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Tome Ier.
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A N C

tîtne des littérateurs & des honnè-tes-gens.

H. ANC 1 LLON, (Charles) filsdu précédent , naquit á Metz en*6sy. Il se fir-reccvoir avocat àParis , & vint exercer cette pro-feflion dans fa patrie. Après la ré-vocation de l’édit de Nantes , lesréformés de Metz le députèrent àla cour pour demander de n’êtrepoint compris dans la révocation.Tout ce qn’il put obtenir , fut untraitement plus doux pour ses frèrespersécutés. 11 suivit son pere à Ber-lin , 8c devint inspecteur des tribu-naux de justice que les Françoisavoient en Prusse , historiographedu roi, 8c sur-intendant de l’écoleFrançoise. II mourut d.rns cetteville en 171 5, à 56 ans. Ses em-plois ne ['empêchèrent pas de s’oe-cuper beaucoup á la littérature &à la bibliographie. II est auteur :I. D’une Histoire de rétablissementdes François réfugiés dans les états deBrandebourg > 1690, in-8*. II. Mé-langés critiques de littérature , re-cueillis des conversations de son pere,1698 , 3 tom. in-ï°. On y trouvedes observations utiles 8c sçavan-tes , 8c quelques méprises. On lescontrefit à Amsterdam, in-12, 8con y fir-entrer bien des choses quifaisoient tort à la mémoire du fils8c du pere: aufii Ancillon désovoua-r-i) cette édition frauduleuse. III.La Vie de SoVman II , 1706 , in-4".ouvrage peu soigné. IV. Traité desEunuques, 1707,^-12. Y.Mémoiresfur plusieurs Gens-de-lettres ; I 7°9 ,in-12. Ces Mémoires sont trop dif-fus 8c pas assez exacts. Son Traitédes Eunuques fut publié fous le nomde C. Ollincan , qui est l’aaagram-dt C. Ancillon : il fut fait à l'occa-fion d’un Eunuque Italien qui vou-lait se marier. 11 y a répandu beau-coup de littérature, 8c des remar-ques curieuses Sc agréables.

A N C lO'î

ANCOURT, { Florent Canonsieur d* ) naquit à Fontainebleau ,le premier Novembre 1 66l , le mè-me jour que le grand-Dauphin. LePere de la R „ c , Jésuite , sous le-quel il fit ses études , voulut pro-curer à la Société ce jeune - hom-me, dont la vivacité 8c la pénétra-tion promettoient beaucoup ; maisréloigncment du disciple pour lecloître, rendit inutiles tous les foinsdu maître. D'Ancourt aima mieux selivrer au barreau , qu'il abandonnabientôt pour le théâtre. 11 fut non-seulement grand acteur , sur - toutdans les rôles de Jaloux , de Fi-nancier, d’Hypocrite, de Misan-thrope ; mais encore auteur distin-gué. Ce que Rtgnard étoit à l’é-gard de Molière dans la haute co-médie , dic un homme d'esprit , lecomédien d’Ancoun P étoit dans lafarce. Plusieurs de ses pièces atti-rent encore un grand concours. Ledialogue en est, non pas nais, com-me le dit Voltaire ; mais léger, vif,rapide, plein de gaîté & de faillies.Le talent singulier de úire-patletles paysans ,les lui fit-mettre sou-vent en jeu : austi a-t-on dit ,qu ’<7étoit plus souvint au village qu à laville , (y au moulin qu’au village . Sescomédies forment des tableauxchampêtres, qui plaisent à ceuxqui peuvent soutenir une pièce pres-que toute écrite en jargon de pay-san. Borné aux petites peintures, iltraça rarement de grands caractères;8c lorsqu’il voulut le tenter, il choi-sit mal ses sujets. II faut en excep-ter le Chevalier à la mode , pièce d’in-trigue , où il a sçu faire-entrer descaractères plaisons 8c bien soute-nus. Un de ses talens , ou plutôtune de ses adresses, étoit de mettrefurie théâtre les ridicules du jour,& il y téustit ordinairement assezbien. Sa prose est très-supérieureáses vers , rimés ordinairement avecpeine , 8c á qui cette contrainte