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aux pensées vicieuses, famé n’en aura pasmoins le pouvoir de se déterminer au choixdes pensées vertueuses : donc Pâme a enelle - même le- pouvoir de se déterminermalgré toutes les dispositions contraires ducerveau : donc les pensées de Pâme fonttoujours libres. Venons au second cas.
Si Pâme ne peut se déterminer absolu-ment,cela ne vient que de l’équilibre supposédans le cerveau ; & l’on conçoit qu’elle nese déterminera jamais , si l’une des disposi-tions ne vient à P emporter fut 1 autre , &qu’elle se déterminera nécessairement pourcelle qui Pemportera : donc le pouvoirqu’elle a de se déterminer an choix des pen-sées vertueuses ou vicieuses, est absolumentdépendant des dispositions du cerveau :donc , pour mieux dire , Pâme n’a en elle-même aucun pouvoir de se déterminer , &ce sont les dispositions du cerveau qui ladéterminent au vice ou à la vertu : doncles pensées de Pâme ne font jamais libres.Or, rassemblant les deux cas, ou il se trouveque les pensées de Pâme font toujours libres,ou qu’eiles ne le font jarnais en quelques casque ce puisse être ; ou il est vrai & reconnude tous , que les pensées des enfans , deceux qui rêvent, de ceux qui ont la fievrechaude , & des fous , ne font jamais libres.
II est aisé de reconnoître le nœud de ceraisonnement. 11 établit un principe uni-forme dans l’ame ; en forte que le principeest toujours ou indépendant des dispositionsdu cerveau , on toujours dépendant ; aulieu que dans P opinion commune , on lesuppose quelquefois dépendant , & d’autresfois indépendant.
0.1 dit que les pensées de ceux qui ontla fievre chaude, St des fous, ne sont paslibres, parcs qu s les dispositions matériel-les du cerveau font atténuées & élevées àun tel degré , que I’ame ne leur peut résis-ter; au lieu que dans ceux qui font sains,Jes dispositions du cerveau sont modérées ,& n’entraînent pas nécessairement l’ame.Mais, i°. dans ce système, le principer.’étant pas uniforme , il faut qu’on l’aban-donne ; si je pms expliquer tout par un quile soit. 2 . 0 . Si , comme nous Pavons ditplus haut, un poids de cinq livres pouvoîtn etre pas emporté par un poids de six , ilne le scroic pas non plus par un poids deTome XIX.
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mille : car s’il résiftoit à un poids de sixlivres , par un principe indépendant de lapesanteur , c-e principe , quel qu’il fût,d’une nature toute différente de celle despoids , n’auroit pas plus de proportion avecun poids de mille livres, qu avec un poidsde six. Ainsi , st l’ame résiste à une dispo-sition matérielle du cerveau , qui la portea un choix vicieux , & qui , quoique modé-rée , est pourtant plus forte que la disposi-tion matérielle à la vertu , il faut que l’amerésiste à cette même disposition matérielledu vice,quand elle sera infiniment au-dessusde l’autre; parce qu’elle ne peut lui avoir ré-sisté d’nbord,queparun principeindépendantdes dispositions du cerveau , & qui ne doitpas changer par les dispositions du cerveau.3°. Si l’ame pouvoir voir très-clairemerit,malgré une disposition de l’œiî , qui devroitassoiblir la vue , on pourroit conclure qi/elieverroit encore malgré une disposition deI’œil, qui devroit empêcher entièrementla vision , en tant qu’elle est matérielle.4°. On convient que l’ame dépend absolu-ment des dispositions du cerveau fur ce quiregarde le plus ou le moins d’esprit. Cepen-dant , si , sur la vertu ou le vice , les dispo-sitions du cerveau ne déterminent l’ame quelorsqu’elles sont extrêmes, & qu’elles luilaissent la liberté lorsqu’elles sont modérées^en forte qu’on peut avoir beaucoup de vertu,malgré une disposition médiocre au vice :il devroit être aussi qu’on peut avoir beau-coup d’esprit , malgré une disposition mé-diocre à la stupidité, ce qu’on ne peur pasadmettre. II est vrai que le travail aug-mente I’esprit, ou pour mieux dire , qu’ilfortifie les dispositions du cerveau , &qu’ainsi l’esprit croît précisément autantque le cerveau se perfectionne.
En cinquième lieu , je suppose que toutela différence qui est entre un cerveau quiveille & un cerveau qui dort, est qu’un cer-veau qui dort est moins rempli d’esprits,ot que les nerfs y font moins tendus ; deforte que les mouvemens ne se communi-quent pas d’un nerf à l’autre , & que lesesprits* qui rouvrent une trace n’en rouvrentpas une antre qui lui est liée. Cela supposé,si l’ame est en pouvoir de résister aux dis-positions d u cerveau , lorsqu’elles sont soi-bles , elle est toujours libre dans les songes^
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