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Tome dix-neuvième.
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leur étoit défendu. Ils recevoient enfuiesdu magistrat, ou lui donnoient un billetqui portoit, qu’ils avoient renoncé à J. C.& qu’ils avoient sacrifié aux idoles, quoi-qu’ils n’en euííent rien fait , & ces billetsse lisoient publiquement.

Ce crime , quoique caché , ne Iaissoitpas que d’être très - grave. Aussi l’églifed’Afrique ne recevoit à la communion ceuxqui y étoient tombés , qu’après une longuepénitence : la rigueur des satisfactionsqu’elle exigeoit, engagça les libellatiquesà s’adresser aux confesseurs & aux mar-tyres qui étoient en prison, ou qui alloientà la mort, pour obtenir , par leur inter-cession ? la relaxation des peines canoni-ques qui leur restoient à subir : ce qui s’ap-pelloit demander la paix, L’abus qu’pij fitde ces dons de la paix , causa un fclulmedans régisse de Carthage , du temps de S.Cyprienjce saint docteur s’étant élevé avecautant de force que d’éloquence , contrecette facilité à remettre dp telles prévari-cations, comme on se peut voir dans í’esépitres 31 , 5 z & 68 , dans son livre delapfis. L’onzierne canon du concile deNicée regarde .en partie les libellatiques,

LIBELLE , f. m. , libellus , ( Jurispru-dence ) signifie différentes choses.

Libelle de divorce , libellas^ repudii , estl’acte par lequel un mari notifie à fa femmequ’il entend la répudier. Veye zDiyQRÇE,Répudiation & Séparation.

Libelle d'un exploit ou d’une demande ,est ce qui explique l’objetde !’ajournement;quelquefois ce libelle est un acte séparé quiest en tête de l’exploit ; quelquçfois le li~belle de l’exploit est inféré dans l'exploitjnéme , cela dépend du style de l’huissier &de Tissage du pâys, çarau fond , cela revientau même.

t Libelle diffamatoire , est un livre ,écrit ou chanson, soit imprimé ou manus-crit, fait & répandu dans le public , exprèspour attaquer 1 honneur & la réputation dequelqu’un. ,

II est également défendu , Se sou? lesmêmes peines , de composer , ecrire , im-primer , Lt de répandre des libellas diffa-matoires.

L’injure résultant de ces sortes de libel-les est beaucoup plus grave que les injures

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verbales, soit parce qu’elle est ordinaire-ment plus méditée , soit parce 'qu’elle seperpétue bien davantage : une telle injure,qui attaque l’honneur , est plus sensible à unhomme de bien , que quelques excès com-mis en fa personne.

La peine de ce crime dépend des cir-constances & de la qualité des personnes.Quand la diffamation est accompagnée decalomnie , fauteur est puni de peine af-flictive, quelquefois méme de mort.

Voyez T édit de janvier 1561 , articlel J ; l’édit de Moulins , article 77 ; & ce-lui de isyi , article 10. Voyez d articlesuivant, {A')

Libelle , ( Qouvem. politiq. ) écriesatyrique , injurieux contre la probité,1 honneur & la réputation de quelqu’un. Lacomposition & la publication de pareilsécrits méritent l’opprobre des sages ; maislaiífanf aux libelles toute leur flétrissureen morale , il s’agit ici de les considérer enpolitique.

Les libelles font inconnus dans les étatsdespotiques de l’Orient, où T abattementd son coté , & Tignorance de l’autre, nedonnent ni le talent ni la volonté d’en faire.D’ailjeurs , comme il n’y a point d’impri-meries, il n’y a point, par conséquents depublication de libelles ; mais aussi il n’y ani liberté , ni propriété, ni arts, ni scien-ces : Tétat des peuples de ces tristes con-trées n’est pas au-dessus de celui des bêtes ,& seur condition est pire. En général, toutpays où il n’est pas permis de penser &d’écrire ses pensées , doit néceslàirementtomber dans la stupidité , la superstition &la barbarie,

Les libelles se trouvent sévèrement pu-nis dans le gouvernement aristocratique ,parce que les magistrats s’y voient de petitssouverains , qui ne _ font pas assez grandspour mépriser les injures. Voilà pourquoiles décemvirs, qui formoient une aristo-cratie , décernèrent une punition capitalecontre les auteurs de libelles.

Dans la démocratie , il ne convient pasde sévir contre les libelles , par les raisonsqui ses punissent criminellement dans lesgouvernemens absolus & aristocratiques.

Dans les monarchies éclairées, les libellessont moins regardés comme un crime , que