DE LA PREMIERE EDITION . XXltJde la phrénésie. Elle doit apprécier les hommes , 8cnon les insulter ; rapporter les opinions , fans argu-menter pour ou contre elles ; être l’écho du Publicsage 8c modéré, 8c jamais celui du fanatisme 6c del’enthousiafme.
Quoique notre but ait été de faire un Dictionnairemoitié Historique , moitié Philosophique ; nous nedissimulerons point, en remarquant les biens qu’afaits la vraie Philosophie, les maux qu’a produits lafausse, qui a pris son masque. Ce n’est point celle-cique nous prendrons pour guide : ce feroit vouloirnous égarer. On croit aujourd’hui que , pour paroîtrePhilosophe, il faut proscrire tous les anciens Histo-riens 8c fronder toutes les traditions. Dans les sié-cles d’ignorance on a trop cru , 8c dans notre siécleéclairé on ne croît pas assez *. Rejetter tout,est d’unPyrrhonien téméraire ; adopter tout, est d’un Légen-daire imbécille. II y a un milieu entre ces deux ex-trémités , 8c nous avons tâché de le tenir.
II íeroit inutile d’enfler notre Dictionnaire des nomsoubliés des mauvais Auteurs. Parmi les Ecrivains,nous choisirons ceux qui ont fait le plus d’honneuraux Lettres 8c à leur siécle. Autant le Public s’intéresseau détail de la vie 8c des Ouvrages des grands Gé-nies ; autant est-ii fatigué de la liste des productionsd’un Rimeur plat , ou d’un Compilateur ennuyeux.Les articles d’un Corneille , d’un Racine , font toujourstrop courts , aux yeux d’un homme de goût ; 8c ceuxd’un Pradon , d’un Cajjagne , toujours trop longs. Onne parlera du rôle que ces Rimailleurs ont joué dansla république des Lettres , que pour montrer le peude droit qu’ils avoient de fe comparer aux Grands-,
* Le célèbre Despuaux avoit eu cette pensée avant nous.sois , disoit ce Pocte , c n croyois à tout , à t'Astrologie , à la Magic , *tpupes sts sottijes imaginables , mats eckitllcmcm i>» ru troit à rien.
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