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Tome dix-neuvième.
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sont malheureusement nés , nous empêched’être si vains de ne pas leur ressembler ;c’est un bonheur qui n’a dépendu de nousen aucune façon.

En quatrième lieu , ils demandent sil’homme est un être simple tout spirituel ,ou tout corporel , ou un être composé.Dans les deux premiers cas , ils n’cnt pasde peine à prouver la nécessité de ses ac-tions ; & si on leur répond que csoíì un errecomposé de deux principes , l’un matériel&l’autre immatériel , voici comment ilsraisonnent. Ou le principe spirituel est tou-jours dépendant du principe immatériel, outoujours indépendant. S’il en est toujoursdépendant , nécessité aussi absolue que siPêtre étoit un , simple ìz tout matériel , cequi est vrai. Mais si on leur soutient qu’il enest quelquefois dépendant & quelquefois in-dépendant ; si on leur dit que les penséesde ceux qui ont la sievre chaudeSt des fous,ne font pas libres, au lieu qu’elles le fontdans ceux qui sont sains ; ils répondent qu’iln’y a ni uniformité ni liaison dans notre sys-tème , & que nous rendons les deux princi-pes indépendans , selon le besoin que nousavons de cette supposition , pour nous dé-fendre , & non selon la vérité de la chose.Si un fou n’est pas libre, un sage ne l’est pasdavantage ; & soutenir le contraire, c’estprétendre qu’un poids de cinq livres peutn’être pas emporté par un poids de six. Maissi un poids de cinq livres peut n’être pasemporté par un poids de six, il ne le ferapas non plus par un poids de mille/ car alorsil résiste à un poids de six livres par un prin-cipe indépendant de fa pesanteur ; & ceprincipe, quel qu’il soit, n’aura pas plus deproportion avec un poids- de nulle livresqu’avec un poids dé six 1 sor es , parcs qu'ilfaut alors qu’il soit d’une nature différentede celle des poids.

Voila certainement les,argumens les p] assorts qu on puifle faire contre notre senti-ment. Ppur en montrer la vanité , je leuropposerai les trois propositions suivantes :La première,qu’il est faux que tout effet soitle produit de quelque cause externe ; qu’aucontraire il faut de tonte nécessité recon-noître un commencement d’action , c’est-à-dire , un pouvoir d’agîr indépendammentid’aqcune action précécknte ? & que ce pou-

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voir peut être & est effectivement dans| l’homme. Ma seconde proposition est que!a pensée & la volonté ne sont ni ne peu-vent être des qualités de la matière. Latroisième ensin,que quand bien même l’amene se roi t pas une substance distincte ducorps, & qu’on supposeroit que la pensée &la volonté ne sont que des qualités de lamatière , cela même ne prouveroit pas quela liberté de la volonté fût une choie im-possible.

Je dis, i°. que tout effet ne peu*- pas êtreproduit par des causes externes , mais qu’ilfaut de toute nécessité reconnoitre un com-mencement d’action , c’est-à-dire, un pou-voir d’agir indépendamment d’aucune ac-tion antécédente , & que ce pouvoir estactuellement dans l’homme. Cela a dejà étéprouvé dans l 'article du CONCOURS.

Je dis en second lieu , que la pensée &la volonté n’étant point des qualités de lamatière , elles ne peuvent pas par consé-quent être soumises à ses lois ; car tout cequi est fait ou composé d’une chose , il esttoujours cette même chose dont il est com-posé. Par exemple, tous les changemens, tou-tes les compositions,toutes les divisions poffi-blés de la figure ne son t autre chose que figure;& toutes les compositions,tous les effets pos-sibles du mouvement ne feront jamais autrechose que mouvement. Si donc il y a eu untemps où il n’y ait eu dans l’univers autrechose que matière & que mouvement,il fau-dra dire qu’il est impossible que jamais il y aitpû avoir dans l’univers autre chose quematière & que mouvement. Dans cette sup-position , il est aussi impossible que Inintelli-gence , la réflexion & toutes les diversessensations aient jamais commencé â exis-ter , qu’il est maintenant impossible que lemouvement soit bleu ou rouge ,& que letriangle soit transformé en un Ion. V~ojezl’article de Z’AmE , où cela a été prouvéplus au long.

Mais quánd même j’accorderois à Spinosa■&c à Hòbbes que la pensée & la volonté peu-vent être & sont en effet des qualités de lamatière , tout cela ne décideroit point enleur faveur íe question présente sor la kberté ySi ne prouveroit pas qu’une volonté libref j t une chose impossible ; car , puisque nousavons déjà démontré que la pensée çi la vo-