XXVJ PREFACE
II est fort difficile d’adopter les récits d’iin parti, lanschoquer l’autre. II arrivera quelquefois que, dans lemême article, on fera forcé de déplaire à tous lesdeux. Qu’il soit question , par exemple , du célèbrgPajcal ; en avouant qu’il a eu raison de s’élever contrela morale perverse de quelques Jésuites étrangers , onfera de la peine aux amis de la Société, & du plaisiraux Jansénistes : mais si l’on ajoute qu’il a eu tort dereprésenter tous les Jésuites François comme tout au-vtant d ’Escoèars, on excitera les murmures des Jansé-nistes , Lc on fera applaudi par le parti contraire. L’il-lustre di Thou , pour avoir osé être vrai, souleva lesCatholiques emportés & les déclamateurs Protestans,ne fut point premier Président du Parlement de Paris& le vit accablé de Libelles. Avec des talens bien in-férieurs à ceux de ce grand-homme , pourrions-nousavoir un fort semblable ? Non. Au milieu des Nationsjudicieuses & éclairées qui composent PEurope , unHistorien véridique n’a rien à craindre ; & quand ilauroit à appréhender, la vérité est son seul devoir,ik le plaisir de la dire sa seule ambition & sa seulerécompense.
Dans la juste méfiance oh nous sommes de nospropres lumières, nous avons eu recours à cellesdes autres. Nos guides font çn trop grand nombrepour les citer tous. Les sources les plus précieusesnous ont été ouvertes, & nous y avons puisé abon-damment. Nous voudrions qu’il nous fût permis denommer les Sçavans qui ont voulu nous donner desconseils & des éclaircisi'emens ; mais la plupart ontjoint au mérite d’être nos bienfaiteurs , le mérite plusrare encore de nous dispenser de leur en marquerpubliquement notre reconnoiffance : ils ont été dou-blement généreux,en ne voulant pas le paroître. QueM-, l’Abbé de T * * * veuille bien souffrir pourtant