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XII. ALEXANDRE VI, naquiti Valence en Espagne. La plupartdes auteurs Italiens , presque tou-jours excessifs, soit en louange,soit en satyre , n’ont point épargnéce pontife. Ils racontent qu’il achetala tiare après la mort A'InnocentVlll. Quoi qu’il en soit , il fut élule 11 Aoút 1492. II étoit de la fa-mille de Len\oli par son pere , &de celle de B^rgia par sa mere. IIprit ce dernier nom , lorsque sononcle maternel Calixte III fut faitpape. Calixte le fit cardinal en 1455,puis archevêque de Valence , &vice - chancelier. Cette dernièrecharge lui valoit, dit-on , chaqueannée huit mille ducats d’or, & ils’en servoit pour étaler la pomped’un prince. Sixte IV l'envoya légaten Espagne, où il fit-paroítre, (di-sent toujours les mêmes historiens,)beaucoup d’efprtt & de déréglemét.On connut dès-lors qu’il réuniffoitla pénétration d’un génie délié, àtoute la fourberie d’un ambitieuxgangrené de vices. Le pape Pie 11indigné de fa vie licentieuse , luidéfendit souvent sa présence. Cecardinal , cet archevêque, ce légat,eut ( dit-on ) d’une dame Romaine,nommée Vano^ia , quatre fils &line fille , tous dignes de leur pere.César, le second de ses ensans ,fut un monstre de débauche & decruauté. La voix publique l’accu-soit, lui & son frère ainé le ducde Candie , de s’être disputé les fa-veurs de leur sœur Lucrèce. On
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I accusoit d’avoir tué son rival, Scde 1 avoir jette dans le Tibre. Ale-xandre VI , q u ; l’idolâtroit malgrétous ses vices , employa toutessortes de moyens pour procurerIon élévation. II n’y a point deforfaits dont on ne l ait chargé danscette vue : meurtres . assallinats .empoisonnemens , simonie, on luiimpute tous les crimes. Les mêmestraits de satyre tombent sur sa vieprivée. On l’accusa de jouir de sapropre fille , qu’il enleva (dit on)á soa premier & à son second ma-ris , pour la faire-épouser à un troi-sième, qu'il fit assassiner, ne pou-vant la lui ôter comme aux autres,
II la donna ensuite au fils ainé duduc de Ferrare. Ce pontife si decr.éne laiffa pas d’ètre lié avec tous lesprinces de son tems ; mais il lestrompa presque tous. 11 engageaCharles Vlll à venir conquérir leroyaume de Naples ; & dès quece prince s’en fut rendu maître , ilse ligua avec les Vénitiens Sc avecMaximilien , pour lui arracher faconquête. Ou dit même qu’il en-voya un nonce au sultan Baja^etll,pour implorer le secours des armesMusulmanes contre le fils ainé del’Eglise : Louis XII , le pere de sonpeuple, rechercha l’alliance de cepape, dont il avoit besoin pourfaire - casser son mariage avec lafille de Louis XI. Alexandre , con-tinuant toujours à comble d- bien-faits son fils César de £orgia,\ ni four-nit des troupes pour conquérir la
" inouïe se glissa d’abord chez les Pérufiens ,ensuite chez les Romains, &” de-là se répandit presque par tous lés peuples d’italie. La crainte du der-” nier jugement les avoit tellement saisis, que Nobles ,Roturiers de tout» état, se mettoient tout-nuds, Sc marchaient par les rues en procession ,» chacun avoit fan fouet à la main, Sc se fustigeait las épaules, jusqu’à ce» que le sang en sortît: ils poulìoient des plaintes & des soupirs , & ver-» soient des torrens de larmes. Ces exemples de pénitence eurent d’abord,, d’heureufes fuites, on vit beaucoup de réconciliations, de restitutions, Sec. •>Ces Pénitcns se répandirent bientôt dans toute l’italie ; mais les Papesne voulurent point les approuver, & les Princes ne leur permirent pointde former des établiffemens dans leurs Etats.
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