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Tome dix-neuvième.
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La liaison la plus intima est ce!Ie de .lacause avec !'este t ; car elle produit la dépen-dance d’exisience; mais il y en a encore plu-sieurs autres , comme celles de la fin avecle moyen , de Tattribut^ avec le sujet, deî’estence avec ses propriétés , du signe avecía chose signifiée , &c. sur quoi il faut re-marquer qué la liaison de la fin avec lesmoyens, suppose nécestàirement une intel-ligence qui préside à l’arrangement, & quilie tout à la fois l’efFet avec la cause qui leproduit, & avec sa propre intention. Dansune montre , par exemple , le mouvementde l’aiguille est lié d’une double maniéré ;savoir, avec la structure même de la montre,& avec l’intention de l'ouvrier.

L’univers entier est rempli de ces liaisonsfinales , qui annoncent la souveraine intelli-gence de son auteur. Le soleil éleve les va-peurs de la mer , le vent les chaste au-dessusdes terres, elles tombent en pluie ; & pour-quoi ? Pour humecter la terre & faire ger-mer les semences qu’elle renferme. On n’aqu’à lire Derham , le Spectacle de la nature ,pour voir combien les fins des choses fontsensibles dans la nature.

II n’y a que les êtres finis qui puissent êtreassujettis à une semblable liaison ; & l’ a s-semblage actuel des êtres finis, liés de cettemaniéré entr’eux , forme ce qu’on appellele monde , dans lequel il est aise' d’observerque toutes les choses, tant simultanées quesuccessives , font indissolublement unies.€ela se prouve également des grands corps,comme ceux qui composent le système pla-nétaire , & des moindres qui font partie denotre globe. Le soleil & la terre sont deuxgrands corps simultanés dans ce monde visi-ble. Si vous voulez expliquer le changementdes saisons fur la terre & leurs successionsrégulières, vous ne la trouverez que dans lemouvement oblique du soleil parcourantl’é-ri /- ue ’ car > fi vous supposiez que cetastre luive la route de l’éauateur , il en ré-sulterait une égalité perpétuelle de saisonsOtez tout-a-fait le soleil, voilà la terre li-vrée à un engourdissement perpétuel, leseaux changées en glace; les plantes, les ani-maux, les hommes détruits fans retour ; plusde générations, plus de corruptions , unvrai cahos. Le soleil renferme par consé-quent la raison des changemens que la terre

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subît. II en est de même des autres planètes,'relativement à leur constitution & à leurdistance du soleil. Les petits corps co-exis-tans font dans le même cas. Pour qu’une se-mence germe , il faut qu’elle soit mise enterre , arrosée par la pluie, échauffée par !esoleil, exposée à faction de l’air : sans le se-cours de ces causes, la végétation ne réussirapoint. Donc la raison de l’accroissement dela plante est dans la terre , dans la pluie ,dans le soleil, dans l’air ; donc elle est liéeavec toutes ces choses.

Cet assemblage d’êtres liés entr’eux decette maniéré n’est pas une simple fuite ousérié d’un seul ordre de choses ; c’est unecombinaison d’une infinité de sériés mêlées& entrelacées ensemble ; car , pour ne passortir de l’enceinte de notre terre, n’ytrouve-c-on pas une foule innombrable dechoses contingentes , soit que nous regar-dions à la composition des substances , foieque nous observions leurs modifications. IIy a plus, une feule sérié de choses contin-gentes se subdivise manifestement en plu-sieurs autres. Le genre humain est une sériéqui dérive d’une tige commune , mais quien a formé d’autres fans nombre. On peuten dire autant des animaux & même desvégétaux. Ceux-ci , dans chacune de leursespeces, constituent de pareilles fériés. Lesplantes naissent les unes des autres, soit desemence , soit par la séparation des tiges ,soit par toute autre voie. Personne ne sau-rait donc méconnoître la multiplicité dessériés , tant dans le régné animal, que dansle végétal. Les autres êtres successifs , parexemple , les météores les plus bisarres &les plus irréguliers forment également desfériés de choses contingentes , quoique cene soit pas suivant cette uniformité d’especequi régné dans les fériés organisées. Si de lacomposition des substances nous paíîons âleur modification , la même vérité s’y con-firme. Considérez un morceau de la surfaceextérieure de la terre exposée à un air libre,vous le verrez alternativement chaude,froi-de, humide, seche, dure, molle ; ces chair 1 ,gemens se succèdent sans interrupt on ,durent autant que la fuite des siedes , &co-existent aux générations des hommes, desanimaux &des plantes. Le corps d un hom-me, pendant toute la durée de fa vie,n est-il