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Tome dix-neuvième.
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ìa liberté, je dirai mieux, son ombre même,r.e s’y trouve pas plus en Ruílìe. Des parolesne deviennent des crimes que lorsqu’ellesaccompagnent une action criminelle, qu’el-lcs y font jointes, ou qu’elles la suivent. Onrenverse tout, fi l’on fait des paroles uncrime capital.

Les écrits contiennent quelque chose deplus permanent que les paroles ; mais lors-qu’ils ne préparent pas au crime, de lese-rna-jefié , on en fait plutôt dans la monarchieun sujet de police , que de crime. Ils peu-vent ces écrits , dit M. de Montesquieu ,amuser la malignité générale , consoler lesmécontens, diminuer l’envie contre les pla-ces , donner au peuple la patience de souf-frir , & le faire rire de ses souffrances. Siquelque trait va contre le monarque, ce quiest rare , il est si haut que le trait n’arrivepoint jusques à lui : quelque décemvir en estpeut-être effleuré, mais ce n’est pas un grandmalheur pour l’état.

Je ne prétends point diminuer par cesréflexions , l’indignation que méritent ceuxqui par des paroles ou des écrits, cherche-roient à flétrir la gloire de leur prince ",mais une punition correctionnelle est fansdoute plus convenable que toute autre. Cé-sar se montra fort sage , en dédaignant dese venger de ceux qui avoient publié deslibelles diffamatoires très-violons contre fapersonne ; c’est Suétone qui porte ce juge-ment : fi quce dicerentur advershsfe , inhi-be re maluit quàm vindicare, Aulique Ce-cinnjs criminofififimo iibro , & Pitholaicarminibus , laceratam exiflimationemsuatn , civili animo tulit. Trajan ne voulutjamais permettre que l’on fît la moindrerecherche contre ceux qui avoient malicieu-sement inventé des impostures contre sonhonneur & sa conduite : quafi contentasejset magnitudine suâ , quâ nulli magiscaruerunt , quàm qui fibi majeftatem vin-dicarent , dit si bien Pline le jeune. Voye ^le mot Libelle.

Rien ne fut plus fatal à la liberté romai-ne , que la loi d’Auguste , qui fit regardercertains écrits comme objets du crime delese-majefté. CremutiusCordusen fut accusé,parce que dans ses annales , il avoir appelléCassius le dernier des Romains. Mais ceseroit être vraiment criminel, j ai pense

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dire vraiment coupable du crime de lese-majejlé , que de corrompre le pouvoir duprince , jusqu’à lui faire changer de nature yparce que ce seroit lui ôter tout ensembleson bonheur , sa tranquillité , sa sûreté ,l’affection , l’obéissance de ses sujets.

f™ 11 ? par un trait bien singulier de no-tre histoire ; Montgommeri pris les armesa la main dans Domfront, fut condamné àla mort en 1^74 comme criminel de lèse-majesté. On fait que quinze ans auparavanCil avoir eu le malheur de tuer Henri II dansun tournois, & cet ancien accident le con-duisit fur l’échafaut ^ car pour le crime delese-majefié dont on l’accusoit par sa prised’armes, il ne pouvoir en être recherché ,en vertu de plusieurs édits , & sur-tout de-puis la derniere amnistie ; mais la régentevouloir fa mort à quelque prix que ce fût,& l’on lui accorda cette satisfaction. Exem-ple mémorable, dit de Thou , pour nousapprendre que dans les coups qui attaquentles têtes couronnés, le hasard seul est crimi-nel , lors même que la volonté est la plusinnocente. ( D. J. )

Lese - Majesté , ( Jurìsprud. ) il y acrime de lese-majejlé divine & lese-majejléhumaine.

Le crime de lese-majefté divine est uneoffense commise directement contre Dieu ,telles que l’apostasie, î’hérésie, sortilège ,simonie , sacrilège & blasphème.

Ce crime est certainement des plus dé-testables , aussi est-il puni grièvement , Scmeme quelquefois de mort , ce qui dépenddes circonstances. Quelques-uns ont penséque ce n’étoit pas un crime public , & con-séquemment que les juges de seigneurs enpouvoient connoître ; mais le bien de l’étatdemande que le culte divin ne soit pointtroublé ; on doit regarder ce crime de lese-majefté divine comme un cas royal.

Le crime de lese - majesté humaine estune offense commise contre un roi ou autresouverain : ce crime est aussi très - grave ,attendu que les souverains font les imagesde Dieu fur terre, & que toute puistàncevient de Dieu.

En Angleterre on appelle crime de hautetrahison , ce que nous appelions crime delese-majejlé humaine.

On distingue, par rapport au crime ds