destusles deux ailes supérieures , plus grandes , &!es deux inférieures toujours plus petites "le port, la forme & les couleurs varientselon les efpeces. M. I.yonet a vu des pa-pillons à six ailes ; ce seroit encore un nou-veau genre à part. La partie membraneuse-de ees ailes est composée de deux mem-branes , entre lesquelles se trouvent insé-rées les nervures & une multitude de vais-seaux. Quel appareil admirable 1

Les femelles de quelques-uns de ces in-fectes légers paroissent manquer d'ailes :elles reílèmblent à de gros vers lourds , àsix pattes. A la place de quatre aises ondécouvre les moignons de petites ailes, fi-gurées comme celles des mâles de l’efpece,mais qui ne peuvent servir pour voler. Quelest donc leur usage ? on l’ignore.

Le ventre est plus grêle & plus long dansles mâles , plus court & plus gros dans lesfemelles , mais différemment conformé fé-lon les eípeces j ordinairement composéen tout de neuf anneaux, pourvus chacunde deux stigmates , excepté au dernier an-neau.

Les parties sexuelles font placées à l’ex-trémité du ventre, & quelques efpecessemblent ne vivre sous leur derniere formeque pour multiplier l’cspece \ les mâles pourféconder les œufs dans la matrice de la fe-melle, celle-ci pour les pondre & l es P^ ceren sûreté ; & l’un & l’autre mentent bien-tôt sans avoir presque ulé d’aucune nourri-ture. La phalène du ver-i-soíe , par exem-ple , a une trompe si courte , qu elle ne pa»