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en 45Ì. La ville d’Aquilée futla première dom il se rendit maî-tre. Après en avoir enlevé tou-tes les richesses & égorgé les ha-bitans , il y mit le feu , & l’en-sévelit fous lés ruines. Milan ,Padoue , Véronne, Mantoue , Plai-sance , Modène, Parme, elsuyerentà-peu-près le même traitement.Le pape S. Léon , craignant queRome & son troupeau ne luisentla proie de ce brigand , eut le cou-rage del’aller trouver , & lui pro-mit un tribut annuel au nom deValcntinicn IIl. Cette proposition,jointe à la terreur que lui inspi-roit Aëtius , l’éngagea à repaíferle Danube avec un butin immen'e.L'année suivante , il revint dansles Gaules ; mais Thorifinond l’enayant chaffé , Attila n’osa plussemontrer. II épousa, peu de remsaprès , lldico fille du roi des Bac-triens, d'une beauté ravissante. IIse livra avec tant d’emportementaux plaisirs de la table & du lit ,le soir & la nuit de ses noces,que s’étant enfin endormi, il luiprit un saignement denezquil'é-touffa l’an 454. Ses généraux l'en-sévelirent dans un triple cercueild’or , d’argent & de fer, & mi-rent dans son tombeau les effetsles plus précieux enlevés par euxdans les palajs ded Souverains. Lacérémonie achevée , ils ôtèrent lavie à ceux qui avoient aidé à lemettre en terre, afin que le lieude fa sépulture fùt inconnu à lapostérité. C’est ainsi que se terminala carrière de ce conquérant, quià quelques qualités brillantes , aucourage , á la prudence, au génie,á la politique , joignit la féro-cité , l’artifice & la fourberie. IIavoir fait-accroire à ses soldats ,
.. qu’il avoir le coutelas de Mars„ un de leurs dieux , & que la,» conquête du monde entier éroit« attachée à cette épée. >, 11 avoir
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coutume de dire , qu "il étoit Ufléau de Dieu & le marteau de l’U-nivers : que les Etoiles tomùoient de-vant lui, St que la terre tremblait,II fut occupé pendant vingt ans del’ambition de subjuguer le monde,&il n'enleva la plus grande par-tie des richesses , des palais desrois , que pour le* distribuer à sessoldats. Après ses expéditions il sereposoir dans une cabane , où onlui servoit à manger dans des platsde bois. Quoique cruel à P égarddes vaincus qui lui rcsistoient, ilétoit bon avec les sujets, auxquelsil rendoit une justice aussi promptequ’exacte , & qu’il laissoit jouiren paix de leurs biens. Dèsqu’onse soumettoit à lui , il pardon-ne». S’il négligeoir le faste dansfa personne , il ne le dédaignoitpas dans fa cour : il traînoic à fafuite plusieurs rois captifs , qui leservoient , comme des esclaves.» Prodigieusement fier , & cepen-» dant rusé ; ardent dans fa colère,» mais íçachant ordonner ou diffé-» rer la punition, suivant qu’il con-» venoìt à ses intérêts ; ne faisant» jamais la guerre, quand la paix pou-» voit lui donner assez d’avantages ;» si «lestement servi des rois mêmes» qui étoient sous fa dépendance , il» avoir gardé pour lui seul l’ancieit-» ne simplicité des Huns. Du reste,
» on ne peut guéres louer fur la» bravoure le chef d’une nation ,où» les enfans entroient en fureur au>» récit des beaux faits - d’armes de» leurs peres, où les peres verfoient» des larmes parce qu’ils ne pou-» voient pas imiter leurs epfans. ” 'C’est ce que dit Montesquieu dans faGrandeur des Romains , en renvoyantpour la connoissance de ce prince& des mœurs de fa cour , aux His-toires de lornandes & de Prifcus,Attila etoit d'une taille au - des-sous de la médiocre. II avoir leteint noir, la tête grosse , les yeuxpetits , mais pleins de feu. Lafierté de son caractère étoit mar-quée