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termination qui arrive sans aucune cause.Les défenseurs de J’indifférence répondentque cette détermination n’arrive pas fanscause , puisque famé elle-même , en tankque principe actif, est la cause efficiente detoutes ses actions. Cela est vrai , mais la dé-termination de cette action , !a préférencequi lui est donnée fur le parti opposé , d’oùlui vient- elle ? » Vouloir, dit M. Léïbnitz,
„ qu’une détermination vienne d’une plei-» ne indifià’renœ absolument indétermi-,, née, c’est vouloir qu’elle vienne naturel-» Iement de rien. L’on suppose que Dieu» ne donne pas cette détermination : elle„ n’a point de source dans Pâme , ni dans„ le corps , ni dans le circonstances , puis-» que tout est supposé indéterminé ; & la,, voilà pourtant qui paroît & qui existe,, sans préparation , fans que Dieu même„ puisse voir ou faire voir comment elle„ existe ». Un effet ne peut avoir lieu fansqu’il y ait,dans la cause qui le doit produire,une disposition à agir de la maniéré qu’il lefaut pour produire cet effet. Or , un choix,un acte de la volonté est un effet dont Pâmeest la cause. II faut donc , pour que nousfassions un tel choix , que Pâme soit dispo-sée à le faire plutôt qu’un autre : d’ou ilrésulte qu’elle n’est pas indéterminée & in-différente.
3°. La doctrine de la parfaite indifférencedétruit toute idée de sagesse & de vertu.Si je choisis un parti , non parce que je letrouve conforme aux lois de la sagesse, maisfans aucune raison vraie ou fausse , bonneou mauvaise , & uniquement par une impé-tuosité aveugle qui se détermine au hasard ,quelle louange pourrai-je mériter s’il arriveque j’aie bien choisi , puisque je n'ai pointpris le parti parce qu’il étoit le meilleur, &que j’aurois pû faire le contraire avec lamême facilité ? Comment supposer en moide la sagesse, si je ne me détermine pas pardes raisons ? La conduite d’un être douéd’une pareille liberté , seroit parfaitementsemblable a celle d un homme qui décide-roit toutes ses actions par un coup de dezou en tirant à la courte paillece seroit envain que l’on seroit des recherches fur lesmotifs par lesquels les hommes agissent : ceseroit en vain qu’on leur proposeroit deslois j des peines & des récompenses, si tout
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cela n’opere pas fur leur volonté indiffé-rente à tout.
4°. í,z liberté d’indifférence est incom-patible avec la nature d’un être intelligent:qui, dès—là qu’il fe sent & fe connoît , aimaessentiellement son bonheur , & par consé-quent aime aussi tout ce qu’il croie pouvoiry contribuer. I! est ridicule de dire que cesobjets sont indifférons à un tel être, & que,lorsqu’il connoît clairement que de deuxpartis Fun lui est avantageux & l'autre luiest nuisible , il puisse choisir aussi aisémentFun que l’autre. Déja il ne peut pas approu-ver Fun comme l’autre ; or , donner sonapprobation en dernier ressort , c’est lamême chose que se déterminer : voilà doncla détermination qui vient des raisons oudes motifs. De plus, on conçoit dans la vo-lonté Feffort d’agir qui en fait même l’ef-sence , & qui la distingue du simple juge-ment. Or, un esprit n'étant point suscepti-ble d’une impulsion méchanique, qui est-cequi pourroit l’inciter à agir , si ce n’estFamour qu’il a pour Iui-même & pour sonpropre bonheur ? C’est là le grand mobilede tous les esprits ; jamais ils n’agistent quequand ils désirent d’agir : or , qu’est-ce quirend ce désir efficace , sinon le plaisir qu’ontrouve à le satisfaire ? Et d’où peut naîtrece désir , si ce n’est de la représentation dela perception de l’objet ? Un être intelli-gent ne peut donc être porté à agir que parquelque motif, quelque raison prise d’unbien réel on apparent qu’il se promet deson action.
Tousces raifonnemens, quelque spécieuxqu’ils paroifîènt, n’ont rien d’astèz solide, àquoi ne répondent les défenseurs de laliberté d’indifférence. M. Keing , arche-vêque de Dublin , Fa soutenue en Dieumême , dans son livre sur l’origine du mal ;mais en disant que rien n’est bon ni mau-vais en Dieu par rapport aux créaturesavant son choix , il enseigne une doctrinequi va â rendre la justice arbitraire , & àconfondre la nature du juste & de Finjuste.M. Crouzas plaide en fa faveur dans la plu-part de ses ouvrages. Mais il y a des philoso-phes qui s’y font pris autrement pour sou-tenir {'indifférence : d’abord , ils avouentqu’une pareille liberté ne sauroit convenir àDieu , mais, continuent-ils, il àut raison-