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Tome dix-neuvième.
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propre s’y prêts tout entier. Elîe consisteen un point assez délicat , en ce qu’on serend témoignage à soi-mêmede ses actions,& qu’on ignore les motifs qui les ont faitfaire : il arrive de-là , que méconnoissantces motifs, & ne pouvant rassembler lescirconstances qui l’on t déterminé à agird’une certaine maniéré , chaque hommefe félicite de ses actions, & fe les at-tribue.

Le fatum des Turcs vient de l’opinionoù ils font que tout est abreuvé des influen-ces célestes , & qu’elles règlent la dispo-sition future des événemens. >

Les Esséniens avoient une idée si haute &si décisive de la providence, qu’ils croyoientque tout arrive par une fatalité inévitable ,& suivant Tordre que cette providence aétabli, & qui ne change jamais. Point dechoix dans leur système , point de liberté.Tous les événemens forment une chaîneétroite & inaltérable : ôtez un seul da cesévénemens , la chaîne est rompue , & touteTéconomie de [’univers est troublée. Unechose qu’il faut ici remarquer, c’est que ladoctrine qui détruit la liberté , porte natu-rellement à la volupté , & qui ne consulteque son goût, son amour-propre & ses pen-chans, trouve assez de raisons pour la sui-vre & pour Papprouver : cependant lesmœurs des Esséniens & des Stoïciensne fe ressentoient point du désordre deleur esprit.

Spinosa , Hobbes & plusieurs autresont admis de nos jours une semblablefatalité.

Spinosa a répandu cette erreur dans plu-sieurs endroits de ses ouvrages ; Pexcmplequ’il allégué pour éclaircir la matière de laliberté , suffira pour nous en convaincre.« Concevez, dit-iï, qu'une pierre , pen-« dant qu’elle continue à se mouvoir,

pense & sache qu’elle s’efforce de conti-» nuer autant qu’elle peut son mouvement ;

cette pierre par cela même qu’elle a le„ sentiment de T essore qu’elle fait pour se>3 mouvoir , & qu’elle n est nullement in-,, différente entre le mouvement & le re-f) pos, croira qu’elle est très-libre, &„ qu’elle persévère à se mouvoir unique-„ ment parce qu’elle le veut. Et voilàn quelle est cette liberté tant vantée, &

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» qui consiste seulement dans !e sentiment!o que les hommes ont de leurs appétits, Sc» dans l’ignorance des causes de leurs dé-» terminations n. Spinosa ne dépouille passeulement les créatures de la liberté, il as-sujettit encore son Dieu à une brute &fatale nécessité : c’est le grand fondementde son système. De ce principe il s’ensuitqu’il est impossible qu'aucune chose quin’exiíie pas actuellement, ait pu exister , &que tout ce qui existe , existe si nécessaire-ment, qu’il ne fau roi t n’être pas ; & ensinqu’il n’y a pas jusqu’aux maniérés d’écre-aux circonstances de Pexistence des choses,qui n’aient dû être à tous égards précisé-ment ce qu’eíles font aujourd’hui. Spinosaadmet en termes exprès ces conséquen-ces, & il ne fait pas difficulté d’avouevqu’elles font des suites naturelles de sesprincipes.

On peut réduire tous les argumens, doncSpinosa & ses sectateurs se sont servis poursoutenir cette absurde hypothèse , à cesdeux. Us disent, i°. que puisque tout effetprésuppose une cause , & que , de la mêmemaniéré que tout mouvement qui arrivedans un corps lui est causé par l’impulfiond’un autre corps, & le mouvement dece second par l’impulsion d’un troisièmes& ainsi chaque volition , & chaque déter-mination de la volonté de Thomme , d@icnécessairement être produite par quelquecause extérieure , & celle-ci par une troi-sième ; d’où ils concluent que la liberté de.la volonté n’est qu’une chimère. Us disenten second lieu, que la pensée avec tous ses;modes , ne font que des qualités de la ma-tière ; & par conséquent qu’il n’y a pointde liberté de volonté , puisqu’il est évidentque la matière n’a pas enelle-même le pou-voir de commencer le mouvement, ou dese donner à elle-même la moindre déter-mination»

En troisième lieu , ils ajoutent que ce;que nous sommes dans Pinstant qui va sui-vre , dépend si nécessairement de ce quLnous sommes dans l’inlìant présent, qu’il eíìmétaphysiquement impossible que noue,soyons autres. Car , continuent-ih , suppo-sons une femme qui soit entraînée par sapassion à se jeter touc-à-Theure entre les: