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sauce de la vérité. « Nos sens , ( di-soit-il , ) «nous trompent toujours ;» notre raison ne nous trompe pas» moins. D’aiileurs la vie est trop» courte, trop agitée,pour espérer>> d’acquerir aucune certitude... Ne» voit-on pas, ( continuait-il, ) que» tout n’est qu’un amas de préju->, gés & d’opinions ; que ce qu’on« desiroit dans fa jeunesse , dans la» santé , dans une certaine situa-it lion, on le hait dans la vieillesse,„ dans la maladie , dans un autre» tems ; que tout est couvert de siépaisses ténèbres que les meil->, leurs yeux ne différent en au->, cune maniéré des plus mau-» vais ? -, 11 laissoit par conséquentà ses disciples une entière libertéde suivre telle opinion qu'ils ju-geoiçnt à propos , soit en physi-que , soit en morale , soit même enmatière de religion. II répétoit sou-vent cette sentence d 'Hésiode. LesDieux ont mis un rideau impénétrableentreux 6* les hommes . Ce systèmedangereux étoit le renversementde toutes les sciences. Ce philoso-phe ne laissa pourtant pas d’avoirbeaucoup de disciples. Un espritvif & aisé , le don de la parole ,une physionomie heureuse , unegénérosité sans égale , contribuè-rent plus encore à lui en faire,queson système. On dit qu’il prêta àun de ses amis fa vaisselle d’argentpour donner un repas, & qu'il nevoulut jamais la reprendre. La phi-losophie n’avoit pas éteint en luile goût de la belle littérature. 11aimoit tant Homère , que, lorsqu’ilalloit le lire, il diloit qu’if alloitvoir fa maitrejfe. Ce n’étoit pas lafeule qu’il eût : car il partager»!son tems entre la philosophie , l’a-mour , les plaisirs de la table , &la lecture. On rapporte même qu’ilmourut d’un excès de vin , à l’àgede 75 ans , l’an 500 avant J. C. Lamort ne dut pas lui paroitre affreu-
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fe ; il disoit ordinairement, que c’/«toit de tous les maux le seul dont laprésence n'incommodait jamais person-ne , & qui ne chagrinait qu ’cn sonabsence. Quelqu’un lui ayant de-mandé , pourquoi tant de disciple*quittoient les sectes de leurs maî-tres , pour embrasser celle d 'Epi-cure ; tandis qu’aucun Epicurien n’a-bandonnoit la sienne, pour se jettesdans une autre? il répondit : Parceque des hommes on peut faire des eu-nuques ; mais que des eunuques on nepeut point en faire des hommes. Quoi-que le doute universel A'Arcsfilasrenversât les fondemens de la vraiephilosophie , il trouva un défen-seur dans Lacyde , qui le transmità Evandre. Celui-ci le sit-passer àHcgcsimc , & Hége/ime à C w niait ,fondateur de la troisième Académie.
ARCESIUS , Voy. Acrisius.
I. ARCHELAUS, fils naturel dePerdiccas , s’empara de la couronnede Macédoine, après en avoir fait-mourir les héritiers légitimes. Cetusurpateur se conduisit en grandprince ; il disciplina ses armees ,fortifia ses places , équippa des flot-tes , & protégea les lettres & lesarts. Les plus grands écrivains Scles plus habiles artistes vinrent enfoule á fa cour .Socrate y fut appel-lé : mais il répondit, » qu’il ne pou-» volt fe résoudre à aller voir un», homme de qui il recevroit des» biens qu’il ne pouvoit lui ren-» dre. n On croit que ce philoso-phe avoir un autre motif de sonrefus : le gouvernement dur & sé-vère de ce prince. Un de ses favorisl’assaffina l’an 399 avant J. C.
II. ARCHELAUS, fils A'Archc-laiis qui commanda en chefles trou-pes de Mithridatc , obtint de Pompéele pontificat de Comane dans lePont. II servit quelque tems dansl’armée des'Romains en Grèce; maisayant épousé la reine Bérénice , quiavoit fait-étrangler depuis peu son