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Tome Ier.
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t>6 de la Raisin , & quelque têfflsaprès dans celle de Molière. Baronquitta le théâtre en 1696 par dé-goût ou par religion, avec une pen-sion de mille écus que le roi luifaisoit. U y remonta en 1710, âgéde 68 ans ; & il fut auffiapplaudi,malgré son grand âge, que dans fapremière jeunesse. A ces vers deCinna :

Soudain vous eussiez vu, par un effetcontraire ,

Leurs fronts pâlir d’horreur & rougirde colère.,..

on le vit, dans la même minute ,pâlir & rougir comme le vers l’indi-quoit. On l'appella, d’une commu-ne voix, le Rujcius de son siécle.11 disoit lui - même , dans ses en-thousiasmes d’amour - propre : Quetous Us cent ans on voyoit un CÉSAR ;mais qu’il en falloit deux mille pourproduire un Baron. Umjour son co-cher & son laquais furent battuspar ceux du marquis deBiran , aveclequel Baron vivoit dans cette fa-miliarité, que la plupart des jeunesseigneurs permettent aux comé-diens. M. le Marquis , lui dit-il, vosgens ont maltraité les miens \je vousen demande justice. 11. revint plusieurssois à la charge , sc servant tou-jours du même terme de vos gens &des miens. M. de Biran , choqué duparallèle, lui répondit : Aí»n pau-vre Baron, que veux-tu que je te di-se ? pourquoi as-tu des gens ì Onajoute qu’il pensa refuser la pen-sion que Louis XIV lui avoir don-née, parce que ^ordonnance por-toit : *< Payez au nommé Michel Boy-v<ron, dit Baron, &c. j» Cet aéfeur ,né avec tous les dons de la nature,les avoir perfectionnés par Part tfigure noble, voix sonore, gestenaturel, goût sûr Sc exquis. Racinesi versé dans l’art de la déclama-tion , voulant faire-jouer aux co-médiens son Andromaque, avoit ,«lans la distribution des rôles , ré-

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íérvc a Baron celui de Pyrrhus ,Après avoir montré f intelligencede plusieurs personnages aux ac-teurs qui dévoient les représenter,Il se tourna vers Baron : Pour vous ,Monsieur , je Mai point d'infirucliona vous donner ; votre cœur vous en diraplus que mes leçons rien pourroi'entfaire-cntendre....Rouffeau fit ces qua-tre vers pour son portrait :

Du vrai > du pathétique il a fixé leton.

De son art enchanteur l’illusion di-vine

Prêtoit un nouveau lustre aux beautésde Racine ;

Un voile aux défauts de Pradon.

Baron , prétendoit que la force& le jeu de la déclamation étoienttels, que des sons tendres & tristes,transportés fur des paroles gaies &même comiques, n’en arrachoientpas moins de larmes. On lui a vufaire plus d’une fois l’épreuve decet effet surprenant fur la chansonsi connue:

» Si le Roi m’avoit donné

» Paris fa grand’ville , ,&e.

Baron , ainsi que les grands pein-tres & les grands poètes, sentoitbien que les règles de l’art n’é-toient pas faites pour rendre le gé-nie esclave. Les règles , disoit cetacteur sublime , défendent d'éieverUs bras au-dessus de la tête ; mais fila passion les y porte , ils feront bien ;la passion en fiait plus que Us règles.11 mourut à Paris le za Décembre1719, âgé de 77 ans. On a im-primé, en 1760, 3 vol. in-ndePièces de Théâtre sous le nom dsce comédien ; mais on présume,peut-être injustement, qu’elles nesont pas toutes de lui. On attri-bua VAndrienne au P. de la Rue, dansle tems même qu’elle fut repré-sentée. C’est à quoi Baron fit al-lusion dans l’Avertissement qu’ilmit á la tête de cette piéce :“J’au-

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