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tion en 1778 est retouchée avecsoin. L’abbé de Besplas laissa enmourant de justes regrets à ses amis :bienfaisant autant par goût que parprincipes, unissant la vivacité 8c iadouceur , sachant plaire sans scan-dale, être décent fans pédanterie,8ctolérant fans indifférenceton voyoit
fur fa figure cette sérénité, cettegaîté douce , compagne d’un cœurhonnête 8c content de lui-même.
BESSARION , cardinal patriar-che titulaire de Constantinople ,naquit à Trébisonde, 8c fut d’abordreligieux de S. Basile. Son espritvisée pénétrant le fit-connoitre. De-venu archevêque de Nicée , il sou-haita , avec beaucoup d’ardeur , laréunion de s Eglise Grecque avecJa Latine, 8c engagea l’emper, JeanPaléo logue à travailler à la consom-mation de cet ouvrage. II passa enItalie, parut au concile de Ferraredepuis transféré á Florence , ha-rangua les Peres , & s’en fit-admi-rer autant par ses talens que par famodestie. Les Grecs schismatiquesconçurent une si grande aversionpour lui, qu’il fut obligé de resteren Italie, où Eugène ly l’honorade la pourpre en 1439. I, fi xa sonséjour a Rome, 8c dans tres-peude tems il prit les manières 8c lesmoeurs des Romains , 8c se renditla langue latine aussi familière quela grecque. Son mérite l’auroit pla-cé sur le siège pontifical, si Je car-dinal d/a/n, Breton, ne se fût op-posé à 1 élection de l’illustre Grec,comme injurieuse à l’Egtisc Latine.Le P. Thomaffin .rapporte d’aprèsun auteur contemporain , que Bes-sarion n’ayant point fait-raser sabarbe la veille du jour qu’il en .tra au conclave, le Doyen du sacrécollège se servit de cette raison p'l’exclure de la papauté. Quoi,dit.il , celle tarie de bouc sera Pape ? \lne l’c pas encore jait-tondre , & il ferai notre tète, nous qui l'avons fi courte ?
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Mais il est peu probable que le*cardinaux lui aient refusé leurs voixpour un pareil motif. ( Voye\ aussiI. Perotto.) Quoi qu’il en soit, lecardinal Beffarion fut employé dansdifférentes légations ; mais celle deFrance lui fut fatale. On dit que lelégat ayant écrit fur l’objet de fa lé-gation au duc de Bourgogne , avantque de faire fa visite á Louis XI,ce roi l'accueillit très-mal, 8c luidit, en lui mettant la main fur fagrande barbe :
Barbara greeca genus rainent quodhabere foltbant.
Ce qui dans l'occasion signifioit :
«Jamais Grec ne s’arrache ì fa rouille»» barbare."
Cet affront causa , dit-on , tant dechagrina ce cardinal, qu’il en mou-rut á son retour , en passant parRavenne, le 18 Novembre 1471,á 77 ans. Ce récit est de PierreMatthieu ; mais d’autres historienscroient que Beffarion avoit dépluau roi, par la demande qu’il luiavoit faite de la grâce du cardinalBalue, Nicolas Perot , mieux infor-mé , attribue fa mort à la négli-gence de son médecin. ( Voye\ lesMémoires de Niceron , tome 21 , p.150.) Beffarion aimoit les gens-de lettres 8c les protégeoit. Agyro-phile , Théodore de Ga\a , le Pogge ,Laurent Valla , Platine , &c. for-rnoient dans fa maison une espèced’académie. Sa bibliothèque éroicnombreuse 8c choisie. Le sénat deVenise , auquel il en fit présent,la conserve encore aujourd’huiavec soin. Ce cardinal a laissé plu-sieurs ouvrages qui tiennent unrang parmi ceux que produisit larenaissance des lettres. Les princi-paux font : I, Contra calumniatoremPlatonis Libri 1 v , dont l’éditionfans date, mais de 1470, in-fol.est rare. II y en a deux autres deVenise, i;oz 8c i;i6, in-fol. Cet-te Défense de Platon est contrç