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(mais plus sensément) à notre formule,votre très-humble serviteur.
S’il s’agifloitde donner des exemples deleurs lettres , je vous citerois d’abord cellede Philippe à Aristote , au sujet de la nais-sance d'Alexandre.
„ Vous savez que j’ai un 61s ; je rends,, grâces aux dieux , non pas tant de me,, savoir donné , que de me savoir donné»> du vivant d'Aristote. J’ai lieu de me pro-„ mettre que vous formerez en lui un fuc-r> testeur digne de nous , & un roi digne,, de la Macédoine ». Aristote ne remplitpas ma! les espérances de Philippe. Voici lalettre que son éleve devenu maître dumonde, lui écrivit sur les débris du trône deCyrus.
» J’apprends que tu publies tes écrits» acromatiques. Quelle supériorité mer> reste-t-il maintenant sur les autres hom-» mes? Les hautes sciences que tu ni’as en-„ seignées, vont devenir communes ; & tu» n’ignores pas cependant, que j’aime en-» core mieux surpasser les hommes par Ja>3 science des choses sublimes, que par la,3 puissance. Adieu 33.
Les Romains ne firent qu’imiter les for-mules des Grecs dans leurs lettres ; ellesfinistòient de même par le motv ale, por-te^-vous bien , elles commençoient sem-blablement par le nom de celui qui les écri-vroit, & par celui de la personne â qui ellesétoient adressées. On obscrvoit seulementJorsqu’on écrivoit à une personne d’un rangsupérieur , comme à un consul ou a unempereur , de mettre d'abord le nom duconsul on de I’empereur.
Quand un consul ou empereur écrivoit,il mettoit toujours son nom avant celui dela personne à qui il écrivoit. Les lettresdes empereurs , pour les affaires d’impor-tan ce étoient cachetées d’un double cachet.
Les successeurs d’Auguste ne se conten-tèrent pas de souffrir qu’on leur donnât letitre de seigneurs , dans les lettres qu’oniev.c adrefiòit , mais ils agréèrent qu’onjoignît à leur nom les épithetes magnifi-ques de très-grand , très-auguste , très-débonnaire , invincible & sacré. Dans leCorps de la lettre , on employoit les termesde votre clémence , votre piété , & autressemblables. Par cette nouvelle introduction
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de formules inouïes jusqu’alors, il arrivaque le ton noble épiíîolaire des Romains,fous la république, ne reconnut plus fous lesempereurs d’autre style , que celui de labassesse & de la flatterie.
Lettres des Sciences, ( Linérat. )I usage d’écrire des lettres , des épîtres,n r- s > des missives , des dépêches ,est austi ancien que récriture , car on nepeut pas douter que dès que les hommeseurent trouvé cet art, ils n’en aient pro-fité pour communiquer leurs pensées à despersonnes éloignées-Nous voyons dans l’I_liade , liv. VI. v. 6f], Beîlerophon porteruse lettre de Proëtus à Jobatès. II seroitridicule de répondre que c’étoit un codi-cile , c’est-à-dire de simples feuilles de boiscouvertes de cire , & écrites avec uneplume de métal : car quand on écrivoitdes codiciles , on écrivoit fans doute deslettres , & même ce codicile en íéroit uneessentiellement, si la définition que donneCicéron d’une épitre est juste , quand ildit que son usage est de marquer à la per-sonne à qui elle est adressée , des chosesqu’il ignore.
Nous n’avens de vraiment bonnes let-tres que celles de ce même Cicéron &d’autres grands hommes de son temps,qu’on a recueillies avec les siennes & leslettres de Pline ; comme les premieres sur-tout sont admirables &: même uniques, j’eí-pere qu’on me permettra de m’y arrêterquelques momens.
II n’est point d’écrits qui fassent tant deplaisir que les lettres des grands hommes ;elles touchent le cœur du lecteur . en dé-ployant celui de l’écrivain. Les lettres desbeaux génies , des savans profonds , deshommes d’état_ sont toutes éstimées dansleur genre différent; mais il n J y eut ja-mais de collection dans tous les genreségffe à celles de Cicéron , soit qu’on con-sidéré la pureté du style , l’importance desmatières ou l’etninence des personnes quiy íont intéressées.
Nous avons prés de mille lettres de Cicé-ron qui subsistent encore , & qu’il fit aprèsì’âge de quarante ans ; cependant ce grandnombre ne fait qu’une petite partie,non-seu-lement de celles qu’il écrivit,mais même decelles qui furent publiées après fa mort par