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Tome dix-neuvième.
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qu’en -disant efifils Taifoieht en communle.urs soèqnbhi aux-dieux., ;

- Les libations .des repas étoient 1 de deuxsortes ; ■l’ún-e , confiíìóit. à séparer quelquemorceau :des-viandes ■,’& à se brûler enl’honneur des dieux; dans ce czs,lihare n’estautre chose que excerpere ; l’atitre sorte delibation , qui étoit la libation .proprementdite , confistoic á répandre quelque liqueur,comme de d'eau , du:vin dù lait , ded’huile , du miel , sur le foyer ou dans lefeu, en Phonneur de certains dieux parexemple,en l’honneur des Lares qui avoientun foin particulier de la maison ; en l’hon-ìïeur duG'nie , dieù tutélaire de chaquepersonne ,•& en í’honneur-'de. Mercure, quiprésident aux heureuses tavantures. ;Plauteappelle assez plaisamment les dieux qu’onfêtoit ainsi , les dieux des plats -, dii pâte /-larii.

En effet on leur présentoir toujours quel-que chose d’exquis , soit en viandes , soiten liqueurs. Horace peint spirituellementl’avarice d’Avidienus , en disant qu’il nefaifoit des libations' de son vin , que lors-qu’il commençoit à se gâter. "

Ac nifi mutatum parcit defundere vinam.

On n’osoit'offrir aux dieux que de l’excel-lent vin , & máme toujours pur , excepté àquelques divinités àí qqi , pour des raisonsparticulières on jugeoit à propos de. lecouper avec de l’eatr. On en iifoit ain fi àl’égard de Lac chus , peut-être pour abattreses fumées , & vis-à-vis de Mercure, parceque ce dieu étoit en commerce avec les vi-vans & les morts.

Toutes les autres divinités vouloient,qu’on leur servît du vin put ; aussi dans lePlutiss d’Aristophane, un des dieux, privilé-giés se plaint amèrement qu’on. íe triche, &que dans les coupes qu’on lui présente , il ya moitié vin &. moitié eau. Les maîtres , &quelquefois les valets, faisoient ces tours depages.

Dans les occasions solemmelles on ne secontentoit pas de remplir la coupe des liba-tions de vin pur , on la couronnoit d’unecouronne de fleurs ; c’ell pour cela que Vir-gile, en parlant d’Aiichise qui se préparok àfaire une U batiûn d’apparat, n’oublie pasde dire ;

LIE

' -, "Magnum c ratera c o rond ;

Induit , impíei'itque mero.

Avant que fle faire les libations , on íelavoir les mains, & l’on récitoit certaines,prières. Ces prières étoient une partie essen-tielle de la cérémonie des mariages A desfestins des noces.

Outre l’eau & le vin , íe miel s’offroiC:quelquefois aux- dieux ; & les Grecs !e mê-loient avec de l’eau pour leurs libations ,en l’honneur du soleil, de la lune & desnymphes.

Mais des libations fort fréquentes , aux—quelles on ne manquoit guere dans les cam-pagnes , étoient celles de premiers fruitsde l’année , d’où vient qu’Ovide dit :

Et quodeunque mihi pomum novus edu-cat annus

Libatum agricole ponìtur ante deos. '

Ces fruits étoient présentés dans des pe-tits plats qu’on nommoit patellce. Cicéronremarque qu’il y avoir des gens peu scru-puleux , qui mahgeoient eux - mêmes lesfruits réservés en libations pour les dieux :atque reperiemns afecos non ìtà relìgiosos yut edant de patella , -qu<e diis libata funt.

Enfin les Grecs & les Romains faifoienCdes libations fur les tombeaux , dans la cé-rémonie des' funérailles., Virgile nous en: fouis,it’un exemple dans Ion troisième livre, deí’Ënéide.

. ,. ; i. ...

S oie mues tìun forte dapes , A trífiiadona

. Libabat cineri Andromache , manesquevocabat

Iseclore-um ai tumulum.

■ Anacréon n’approuve point ces libationssépulcrales. A quoi bon , dit-il , répandredes essences sor- mon tombeau? Pourquoi yfaire des sacrifices inutiles ? Parfume - moipendant que je fuis en vie ; mets des cou-ronnes de roses fur ma tête ....

Quëlques empereurs romains partagèrentles Libations avec les dieux. Après ta batailled’Actium , le sénat ordonna dès libationspour Auguste, dans les festins publics, ainSque dans les repas particuliers ; Sc pourcompléter la flatterie , ce même sonat or-donna , l’année suivante, que dans les hym-nes sacrés le nom d’Auguste seroit joint â