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[Tome troisième. - Tome quatrième.]
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E V I

rôtis font appercevoir deux fortes de véri-tés ; des vérités réelles & des vérités pu-rement idéales. La certitude de nos con-noifiances naturelles ne confifte que dansl’évidence des vérités réelles. 38°. Ce fontles idées faélices & les idées abftraites gé-nérales qui font connoître l’évidence, &qui favorifent le pyrrhonifne. Mais tousceux qui feront aiTujettis dans la de ’uc-tion des vérités réelles , aux fenfations,telles qu’ils les ont reçues par l’ufage desfais , conviendront toujours de la certi-tude de ces vérités Ibid. 42.0. a , b. Il eftvrai cependant que relativement aux bor-nes de notre efprit , les idées fommairesfont néceflaires <St utiles ; mais elles nenous inftruifent point. 39 e . Nousnecon-noiflbns les rapports néceftaires encre nosfenfations & les objets réels de nos fen-fations , qu’autant que nous en fouîmesfuffifamment inftruits par la mémoire ; carfans le redou.venir du pake , nous nepouvons pas même juger cle l’abfence oude la préfence des objets qui nous fontindiqués par nos fenfations actuelles. Ain-fi nous ne reconnoiftons furement l’erreurou nous avons été jettes dans nos rêvesqu’à notre réveil, lorfque la mémoire eflrétablis dans fon exercice complet. L’ex-périence de nos rêves nous apprend quek fommeil fufpend l’exercice de la mé-moire ; que cet exercice s’exécute parle méchanifme du corps, ibid. 421.4, b..que l’ame ne peut fuppker aux idées dontelle eil privée par le non-exercice de lamémoire ; qu’elle n’a point d’idées innées ;qu’il lui eft inutile de penfer pendant lefommesl. 40°. Nous forames auffi a (Taré sde "exiftence de la durée , de la diver-sité des objets ds nos fenfations, que nousle fouîmes de la durée de notre être fen-fitif. Comment la fidélité de la mémoirenous efl prouvée avec certitude. Sans lamémoire , l’être fenfitif n’aurait que laJenfation , ou l’idée de l’inflant aduel ;il ne pourroit pas tirer de cette fenfationk conviction de fa propre, exiftence. ibid.4 2 -i. a , b. La certitude de la fidélité denotre mémoire fuppofe néceffàirement ladurée de l’exiftence des mêmes objets ,qui nous procurent en difFérens tems lesmêmes fenfations par l'exercice des fens.

E V I f 3

L’égoïfme , ou la rigueur de la certituderéduits à la connoiflânce de moi-même,ne feroit qu’une abflracÜon captieufe , quinepourrôit fe concilier avec la certitudemême que j’ai de mon exiftence. Quellesfont les raifons les plus fortes qu’on puif-fe alléguer en faveur de l’égoïfme. Ibid.

423. a , b. Ces raifons combattues & ré-futées. La même certitude que nous avonsde l’exiftence des objets de nos fenfations,s’étend jufqu’à la notion que nous avonsdes êtres fenfïtifs des autres hommes, ibid.

424. a , b. 41 0 . Un être fenfitif qui eft pri-vativement & exclufivement afFefié defenfations bornées à lui , & qui ne fontfenties que par lui, eft réellement dlftinâde tout autre être fenfitif. 42 0 . Les êtresfenfïtifs ont leurs fenfations à part , quine font qu’à eux , & qui font ren-fermées dans les bornes de la réalitéde chaque être fenfitif qui en eftaffecté, 43°. Démonftration de cettevérité ; qu’une portion de fnatiere com-pofée de parties réellement diftindes ,placées les unes hors des autres , ne peutpas former une ame , & que les êtres fen-fitifs individuels ne peuvent pas être desfubftances matérielles. 44 0 . Les objets cor-porels agiftent fur nos fens par le mouve-ment. 45 0 . Le mouvement n’eft pas unattribut effentiel de ces objets. 46°. Lemouvement eft une aftion dont les corpsfont les fujets paflifs. 47 0 . Le fujet paffif& la caufe qui agit fur lui font réelle-ment diftinds. 48°. Un corps en reposne fe remet point par lui-même en mou-vement. Ibid. 423.4, b. Un corps qui en-meut un autre , perd autant de mouve-ment qu’il lui encommunique.49 @ .Les corpsn’étant point la caufe de leur mouvement,font réellement diftinâs de cette caille.30°. Les objets qui occafionnent nos fen-fations par le mouvement , ne font doncpas la caufe primitive de nos fenfations.31 0 . Cette caufe de nos fenfations eft doncdiftin&e de notre être fenfitif & des ob-jets de nos fenfations. 52 0 . Nos fenfationsnous conduifent à la connoiftànce d’unepremière caufe , dont l’adion vivifie tousles corps vivans. On ne doit point cher-cher dans le corps ni dans l’ame humaine,la forme conftitutive de l’homme moral.