CUL
faivi , comme prefque tous les autres peu-ples , l’efprit des loix romaines fur lapolice des grains. En 1689 , l’Angleterreouvrit les yeux fur fes véritables intérêts ,& pour fe faciliter la concurrence des paysles plus fertiles , le gouvernement accor-da une gratification à la fortie des grains,lorfqu’ils n’excedent pas les prix fixés parla loi, & défendit l'introduction des grainsétrangers, tant que leur prix courant fefoutient au-deffous de celui que les ftatutsont fixé. Gratifications de fortie que reçoi-vent le froment, le feigle , l’orge. Com-ment l’événement a juftifié cette fageméthode, ibld. 13c. a , b. Progrès qu’afaits l’agriculture chez les Anglois , terresdéfrichées. Sommes auxquelles font mon-tées les gratifications dans certaines années.Quel nombre d’hommes l’agriculture peutavoir occupés & nourris dans ces mêmesannées ; & cela , au défavantage d’unmême nombre d’hommes parmi les ache-teurs. Cependant le principe fur lequella police des grains eft établie en Angle-terre n’eft pas fans défaut dans fon exé-cution , ni applicable à tons les pays. Parce principe , l’état eft chargé en certainescirconftances d’une dépenle inutile quiporte fur tous les fujets indiftindement.ibld. 131. a, b. La gratification ne devoitdonc être que momentanée , & régléed’après les circonftances , fur le prix desgrains dans les pays qui en vendent en con-currence. Cette gratification ne tombe pastoujours aufîi immédiatement au profit deslaboureurs qu’il le fembleroit d’abord. Parun effet de la trop grande concurrenceextérieure , F Angleterre fournit aux étran-gers du pain à meilleur marché qu’aux fienspropres, ibld. 132. a , b. On répliqueraque par ce moyen F Angleterre découragel’agriculture dans les autres pays ; mais cerailbnnement eft plus fpécienx que folide,fi le prix commun des grains en Angle-terre eft allez haut , pour que les autrespeuples n’y aient recours., que lorfqu’ilséprouvent chez eux de grandes diminutionsde récoltes-; ce qui eft de fait à l’égard defa France. La fubfiftance de notre peuplecommence à devenir difficile lorfqueF Angleterre nous fournit du blé à fon prixcommun. Ilailbu de cette différence fur le
CUL 3:7
prix des deux royaumes, ibld. 133.4, b. Leprincipe employé par les Anglois pourrait'donc être très-avantageux à la Francemais la maniéré d’opérer doit être diffé-rente. Confidérations qui montrent d’un;côté la néceflité de maintenir à bas prixpami nous la denrée la plus nécelTaire àla fubfiftance , fit d’un autre coté , de nepoint l’abaiflèr tellement que le cultiva-teur foit découragé par fon gain. Com-ment la police générale de l’état peut con-duire à ce jufte milieu. Le premier moyeneft d’établir une communication libre an-dedans entre toutes les provinces, ibld.134. a , b. Parmi tous les maux dont laprohibition entre les fujets eft la fource ,l’un des plus confidérabîes eft le tort qu’ellefait à la balance générale du commerce.L’inégalité des faifons & des récoltes , neproduit pas aufîl fouvent l’inégalité desrevenus , que le fait celle de la baîancs.-Inconvéniens fit difficultés qui peuventempêcher la pratique du moyen qui vientd’être indiqué. 11 s’agit d’appliquer unremede convenable à ces ûaeonvenions ; fiecomme tous les membres d’un état fonten fociété, le remede doit être général!M. Duhamel Fa trouvé dans fon traité de-'la confervation des grains. Première opé-ration nécefiaire pour entretenir l’abon-dance , c’eft la multiplicité des magafins deblé particuliers : axiome connu de tout lemonde , la denrée eft à bas prix , îorfqu’ily a plus d’offreurs que de demandeurs. îbid.13Î. 4, b. & alors le recouvrement desrevenus publics & particuliers languit ; iffaut ouvrir fes porcs aux étrangers , pouraugmenter le nombre des demandeurs.Une mauvaife récolte furvient ; les étran-gers nous revendent cher cette même den-rée dont nous leur avons abandonne Jemonopole. Comment l’etabnfterr.ent tics*magafins leve ces inconvénient» , fit nousprocure les mêmes avantages. L’exécutiofi'd’une idée fi fimple ne peut rencontrer quetrois difficultés ; la contradiction des loix •le-préjugé contre la garde des blés, le dé-faut de confiance. ïbid. 136. a , b.
Obfervations par rapport aux loix: celfesqui genenc le commerce intérieur font in-*-compatibles avec la confervation de l’agd--culture. La loi qpi défend- de garder des»