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Tome dix-neuvième.
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L I E

"Le lierre est un arbrisseau sauvage, agrest e,dur , solitaire , impraticable , qui craintPéducation , qui rotule à ta culture , & quidépérit sous la contrainte ; il n’est mêmepas aisé de le multiplier ; ses graines , quoi-que semées immédiatement après leur ma-turité , ne levent souvent qu’au bout dedeux ans. On croire:t qu’au moyen desfibres ou griffes dont les branches de cetarbrisseau font garnies à chaque nœud ,il doit être facile de le faire venir de bou-ture , mais il a été bien reconnu que cesfibres ne se convertissent point en racines,& qu’elles n’en favorisent nullement lavenue : toutes les boutures de lierre quej’ai fait faire, n’ont jamais réussi. On peutle multiplier de branches couchées, quirP auront de bonnes racines qu’au bout dedeux ans. Le plus court parti fera de pren-dre dans les bois des jeunes plants enraci-nés ; il faudra les planter, dans un terreinfrais & à sombre , pour y greffer ensuiteles variétés qui ont de Pagrément.

On ne fait nul usage en France du lierreordinaire dans les jardins ; cependant lesarbres toujours verds & robustes étant enpetit nombre , on a besoin quelquefois defaire usage de tout. On pourroit employercet arbrisseau à faire des buissons, des pa-lissades , des portiques dans des lieux ferrés,couverts , ou à sombre ; on pourroit aussiLai faire prendre une rige , & lui formerune tête régulière ; csest peut-être de tousles arbrisseaux celui qui souffle le pinsd’être privé du grand air , on voit en Italiedes salies ou grottes en maçonnerie , quifont garnies en-dedans, avec autant degoût que d agrément, de la verdure deslierres plantés au-dehors.

Cet arbrisseau peut être de quelque uti-lité , & on lui attribue des propriétés sesfeuilles font une bonne nourriture en hiverpour le menu bétail ; elles font de quelqueusage en médecine ; &: on prétend queleur décoction noircit les cheveux. Ou aobservé que les feuilles de mûrier quia'.oient été prises fur des arbres voisinsd’un lierre , avoient fait mourir les vers-â-í’oie qui en avoient mangé. Son bois estblanc , tendue , poreux & filandreux , qua-lités qui l*empêchent de se gerser , de seí'endi-e çn se flvíiéchíìnc , k qui par » là le

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rendent propre à certains ouvrages du tour:mais ce bois est difficile à travailler.

Quelques-uns des anciens auteurs quient traité de l’agriculture comme Pline,Caton & Varron ; plusieurs mcdcrr.es , telsque Wecherus , Porta & Argran , donnentpour un fait certain qu’un vaisseau fait avecun morceau de bois de lierre récemmentcoupe, peut servir à constater si l’on a mêléde l’eau dans le vin , & que f épreuve s’enfait en mettant !e mélange dans le vaisseaude lierre qui retient.l’une des liqueurs , 6claisse filtrer Tartre. I es anciens disent quec’tst le vin qui passe, & que Peau reste. I esmodernes assurent an contraire que le vais-seau de lierre retire le vin , & qu’il laissepasser Peau. Mais par différentes expérien-ces faites dans plusieurs tasses de lierre,à ontle bois avoir été coupé & travaillé le mêmejeur, & pareilles épreuves répétées dans lesmêmes taises après un dessèchement de qua-tre ans , il a constamment résulté que dansles taises dont le bois étoit verd , la liqueurcomposée d’un tiers d’eau fur deux tiers devin , a entièrement filtré en vingt - quatreheures de temps;& que dans les mêmes tas-ses desséchées , pareille composition deliqueur a filtré en entier en trois fois vingt-quatre heures. Par d’autres épreuves faitesdans les deux états des tasses , avec de Peau& du vin séparément & saufs mélange , Pun& l’autre ont filtré également & dans lemême espace de temps ; en forte que danstontes ces différentes épreuves , il n’estresté aucune liqueur dans les tasses ; ilm’a paru que ce qui avoir pu induire enerreur à ce sujet, c’étoít la différence decouleur oui se rrouvoit dans la liqueur fil-trée dans différens tenir»'- de la filtration.Dans les épreuves laites avec un mélanged seau & de vin dans une tasse de hois verdla liqueur qui a filtré au commencementau lieu de conserver la couleur ou le goûtde vin , n a qu’une teinte rouííâtre, de lacouleur du bois avec le mauvais goût de lafeve du lierre , c’est fans doute ce qui a faitcroire que ce n’étoit que Peau qui paífoitau commencement ; mais à mesure que sefait la filtration , la couleur rouííâtre; secharge peu-à-pe-u d’raê teinte rougeâtrequi íe trouve à la fin oe couleur de peaudseignon ; & le gcûs du via en est si fort