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» sévelissent dans la foule d’une Bataille ! De tant» de milliasses de vaillans Hommes, qui font morts» depuis 1500 ans en France les armes a la main,w il n’y en a pas cent qui soient venus à notre con-» noiíîance. La mémoire, non des Chefs seulement,» mais des Batailles & des Victoires , est ensevelie.» Les fortunes de plus de la moitié du monde , à» faute de registre , ne bougent de leur place , & s’é-» vanouissent fans durée... Pensons-nous qu’à cha-» que arquebufade , 6í à chaque hazard que nous» courons, il y ait soudain un Greffier qui l’enrôle ?»> Et cent Greffiers ,outre cela, le pourroient écrire ,» defquels les Commentaires ne dureront que trois» jours , & ne viendront à la vue de personne.»
FICit à Dieu que cette remarque d’un Philosophecélèbre pût guérir les hommes de ces vains désirsd’immortalité qui les tourmentent , & fur - tout decette folie trop commune, de chercher la récompensede la vertu dans la fumée de la gloire ! C’est par cetteréflexion que nous finirons cet Avant-propos : elle neparoîtrapas déplacée aux Sages, pour qui l’Histoiren’est autre chose que la Morale mise en récit ; & si ellele paroît aux Lecteurs qui n’y cherchent qu’un amu-sement , ils pourront la placer parmi tant d’autrespensées vraies & inutiles.
M.
Tomel,
Q