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Tome Ier.
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A L F

ïe !a peste au siège de Gibraltar, le17 Mars 1350, âgé de 38 ans.

VIII. ALEONSE V , roi d'Ara-gon, surnommé le Magnanime, morten 1458, à 74 ans, avoir été re»connu roi de Sicile en 1442, aprèss’être rendu maître de Naples. IICtoit sils de Ferdinand le J’ijìe , 3u*quel il succéda en 1416. Généreux,libéral , éclairé , bienfaisant , in-trépide, galant, affable, politique,Alfionse auroit été le héros de sonsiécle , si son goût effréné pourles femmes n'avoit’ trop souventattaqué la vertu de celles de facour. II recueillit dans son sein lesMuses bannies de Constantinople,établit la domination espagnole enItalie, & ne tira presque rien deles états en Espagne. Ce princealloit volontiers sans fuite Sc à pieddans les rues de fa capitale. Com-me on lui faisoit un jour des re-présentations fur le danger auquelil exposoit sa personne : Un pere ,répondit-il, qui se promèneau milieude set enfant , n a rien à craindre.Son goût pour les lettres parut dansplusieurs occasions. Tandis qu’il fai-soit le siège de Galette , les grossespierres dont on avoit besoin pourcharger les mortiers,vinrent à man-quer ; on lui dit qu’on pouvoir entirer d’un ancien château , qui avoitcté autrefois la maison-de-campa-gne de Cicéron. II méprisa cet avis& répondit : Qu’il aimoit mieuxlaisser reposer son canon &■ toute sonartillerie, que d'aller profaner ta de-meure antique de ce philosophe 6* dee “ orateur célèbre , qui de son tenttajsuroit la vie, aussi bien que la for-tune, à tant de peupler & à un nom-bre infini de citoyens. Un courtisand'Alfionse lui soutint un jour, qu’il-avoit lu dansl’histoire, qu’un roid Espagne disoit » que la science neConvient point-du-tout aux gens dequalité . & qu’ils ne doivent jamaisRappliquer aux b.-lettres, Alfionse

alors s’écria : Ce n'est point un roi, mai*c est un bœuf qui l'a dit. On connoicle trait suivant de sa libéralité. Unde ses trésoriers étoit venu luiapporter une somme de dix milleducats ; un officier , qui se trouvoiclà dans le moment, dît tout -basà quelqu un ; Je ne demanderait quecette somme pour être heureux.—Tule fieras , dit Alfionse qui savoir en»tendu ! Sc 11 lui fit-emporcer les dixmille ducats.... Une galère chargéede soldats & de matelots périíïuic,il ordonne qu’on les secoure tonhésite-, alors Alfionse faute dans unechaloupe , en disant à ceux quicraignoient le péril : ì'aime mieuxêtre le compagnon que le speêlateurde leur mort... Ce prince avoit , ainsique Salomon, signalé le commen-cement de son règne par un juge-ment remarquable. Une jeune es-clave affirmoit devant lui que sonmaître étoit le pere d’un enfantqu’elle avoit mis au monde , &demandoit en conséquence sa liber-té , suivant une ancienne loi d’Es-pogne. Le maître nioit le fait, 8Csoutenoit n'avoit jamais eu aucuncommerce avec son esclave. AI-fionse ordonna que Pensant fût ven-du au plus offrant. Les entraillespaternelles s'émurent ausiì - tôr enfaveur de cet inforuné , & lorsqueles enchères alloient commencer ,le pere reconnut son fils , & mit famere en liberté... Ce prince nepou-voit souffrir la danse, & il disoitassez plaisamment , qu’un fou ne dif-féroitd’un homme qui danse , que par-ce que celui - ci restoit moins long-tems dans fia folie,,. La Républiquede Sienne, pendant que les prin-ces d’Italie sc faisoient la guerre,avoit gardé la neutralité, fans vou-loir jamais se déclarer pour aucunparti. Lorsque la paix fut conclue& signée entre ces puissances en-nemies , auffi-tôt leurs troupes vin-rent , de toutes parts , fondre (ui

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